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Shaw, p. iy

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au goiiverneiuenl cjue c'est par erreur que le nommé Pankekoa fiador de votre vaisseau la fait inscrire sur les registres du hopou comme vaisseau Anglais de côte, que vous êtes Américain, (jue votre nation est reconnue comme nation indépendante, souveraine et aussi étrangère à la Grande-Bretagne que la nation Kranyaise, ou tout autre commerçante à la Chine. J'aurai soin, Messieurs, lors de l'arrivée de vos vaisseaux de les avei'tir de cet incident, et de leur fournir les moyens de se mettre à l'abri des inconvéniens qu'une non-distinction entre la nation Américaine et la nation Anglaise peut occasionner dans ce pays, où le défaut de connaissances géographiques et une séparation entière des autres nations du globe occasionnera toujours la même erreur, toutes les fois qu'une nation nouvelle entreprendra de former des liaisons de commerce avec les Chinois.

VlKILLARD.

Donné à Canton, en noire hôtel, le premier Décembre 178^.

A son retour à New-York, Shaw écrivit la relation de son voyage :

De New-York, le 19 May i'j85'.

Le premier vaisseau qui a été équippé par les habitans des Etats-Unis d'Amérique pour entreprendre un commerce avec ceux de l'Empire de la Chine étant parla faveur du Ciel heureusement rentré dans ce Port ; je me crois obligé de vous communiquer pour l'instruction du Congrès un détail de la réception qui a été faite à nos concitoyens et des égards avec lesquels leur Pavillon a été traité dans ce pays éloigné. Il s'est présenté plusieurs circonstances qui ont fixé l'attention des Ciunois sur un peuple dont ils n'avoient eu jusqu'alors que des idées très-confuses, et ces circonstances, en plaçant les Américains sous un point de viie peu éclatant ont contribué à leur faire rendre des égards <jue l'on n'a point ordinairement pour d'autres nations à leur arrivée dans ce vaste et ancien Empire.

Le vaisseau employé à ce voyage est du port d environ 36o. Tonneaux construit en Amérique monté par l\'6. hommes et commandé par le capitaine John Guei;n. Le soussigné avoit été

I. Archives des Affaires étrangères : Indes orientales, Chine, Cochinchine, vol. IV, (ji.

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norainc agent pour le coiniiicrce par les personnes aux risques desquelles la première expédition avoit été entreprise.

Le 23 février 17^^, le vaisseau appareilla de New-'^'ork et arriva le ai Mars à S' Jago, la principale des Isles du Cap N'erd. Après avoir rendu nos respects au Vice Roy Portugais et avoir pris avec sa permission les rafraicliissements dont nous avions besoin, nous ({uittames ces Isles le 3", et nous jtoursuivions notre route. Après une traversée heureuse dans laquelle il ne nous arriva rien d'extraordinaire, nous jettàmes l'ancre dans le détroit de Suiula le i.S juillet. Ce qui ajouta beaucoup à notre bonheur en cette occasion, ce fut d'y trouver deux vaisseaux appartenant k nos bons alliés les françois. Le commodore nommé M. Dordelin et ses officiers nous accueillirent de la manière la j)lus all'ectueuse, et comme son propre vaisseau alloit en droiture à Canton, il nous invita à marcher de conserve avec lui. Nous acceptâmes avec le plus grand empressement cette offre amicale, et le commodore nous' donna tous les signaux de jour et de nuit auxquels il joignit pour notre navigation dans les mers de Chine des instructions qui nous auroient été très utiles si (piel(|uc accident nous eût séparés. Heureusement nous poursuivimes notre route toujours de conserve. A notre arrivée u I Isie de Macao, M"" Vieillard ', consul de France en Chine, et plusieurs autres personnes de sa nation vinrent à notre bord pour nous féliciter d être venus dans <'ette partie du monde, et se chargèrent obligeamment d'introduire des Américains chez le gouverneur portugais. Ix» peu de teins que nous v restâmes fut emplové entièrement en bons odices ilc la part du (Consul, des personnes de sa nation et de>; Suédois et ImpfriaMx «pii restent toujours à .Macao. Les autres Luropéens étoicnt passés a Canton. Trois jours après, nous achevâmes notre voyage. Avant de jetter lancrc nou>% salii.'imes les liAtiments qui étoient dans la Hivière de i.^ coups de canon <|ui nous furent n>ndiis par les dilién-nls commandants des nations Luropérnnes, chacun desquels envoya un officier pour nous complimenter sur noire arrivée. Ces visites furent rendues dans l'après midi par le capitaine et le subrécargue i|ui fui'ent salm-s de nouveau par les vaisHcaux respectifs après qu ils «'ureiit aclu-vi- leur visite. Les fran<;ois, après avoir envové des officier** pour nous coiitpliinen-

I. I'liili|ipr \ icillartl, > iie-ron»iil, |;^riiil le i-ontulnt drpui* la murl du premier ron*ul franrm» k (lanlon, (i Nnii(|iiclin (f J.t •«pi. I^Hj).

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tel', ajoulcrent aux obligations que nous leur avions déjà en nous fournissant des hommes, des chaloupes et des ancres pour nous aider à nous amarrer sûrement et convenablement : ils ne bornèrent pas là leurs bons ollices ; ils nous fournirent tout ce qui nous étoit nécessaire, et nous forcèrent jusqu'à ce que nous fussions établis à prendre nos quartiers avec eux à Canton.

Le 3o. Août jour de notre arrivée à Canton et les deux jours suivants nous reçûmes la visite des marchands chinois et celle des principaux négociants des établissements européens. Les Chinois nous traitèrent avec beaucoup d ati'abilité, nous désignèrent sous la dénomination de nouveau peuple, et lorsque nous leur eûmes montré la carte pour leur donner une idée de l'étendue de notre pays, ainsi que de sa population actuelle et des accroissements dont il étoit susceptible, ils conçurent les espérances les plus flatteuses de trouver chez nous un débit considérable de leurs productions.

On connaît trop bien la considération dont jouissent les Européens à Canton pour entrer dans des détails qui seroient inutiles. La bonne intelligence qui subsiste entre eux et les Chinois, a été en quelque sorte interrompue par deux événements extraordinaires dont vous me permettrez de rendre compte.

La police à Canton est en tout tcms strictement observée, et les Européens qui y résident, sont circonscrits dans des limites très-étroites. Quelques circonstances avoient donné lieu aux Européens de présumer qu'on vouloit empiéter sur leurs droits; ils résolurent en conséquence de s'adresser à \'lioppo\ qui est le principal oflicier des droits, la première fois qu il visiteroit les bâtiments pour lui demander justice. On nomma en conséquence des députés de chaque nation et on me pria de représenter la nôtre. Nous allâmes trouver le hoppo qui s'étoit transporté à bord d un bâtiment anglois, et il donna sur le champ la satisfaction que 1 on exigeoit.

I. « Le mandarin, cliar^jé de l'intermédiaire avec les étrangers, était désig-né par eux sous le nom de hoppo ou de hotipou ; c'était prendre le Pirée pour un homme, ou, tout au moins, le nom d'un ministère pour celui d'un de ses agents. Le hou-pou, en Chine, est un des six ministères, celui des finances, qui est chargé du recouvrement des impôts, du cadastre, etc., et l'on donnait par suite à l'agent du fisc à Canton, le nom même du département ministériel qui était chargé des droits de douane ». (II. Cordier, Les Orujines de tleu.r Etablissements français, Paris, 1896, in-8, p. v). Ce directeur des douanes était en réalité le Viie Haï Konan Pou.

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L'autre événement dont je vous prie de trouver bon que je vous rende compte, donna lieu à ce qu'on appelle généralement la ijuerre de Canton dont les suites auroient pu devenir très-sérieuses. I.e aô. novembre, un vaisseau anglois ' voulant saluer quelques personnes qui avoient dîné à bord, tira un coup de canon qui tua un Chinois et en blessa deux autres qui étoient dans la chaloupe des Mandarins à portée du bâtiment. Suivant la loy chinoise le sang doit être versé pour le sang, et en conséquence les Chinois demandi-rent qu'on leur livrât le malheureux canonier. Kn leur abandonnant ce pauvre homme, c'étoit le dévoiler à une mort certaine. L'humanité combattit fortement cette mesure. Après nombre de conférences avec les Anglois et les Chinois, ceux-ci se déclarèrent satisfaits et Ion regarda l'affaire comme entièrement arrangée; néanmoins le lendemain de la conférence (le 27) les Chinois se saisirent du subrécargue du vaisseau, tandis qu'il vaquoit à ses ali'aires, le jettèrent dans une chaise, l'emportèrent dans la ville et l'enfermèrent dans une prison. Un tel outrage fait à la liberté personnelle répandit une allarme générale et les Européens convinrent d'une voix unanime d'envoyer leurs chaloupes avec des honimes armés tirés des vaisseaux pour leur propre sûreté et celle de leurs marchandises jusqu'à ce quel'afraire fut arrangée. Les chaloMppes s'avancèrent et la noire étoit du nombre, on tira sur lune d elles et il y eut un lioniine blessé. Tout le commerce fut arrêté et les vaisseaux de guerre chinois furent rangés vis-à-vis les factoreries. Les l'.uropéens diMnandèrent ipi on leur remit M'' Smith, ce (jue les (Miinois refiisèrenl juscpi'à ce que le canonier Inir fut livi'-. Pendant ce tems-là les troupes de la l'rovint'c furent rassemblées «lans les eiivirnns de Canton ; les empl(»y<'s ehinois reeurent ordre des .Magi-^lrats de (piitter les factoreries; les portes des fauxbourgs fuient lermt'-es ; toute correspondance fut interrompue ; les birces navales furent augujentées, on fit embarquer des troupes sur «les chaloupes toutes prêtes à mettre pied à terre, et tout annon^oit une guerre prête à éclater. Personne ne peut dire à quelle exlremilé le» choses auroient éli- portées si 1 on n eut point entamé une nég«>cialion. Les (Chinois demandèrent à avoir une conférence avec toutes les nations dont ils exclurent len .Vnglois. l'ne dépulalion

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