‹ Mélanges américainsChapitre 9 sur 86 · I. Ladr lluijhei · texte numérisé non relu

I. Ladr lluijhei

46 MÉLANGES AMÉHICAINS

dans laquelle je fus compris pour l'Amérique, se rendit chez le Fuen qui est le priiu ipal magistrat de Canton avec les principaux officiers de la Province. Un interprète, après avoir fait connoître le pouvoir de l'Kmpereur, et la résolution où il étoit de maintenir les loix, demanda que le canonier fut remis dans trois jours, en déclarant qu'il suliiroit un examen impartial devant le Tribunal du Pays, et que s'il étoit prouvé que la mort du Chinois fut l'effet d'un accident, il seroit relâché sans qu'il lui fut fait aucun mal. En même tems. il fut permis de faire le Commerce comme à l'ordinaire, excepté aux Anglois et on nous renvoya avec un présent de deux pièces de soye que l'on lit à chacun de nous comme une marque des dispositions amicales de THnip"". Les autres nations, 1 une après l'autre envoyèrent leur chaloupe sous la protection d'un pavillon ciiinois et continuèrent à suivre leurs affaires comme auparavant. Les Anglois furent contraints de céder, le canonier fut rerais entre les mains des Chinois, M'' Smith fut relâché et les Anglois obtinrent la permission de continuer leur commerce, après avoir été forcés d'implorer le pardon du Magistrat de Canton en présence des autres nations. A cette occasion nous fumes heureusement les derniers qui firent partir leur chaloupe et cela sous un Pavillon chinois et nous ne la mimes pas en mer que les Anglois eux-mêmes ne nous eussent remercié de leur avoir donné notre assistance et conseillé de l'envoyer. Après que la paix fut rétablie, le chef et quatre autres Anglois rendirent visite aux différentes nations dans le nombre desquelles nous fumes compris et les remercièrent des services qu'elles leur avoient rendus pendant les troubles. Le canonier resta avec les Chinois ; il n y eut rien de déterminé sur son sort.

Quoique nous n eussions qu à nous loiier de 1 honnêteté et des égards avec lesquels nous fumes généralement traités, ce fut cependant une satisfaction particulière pour nous de recevoir dans toule occasion delà part de nos bons alliés les françois les preuves les plus flatteuses et les plus convaincantes de leur amitié. Nous nous estimons heureux, nous dirent-ils, si nous avons pu vous rendre quelque service, et nous ne désirons rien plus ardemment que de trouver par la suite des occasions de vous convaincre de notre affection.

Nous quittâmes Canton le 27. Décembre, et à notre retour nous pi'îmes des rafraichissements au Cap de Bonne Espérance

Page 1