I. drwjraphiral Journal, (i«^c. igi
a. Henry Vignaud. I.ei EjpéiHùotis ilet Seandinauti en Xmfriijuf Jex'ont la erili'jue. I'iiri%, Kjl 1.
3(li MftLANr.p:S AMÉRICAINS
expéditions anciennes des Scandinaves sont celles à^Eric le Rouge, colonisateur du Gronland, dont le fils, Leif, découvrit la terre appelée le Vineland, et celle de Thorfine K-arlsefni, qui, étant entré dans la lamllle de Leif, continua ses découvertes. Voici un petit fait signalé au Congrès de Londres qui me paraît avoir une grande importance : il apporte une preuve nouvelle des relations des Scandinaves avec le nord de l'Amérique.
Quand Thorfine Karlsefni revint d'Amérique (Markland, Terrcneuve) en ioo5, il ramena avec lui au Gronland deux enfants indigènes ([u'il avait embarqués avant de quitter le pavs septentrional des Skraeling (Eskimo). Quatre mots de cette langue sont conservés dans la saga d'Eric le Rouge. Les habitants du Gronland, naturellement, ne comprenaient pas ces mots, mais ils les considéraient comme les noms des parents des enfants ou de leurs chefs ou « lois ». D'après M. William Thalbitzer, de Copenhague, ces mots se trouvent être en pur eskimo quand ils sont prononcés suivant la phonétique de la langue eskimo. Voelilldi dans la saga est l'eskimo invalide, qui veut dire « attendez un peu, s'il vous plaît ! » ; Lh'oegi est probablement l'eskimo uivakje (ou uwàtje^, « attendez un peu », « juste un moment ! » ; Awalldamon est l'eskimo awatlermun, « vers la partie la plus extérieure de la terre ou des îles rocheuses encerclant la côte » ; Avalldidida est probablement l'eskimo awallititaai, « voulez-vous dire les plus extérieures, pourquoi ? » Il est bien connu que la saga d'Éric contient ces noms étrangers, avec d'autres noms islandais d'apparence plus familière, mais jusqu'à présent aucune interprétation ne leur avait été donnée. On dit que les Eskimos avaient jadis habité la côte du Labrador jusqu'à Terre-Neuve. L'interprétation de ces mots du Markland (c'est-à-dire « terre boisée ») des Islandais montre, si ils appartiennent bien à la langue des Eskimos, que ces derniers ont probablement peuplé quelques parties de Terre Neuve au xi* siècle. En conséquence ces mots sont les premiers que l'on possède d'une langue aborigène d'Amérique. Leur conservation