DICTIONNAIRE ALPHABÉTIQUE
(Juillet 1821.)
En rendant compte de la première livraison du dictionnaire chinois de M. Morrison j nous avons fait connaître le plan que l'auteur s'est tracé, et Tordre dans lequel il se proposait de livrer au public les diverses parties de son travail. Conformément à ce plan , M. Morrison a d'abord publié trois livraisons contenant les trentedeux premiers des deux cent quatorze radicaux, ou environ le septième de la première partie. Cette publication a exigé quatre années, d'où on avait conclu qu'en supposant que toutes les chances seraient favorables , et que M. Morrison se livrerait sans interruption aux soins qu'exigent la rédaction et l'impression d'un pareil ouvrage, il lui faudrait plus de trente ans pour le compléter \
Cette considération semble être entrée pour quelque chose dans la résolution que M. Morrison a prise en
1 Macao , 1819 et i8ao , xx-1090 et 488 pag. grand in-4°. a Allgcm. Litter. zeitung. 1818, n° 29, pag. aa8. — Asiat. Journal Jurte 1818, pag. 57a.
avril 1818, et qu'il vient d'exécuter, d'intervertir l'ordre des publications, et de donner le dictionnaire alphabétique en entier, avant d'achever celui qu'il avait commencé. Il a jugé qu'il était possible de terminer en un an l'impression d'un volume de mille pages; et le désir de mettre à la disposition des souscripteurs une partie complète de son ouvrage , l'ayant décidé à interrompre l'impression de la première, il s'est livré à ce nouveau travail avec tant d'ardeur , qu'il a pu , dès l'année dernière , mettre au jour les deux volumes que nous annonçons, et qui forment ensemble plus de quinze cents pages grand in-4°.
Pour apprécier toute l'utilité de cet immense travail, il faut se rappeler que la nature particulière de la langue chinoise , rend , pour ainsi dire , indispensable l'usage d'un double dictionnaire. Il faut qu'on puisse trouver à volonté la prononciation et la signification qui sont attachées à un signe inconnu qu'on rencontre dans un livre, et pour cet objet les caractères doivent être disposés dans l'ordre des radicaux qu'ils renferment II faut aussi qu'on puisse retrouver, quand cela est nécessaire, le signe écrit qui correspond à tel mot chinois qu'on se rappelle, et c'est à quoi servent les dictionnaires où les caractères sont classés suivant les prononciations. On sent que cette dernière sorte de dictionnaire doit être surtout utile aux Chinois qui savent parler leur langue , et qui ont plus souvent besoin de chercher les signes des mots, que les mots qui sont l'expression des signes. Les mêmes dictionnaires sont accommodés aux besoins des missionnaires
et des autres Européens qui ont commencé, dans le pays
même, à se familiariser avec la langue parlée. Mais une chose qu'on croirait difficilement, si l'expérience ne la mettait hors de d ou te, c'est que ces mêmes dictionnaires alphabétiques sont plus commodes à consulter, même en Europe. Cela tient à des causes qu'il serait trop long d'indiquer ici. Il suffira de dire que la prononciation est fréquemment indiquée dans les caractères; que beaucoup de ceux qui ont la même prononciation se prennent à chaque instant l'un pour l'autre , malgré la différence d'orthographe ; qu'il y a par conséquent de l'avantage à les trouver réunis, et qu'enfin l'habitude l'emportant souvent chez nous, nous retenons plus facilement les mots que les signes , de sorte qu'il n'est pas de personne livrée à l'étude du chinois, qui ne sache la prononciation d'un grand nombre de caractères dont elle ignore, ou dont elle a oublié la signification.
Ces motifs étaient plus que sufEsans pour engager M. Morrison à hâter la publication du dictionnaire alphabétique qu'il avait promis ; mais pour être en état de l'achever dans un terme aussi court, il a dû adopter un système de rédaction plus concis que celui qu'il a suivi dans son dictionnaire analytique \ Effectivement , au lieu de prendre pour guides les rédacteurs du dictionnaire de Khang-hi, dans les nombreux emprunts qu'ils tirent des auteurs classiques, et de rassembler, comme il l'a fait à leur imitation, dans ses premières livraisons, de longs passages de prose et de vers pour indiquer le sens d'une expression , il se borne à réunir les diffé-
1 II n'est ici question que des premières livraisons de cette partie Voyez ci-dessus, pag. i<p.
rentes formes usuelles dont chaque caractère est susceptible , et les différentes acceptions qu'il peut prendre, soit quard on l'emploie isolément, soit quand on le fait entrer dans les expressions composées ; c'est-à-dire qu'il donne ce que les auteurs qui ont traité de l'écriture chinoise appellent variantes 1 , et les termes polysyllabiques formés par le rapprochement de deux ou trois caractères sans la connaissance desquels il serait absolument impossible d'entendre le moindre ouvrage chinois.
M. Morrison annonce qu'il a pris pour base de son travail un dictionnaire chinois intitulé Ou-tchhe-yun- J6u> dont un écrivain nommé Tchhin avait passé toute sa vie à rassembler les matériaux. Tchhin en mourant laissa son manuscrit à un de ses élèves nommé Han-yi-hou, lequel voyagea dans tout l'empire pour le perfectionner et y faire les additions nécessaires. Un autre disciple de Tchhin , nommé Phan-ying>-pin , fit connaître le travail de son maître à l'empereur Khang-hi, dans le tems où ce prince était occupé du projet de son Tseu-tian y ou Dictionnaire classique. On fit chercher le Ou-tchhe-jrun- Jbu 7 et il fut mis au nombre des ouvrages qui devaient servir de base au Dictionnaire impérial. De là vient que dans celui-ci beaucoup d'articles sont une transcription verbale des articles correspondans du dictionnaire de Tchhin. Ce dernier ouvrage fut publié peu après par les soins de Phan-ying-pin , qui y mit une préface où il enseigne que le nombre des caractères chinois, en y
1 Voyez ce que j'ai dit des variantes dans Y Examen critique , à 1 a tête du Supplément de M. Klaproth , pag. 3, et dans mes Él/fmens de la Grammaire chinoise, pag. 7 et i8-a4*
comprenant les synonymes et les différentes fofmes de chaque caractère, s'élève à cinquante mille. On sait que cette fixation est tout-a-fait arbitraire, et peut varier suivant la manière d'envisager les choses. Quoi qu'il en soit , si le dictionnaire de Tchhin contenait cinquante mille caractères, M. Morrison l'a considérablement abrégé, car ii n'en a numéroté que douze mille six cent vingtdeux ; et les variantes 1 à joindre à ce nombre l'augmenteraient à peine d'un tiers. Il a, du reste, très-bien fait dans l'objet qu'il s'était proposé; car, dans un dictionnaire usuel, cette multitude de caractères est moins avantageuse qu'embarrassante, et ce n'est pas, comme on sait, le grand nombre des termes expliqués, mais l'exactitude des explications et le bon choix des mots qu'on recueille, qui constituent le mérite d'un dictionnaire.
Une condition indispensable pour pouvoir faire usage d'un vocabulaire chinois alphabétique, c'est d'avoir une table des caractères qui y sont expliqués, arrangée suivant l'ordre des clefs ou radicaux ; car c'est toujours a cet ordre qu'il faut revenir, quand on ignore , et le sens, et la prononciation d'un caractère. On l'y trouve à la place qui lui est assignée par le radical dont il dépend ; et l'on est toujours en état, par le moyen de cet index, de recourir du signe à la langue parlée, comme on peut, en consultant le corps même du dictionnaire alphabétique , remonter du mot à l'écriture : double opération qui est souvent nécessaire et qui facilite beaucoup l'intelligence
1 Voyez, sur le sens où ce mot est pris en cet endroit, l'explication rapportée ci-dessus , pag. 198.
Dispnzed
des livres. L'index dont il est ici question , forme un complément très-utile *u dictionnaire. Il est seulement à regretter que, pour le composer, M. Morrison ne se soit pas borné à distribuer et à classer analytiquementles caractères -mêmes qu'il avait précédemment arrangés selon l'ordre alphabétique. Il a fait son index indépendamment du dictionnaire , d'où il est arrivé que plusieurs milliers de termes de ce dernier ne se trouvent pas dans l'index, et réciproquement. C'est là un défaut trèsgrave dans un travail destiné à faciliter des recherches tout-à-fa il indispensables.
M. Morrison a mis à la suite de cet index trois autres tables qui achèvent de remplir le deuxième volume; la première est prise du dictionnaire de Khang-hi, dont il paraît qu'on a seulement donné les feuilles à un graveur chinois , pour les reproduire par une planche nouvelle. Elle contient, dans une cinquantaine de pages, ce que les Chinois appellent Kian-tseu , c'est-à-dire les caractères dont le radical est difficile à reconnaître, arrangés dans un ordre purement technique , où la recherche n'exige qu'une connaissance très-légère des premiers élémens de l'écriture.
La seconde table est un index des mots anglais destiné, selon l'auteur, à soulager la mémoire et à fournir des expressions à une personne qui a déjà quelque connaissance de la langue et qui veut composer en chinois. On ne doit pas s'attendre, dit M. Morrison, que cet index puisse mettre une personne qui ne saurait pas la langue en état de choisir des termes pour exprimer ses pensées en chi-
nois. Non-seulement la table anglaise ne pourrait servir à cet objet, mais quoiqu'elle contienne près de six mille articles, comme les mots chinois ne sont indiques que par des renvois en chiffres arabes à la page du dictionnaire où ils se trouvent , l'usage n'en semble pas fort commode. Heureusement Fauteur ne croit pas , en rédigeant cet index, avoir rempli rengagement qu'il a pris au commencement, et qui se trouve rappelé sur le fron* tispice même des deux volumes que nous annonçons. D'après son plan , le dictionnaire complet doit avoir une troisième partie anglaise et chinoise; mais il entend sans doute par ces expressions une réunion plus ou moins complète de locutions et de phrases ou d'exemples, et non pas une simple liste de mots comme celle-ci. Il serait à désirer qu'il pût avoir pour modèle, dans cette partie de son travail, quelques-uns des dictionnaires latins-chinois, comme nos missionnaires en avaient composé plusieurs , et notamment comme le dictionnaire latin-mandchou-chinois , en trois volumes in-folio , et que possède la Bibliothèque du Roi.
Enfin la dernière table qui termine le deuxième volume, est intitulée : Table synoptique des formes variées des cametères chinois. L'auteur y a réuni , en trois cents pages imprimées à la manière chinoise, c'està-dire en planches stéréotypes , les formes communes , cursives et antiques des principaux caractères expliqués dans son dictionnaire. Cette table ne sera pas inutile à ceux qui voudront s'occuper de la paléographie chinoise, sans avoir à leur disposition les ouvrages originaux, comme le Choae-wen ou le Tchhouan-tseuwei; mais
comme c'est l'arrangement même du dictionnaire, c'està-dire l'ordre alphabétique qui y a été suivi , elle n'offrirait qu'un secours insuffisant a ceux qui voudraient s'en aider pour déchiffrer d'anciennes inscriptions ou des préfaces écrites en caractères cursifs.
J'ai laissé de côté, pour en parler séparément, un catalogue des noms chinois des étoiles et des constellations , qui a été composé par M. Reeves, à la prière de M. Morrison, et que celui-ci a inséré à la fin de son premier 4 volume. M. Reeves est ton membre de la Société Royale de Londres, qui réside à Canton, qui s'y est occupé de travaux d'histoire naturelle, et auquel M. Morrison doit la communication de la plupart des noms des plantes et d'autres productions naturelles, qu'il a fait connaître dans son dictionnaire. Rien sans doute ne serait plus profitable aux sciences que des recherches de ce genre, entreprises sur les lieux mêmes, par une personne qui ne serait pas étrangère à la connaisance de la langue et à la lecture des livres. Relativement à l'histoire naturelle de la Chine, le moindre avantage qui puisse en résulter, serait d'avoir les moyens d'établir à volonté une synonymie exacte entre les dénominations usuelles des végétaux et des animaux, et celles qu'on rencontre dans les livres, et de tirer parti des renseignemens sur les sciences et l'économie rurale et domestique, qu'on peut extraire des traités généraux ou particuliers et des relations originales. Il y a d'autant plus à faire en ce genre , que nos missionnaires , peu versés en général dans les diverses branches des connaissances naturelles, se sont bornés, dans leurs vocabulaires, h remplacer les dénominations chi-
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noises par des appellations communes, telles que nom d'un arbre, nom d'une plante, d'un poisson ou d'un quadrupède, ou, tout au plus, ont joint quelques traits vagues et insignifians pris des descriptions chinoises. Ou doit donc désirer que M. Reeves puisse bientôt faire jouir le public du fruit de ses travaux et du résultat de ses observations.
Dans le morceau que nous avons sous les yeux» l'auteur s'est efforce' de mettre en rapport les noms des étoiles dans les constellations chinoises et dans celles des Européens. «Cette opération, dit Fauteur lui-même, a été » fastidieuse, et le résultat n'en est pas entièrement sa- » tisfaisant. Toutefois , il y aura assez pour contenter la » curiosité de quelques-uns, et prévenir le travail de « quelques autres qui seraient disposés a faire une sem- » blable tentative. » Pour la base de son travail , il a pris un ouvrage composé en chinois par les missionnaires sous le titre de Liu-li youan-youan , en cent volumes, et où sont renfermés des traités sur la musique, les principes de la géométrie, le calcul des éclipses, les tables du mouvement du soleil et de la lune, et des nombres premiers , des logarithmes des nombres et de ceux des tangentes, etc. Dans le 3 i e volume de cet ouvrage, on donne une liste de quatre-vingt-douze étoiles, depuis . la première jusqu'à la troisième grandeur, avec leur ascension droite et leur déclinaison ; et une autre liste de deux cent dix-sept étoiles, depuis la troisième jusqu'à la cinquième grandeur, avec quelques nébuleuses. Outre ces deux listes, l'auteur avait encore un double planisphère dû P. Verbiest, de quatre pieds de diamètre, avec une
division circulaire et une échelle graduée pour marquer la distance équatoriale; il a pu comparer la position des étoiles de ces deux planisphères avec celle d'un globe de Bardin de dix-huit pouces, et la vérifier sur l'atlas de Bode. Par ce moyen, M. Reeves a procuré une plus grande certitude aux synonymies des constellations chinoises; mais il n'a pas, comme il paraît disposé à le croire, fait une chose entièrement nouvelle et qui n'ait jamais été tentée ; et la comparaison des deux systèmes uranographiques , telle qu'elle résulte du planisphère du P. Verbiest, n'a pas, ainsi qu'il l'imagine, été inconnue jusqu'ici en Europe. Le P. Noël avait donné la correspondance des constellations chinoises avec les nôtres Le P. Grimaldi, dans un ouvrage chinois dont plusieurs exemplaires sont venus en Occident , avait fait connaître le planisphère chinois gradué et partagé en six feuilles % d'après le planisphère du P. Pardics; et M. Deguignes (ils , avait, avec l'aide de son père, donné une (orme nouvelle au Catalogue du P. Noël , et fait graver deux planisphères qui ont été insérés dans le tome 6 e des Mémoires des savans étrangers j publiés par l'Académie des Sciences. Ces dîfTérens travaux portaient tous sur une même base , la comparaison que les PP. Verbiest et Grimaldi, successivement chargés de la direction des opérations astronomiques à la Chine, avaient faite avec
■ Dans ses Observations mathematicœ in Indiâ et Chirul factœ. Prague, 1710 , in-4°«
* Fang-sing thou kiài ', ou Explication du Planisphère, par Minming~'o (le P. Grimaldi, successeur du P. Verbiest dans la charge de président du tribunal des mathématiques), imprimée en 171 1.
le plus grand soin , pour appliquer les dénominations chinoises aux étoiles décrites par les PP. Riccioli et Pardies. On voit qu'il ne régnait pas dans cette matière autant d'incertitude que l'a supposé M. Reeves , et que , dans cette circonstance encore , les savans du continent ont eu sur l'écrivain anglais, du moins l'avantage de la priorité.
Cet avantage est presque le seul que leur laisse M. Morrison , car il a mis tant de zèle , tant d'activité dans la composition de ses dictionnaires , qu'il a égalé , sinon surpassé la plupart de ses devanciers. En achevant ce qu'il a commencé , il pourra se flatter d'avoir élevé à la littérature chinoise un monument qui eût pu manquer encore long-tems à cette littérature f . Un heureux concours de circonstances Ta favorisé : placé , par son séjour au milieu des Chinois, à la portée de tous les secours dont il peut avoir besoin ; pouvant à volonté se procurer des livres à consulter, des dictionnaires à extraire, réunir des interprètes , des copistes , des graveurs ; disposant de fonds considérables que la Compagnie des Indes a fournis généreusement, tous les genres de facilités se sont trouvés entre ses mains , et il en a dignement fait usage. Un seul obstacle l'a arrêté quelque tems pour cette dernière livraison. La politique chinoise a pris ombrage en voyant, à la solde des Anglais, des écrivains, des graveurs chinois , et elle s'est momentanément opposée à ce qu'ils continuassent leur ouvrage : « Apprenez » notre langue si vous pouvez, ont dit aux Anglais les
1 Voyez les observations qui terminent le paragraphe précédent, ci-dessus, pag. 194.
» magistrats de Canton; maïs nous ne vous fournirons » pas de secours , et nos ouvriers ne graveront pas de » caractères pour vous. » Le seul inconvénient qui soit résulté de cette mesure, c'est que les gros caractères, employés dans le Dictionnaire alphabétique, ont moins d'élégance que ceux dont on a fait usage dans les trois premiers cahiers du Dictionnaire analytique ; l'exactitude et la correction n'y ont rien perdu; et , tels qu'ils sont, on peut assurer que rien de si beau n'a encore été exécuté en Europe. On a fait en ce genre tout ce que permet une munificence éclairée et inépuisable. Les mêmes séries de caractères , montant à quinze ou vingt mille signes , ont été gravés quatre ou cinq fois pour reparaître dans un ordre différent, suivant les besoins. On n'a été réduit à employer, ni le procédé pénible et toujours lent du clîchage, ni les ressources encore imparfaites de la lithographie. On a gravé en métal tous les types qui étaient nécessaires, et peut-être plus qu'il n'en était besoin. Ou ne sera pas étonné de cette utile profusion quand on saura que la gravure ne coûte presque rien à la Chine, et que d'ailleurs les directeurs de la Compagnie ont pourvu à l'impression d'un dictionnaire chinois, en y affectant la somme de 1 2,000 liv. st. (environ 3oo,ooofr.) Ces honorables patrons savent apparemment qu'il n'y a pas de dépense dont on tire plus de profit que de celles que l'on consacre à la littérature ; et qu'ouvrir à leurs concitoyens une nouvelle source de lumières , c'est leur procurer en même tems de nouveaux élémensde richesse et de prospérité.