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LORS QU'EN 18 il je fis paraître mon Essai sur la languè chinoise, où je donnais quelques morceaux extraits d'ouvrages chinois encore inédits, et où j'annonçais des traductions littorales délivres de Confucius, dont on n'avait encore que des versions paraphrastiques , je crus devoir avertir les lecteurs que les travaux dont je leur offrais le résultat m'avaient coûté beaucoup de peine et de tems, parce que j'avais été privé de l'usage des dic-
1 Le morceau qu'on va lire, et où j'expose le plan que j'aurais voulu suivre dans la composition d'un trésor de la langue chinoise , a c'tc' imprimé en 1814, et formait un petit volume in-8°. Mais avant qu'il pût être distribué, un accident fâcheux survenu à l'imprimeur, causa Ift destruction de la plus grande partie de l'édition , et à peine une douzaine d'exemplaires restèrent entre mes mains. Les détails bibliographiques que j'y avais réunis , et quelques vues que j'y avais exposées , ayant fait rechercher cet opuscule par les amateurs de la littérature chinoise, je me suis décidé à le faire entrer dans^celte collection, sans y apporter d'autre changement que la réforme de quelques articles relatifs à des ouvrages dont je n'avais pas eu connaissance d'abord , et que j'ai pu me procurer depuis.
tionnaires interprétés en langues européennes , que les missionnaires ont composés en assez grand nombre, mais t!ont aucun, jusqu'alors, n'avait été à ma disposition. J'exposai comment, à l'aide de ceux des ouvrages chinois dont nous possédons des versions ou des paraphrases, j'élais parvenu , en comparant ces dernières avec les originaux , a en extraire un nombre de mots expliqués assez grand pour entendre passablement bien les définitions des dictionnaires entièrement chinois, et d'autres livres non traduits. Mon intention , en entrant dans ce détail, n'était pas de. relever le mérite de mes travaux par l'énumération des obstacles que j'avais eus à surmonter dans l'étude de cette langue difficile , mais de me prémunir contre une critique sévère, et de faire excuser quelques-unes des fautes qui auraient pu m' échapper, en présentant le tableau des moyens insuffisans que j'avais eus à ma disposition. C'est peut-être a cette précaution que je fus redevable de l'indulgence que témoignèrent pour le résultat de mes efforts d'habiles philologues, bien en état d'y apercevoir et d'y relever des erreurs.
A ce dénuement, qui retarda considérablement mes progrès, et dont je ne pus m'empêcher de me plaindre avec amertume, a succédé une abondance que j'aurais à peine osé espérer, et je la dois en grande partie à l'un des savans qui cultivent la littérature chinoise avec le plus de succès. Bien différent de ces hommes que la conscience de leur faiblesse rend attentifs à fermer l'entrée d'une carrière qu'ils voudraient se réserver, à tous ceux qui pourraient la parcourir plus dignement qu'eux, M. Klaproth a bien voulu mettre, à me procurer les secours dont
j'avais besoin, tout le zèle et les soins qu 1 on avait lieu d'attendre d'un savant comme lui, supérieur à tout sentiment de rivalité. Grâce à ses dispositions obligeantes , j'ai été prévenu à tems de la mise en vente de deux dictionnaires manuscrits précieux, et j'ai pu en faire l'acquisition. Plusieurs autres se sont joints à ceux-là, et c'est sur celle petite collection que je vais donner quelques détails bibliographiques, en y joignant des réflexions propres k faire apprécier ce que les Européens ont entrepris jusqu'à ce jour dans la vue de répandre l'étude du chinois, et à déterminer ce qui leur reste à exécuter pour y parvenir.
§ I er .