‹ Mélanges asiatiques;Chapitre 8 sur 31 · NOTICE DE QUELQUES DICTIONNAIRES CHINOIS MANUSCRITS · texte numérisé non relu

NOTICE DE QUELQUES DICTIONNAIRES CHINOIS MANUSCRITS

Le Han tseu si yi, du P. Basile % ou Sinicorum charactcnim JEuropœa Expositio, doit avoir ici le • premier rang. M. Langlès a donné dans le Magasin Encyclopédique 3 une notice de la copie de cet ouvrage que possède la Bibliothèque du Roi. Mais cette notice est purement bibliographique, et M. Langlès s'est particulièrement attaché à la description matérielle du manuscrit, en se contentant de rapporter les titres latins des diflerens articles qui le composent, sans y joindre d'éclaircissemens. D'ailleurs la copie qu'il a décrite diffère en quelques points de la mienne, et j'ai de bonnes rai-

* Ajoutez à rémunération qu'en vient de lire, les ouvrages snivans, où il est fait mention de dictionnaires chinois manuscrits. Monthly Magazine, april, i8>.f,p. aïo — Remarques philologiques, etc., ubi suprà. — Audi alteram partent. — Leicl.ertstein auf dan G rabe , etc. , p. 53.-— Catalogue des ou\ rages de Fourmont aînd , p. 47 et suiv. — Grammat. Sia.j p. 5oi , 5ia et suiv. — Médit, sinic. , p. 1 33. — Epistola Stauntonii ad D um liîontucci, ad cnlcem dissertationis de Studiis situ'eis. —Magas . encycl., VI e année , t. II . p. i R 9 et suiv. , où se trouve la Notice des ouvrages élémentaires manuscrits sur la langue chinoise , que possède la Bibliothèque royale de Paris , par M. Langlès , etc.

a Je le désignerai ici par le N° 1. C'est un manuscrit de format iu-f% dont le Dictionnaire proprement dit occupe un peu plus du tiers.

1 VI» année, t. II.

sons pour regarder celle-ci comme l'original de celle que M. Langlès a décrite.

Le Han tseu si yi se compose de trois parties. La première, qui est le Dictionnaire lui-même, contient les caractères rangés par ordre alphabétique, suivant le système orthographique particulier du P. Basile , et par celui des cinq tons tel qu'il a été adopté par tous les missionnaires lexicographes. Chaque caractère contenu dans une case est accompagné de ses variantes écrites en très-petits caractères, des renvois aux différentes prononciations dont il est susceptible, de son explication en chinois, mais sans caractères, de son interprétation en latin, et de quelques phrases ou exemples aussi en lettres latines et sans caractères. Le frontispice porte ces mots : Han csu sy ye , Sinicorum characterurn Europœa EacpositiOjann. D. N. J. C, 171 4» Kang-hy, 53. La dernière page finit par ceux-ci: Finis , ad majorent Dei glor/anij, anno Domini 17 15; Kang-hy, 54- Cette partie comprend environ deux cents feuillets non numérotés, quatre cents pages et huit cents colonnes ; chacune de ces dernières a treize cases et autant de caractères , sauf le nombre de cases occupées par les prononciations, écrites en grosses lettres en tête de chaque série de caractères homophones , et quelques irrégularités.

J'ai consigné dans le paragraphe précédent le jugement porté sur ce Dictionnaire par d'habiles gens qui en avaient fait usage, et j'y ai joint mes observations. Je me bornerai donc à en placer ici le résumé. Le nombre des caractères qui y sont expliqués est trop peu considérable, mais le choix en est généralement assez bien

fait. Les caractères homopîiones ne sont pas toujours dispose's suivant cet ordre analogique dont Fourmont s'était peut-être exagéré l'importance, mais qu'il est du moins très-utile de conserver dans un dictionnaire to- .îique. Les variantes d'écriture manquent souvent et ne sont jamais rapportées en assez grand nombre. 11 règne quelque désordre dans les différentes acceptions du même mot, et l'auteur ne s'est pas assez rigoureusement conformé pour cet objet à la métbode chinoise. Le nombre des phrases et des exemples est trop petit; et d'ailleurs ils ne sont écrits qu'en lettres latines, ce qui diminue beaucoup de leur utilité. Avec ces défauts , le Han tseu si yi n'en est pas moins un ouvrage très-estimable, et l'un des meilleurs vocabulaires que les missionnaires aient composés. Mais enfin ce n'est qu'un vocabulaire , qui , même en le supposant imprimé tel que le P. Basile l'a rédigé, ne peut dispenser d'avoir recours aux originaux, ni faire perdre le désir d'en voir publier un autre plus complet , plus régulier, et surtout plus propre à faciliter l'intelligence des auteurs.

Le seconde partie du Han tseu si yi se compose de plusieurs tables utiles et assez bien rédigées. La première intitulée Ta çu lien yu (Ta tseu lian ht), ou bien Usus specialis particulœ Ta , offre cent vingt-un exemples des changemens que cette particule fait éprouver au sens des caractères avec lesquels on la joint. C'est plutôt un sujet de regret et d'inquiétude qu'un secours efficace pour le traducteur d'un livre chinois , quand on sait qu'il y a un grand nombre de mots qui modifient ainsi la si-

gnification , et sur lesquels le Dictionnaire du P. Basile ne donne presque aucune lumière.

La seconde table est celle des particules numénles, parliculœ numérales , en chinois su mo y çie (sou mou yi tsieï). Les Laiins distinguent par des adverbes de quantité différens les objets qui se mesurent de ceux qui se comptent, etc. Les' Chinois distinguent de plus les objets de différente nature qui peuvent se compter, par des particules ajoutées aux nombres. Ainsi ils ne disent pas simplement yi chou , une lettre , mais yi foung chou; eul nian-tchu, deux chapelets, mais eul-tchhouan nian-tchu ; son khi, trois drapeaux, mais san-mian khi , et ainsi du reste. C'est à faire connaître ces particules qu'est destinée la table dont il s'agit : elle en contient quatre-vingt-cinq.

La troisième est une table du cycle sexagénaire qui se trouve dans presque tous les ouvrages des missionnaires. Elle est intitulée Modus enumerandi annos , more sinico. On lit ensuite en très- gros caractères ces mots : Han csu syye chung(/fan tseu siyi tchoung), Sinicorum characterum Europœa Expositio, finis. Kanghy, 54. Néanmoins, on trouve encore quelques objets supplémentaires, tels qu'une liste des quinze provinces de la Chine , avec le nombre de Fou , de Tcheou et de Hian que chacune de ces provinces contient , et les tributs qu'elle paye; une suite de pages intitulées Supplementum, et qui n'ont pas été remplies; une table des carac tères opposes , Tui çu mo lo ( Tout tseu moulou), qui contient trois cent cinquante-trois couples

de caractères mis en opposition et soigneusement expliques , à peu près comme nos synonymes et nos differentiœ vocum. Enfin cette seconde partie se termine par me table des noms de familles, arrêtée par ordre de V empereur j Yu-chipe kia singj rangée suivant le système orthographique de l'auteur.

La troisième partie écrite à la chinoise, c'est-à-dire , de droite a gauche et en colonnes, est un index des caractères expliques dans la première, rangés ici par ordre de cîefs, et accompagnés seulement de leur prononciation en lettres latines , qui sert de renvoi pour les retrouver dans le Dictionnaire. On voit d'abord une liste des clefs suivant le système adopté parle P. Basile, et qui est tiré d'un ltxique chinois qui a pour titre Kou-wen tsouankhao; elle est intitulée Pien hoe mo lo {Pian ho mou-lou) , et contient trois cents clefs , qui y sont rangées d'après le nombre des traits, depuis un jusqu'à dixneuf. Vient ensuite Y index lui-même, intitulé Lie hoe ching pu (Lieï ho tching phou) , où les clefs sont placées sans ordre, ou suivant un ordre dont je ne saurais me rendre compte. Un article supplémentaire, sous le titre de Çsa çsu pu ( Tsa tseu phou), offre les caractères dont la clef serait difficile à déterminer, rangés d'après le nombre des traits qui les composent, depuis un jusqu'à vingt. Enfin cette troisième partie se termine par une table des caractères qui se ressemblent, litterœ sibi ad invicem similes , mutub comparatœ ad discrepantiam. Elle est imitée de celles qu'on trouve dans les dictionnaires originaux, mais elle est moins bien rédigée , et n'est pas très-correcte à certains égards.

Tels sont les objets contenus dans la copie du Han tsen siji que j'ai sous les yeux. Celle du Vatican contient de plus, suivant la notice de M. Langlès \ une dissertation préliminaire en latin : c'est apparemment celle dont parle le P. Horace de Caslorano. Au reste, ce Dictionnaire a servi de type à tous ceux que les missionnaires ont rédigés depuis cent ans. La plupart des dictionnaires qu'on a reçus de la Chine , et qui se conservent dans quelques bibliothèques, ne sont que des transcriptions plus ou moins fidèles de celui du P. Basile, avec des retranchemens , des additions , ou quelques légers changemens que les différens copistes y ont faits, chacun suivant l'usage auquel il destinait son exemplaire. J'en ai vu une copie de format in-8°, une traduction espagnole in-4Vet quelques autres; mais la description que je viens de donner de l'original suffit pour les faire connaître toutes.

J'en pourrais dire autant d'un second dictionnaire , dont il existe aussi plusieurs copies, et qui est connu sous le nom de Dictionnaire de la Mission française 1 ; l'orthographe du P. Basile y a été remplacée par la prononciation portugaise. Les explications latines du missionnaire ont été partiellement traduites, soit en français, soit en portugais; et comme les mots de ces différentes langues ne sont guère plus correctement écrits les uns que les autres, il me paraît difficile de décider à quelle nation appartenait l'auteur de cette copie. Quelques-unes

1 Mag. Encycl. , VI e année , t. II, p. 100.

31 Tf° a , manuscrit in-f° sur papier vélin anglais, de 845 pages , contenant chaenne deux;rang(. : es Je huit caractère» , sauf les exceptions.

de ces explications sont abrégées, d'autres considérablement alongées; mais la principale différence de ce manuscrit avec le Uan tseu si yi original , consiste dans l'augmentation du nombre des caractères qui, par le calcul des pages , ne saurait s'élever à moins de quatorze mille, et qui est porté beaucoup plus haut par des additions faites à un grand nombre d'articles, au moyen d'un simple changement de clef. A la vérité les variantes minuscules du Han tseu si yi sont ici rangées avec les caractères principaux, et écrites sur le même module- Mais, malgré la réduction que cette^isposition doit faire apporter au nombre apparent des caractères qui y sont expliqués, je ne crois pas me tromper en avançant que le Dictionnaire n° 2 est d'un tiers au moins plus riche que le n° 1. C'est un assez grand avantage qu'il a sur ce dernier; mais aussi la copie est moins régulière que l'original; les mots chinois n'y sont pas toujours bien accentués , et d'ailleurs le mélange des trois langues dans les explications en rend l'usage peu commode.

Sous le n° 3 , je désignerai un autre Dictionnaire différent des précédens, et dont le plan , préférable à plusieurs égards à celui du Han tseu si yi, me donne pourtant lieu de penser que l'ouvrage a été rédigé à une époque antérieure. Ce Dictionnaire chinois et espagnol 1 ne paraît pas avoir été fait dans l'intention de donner l'interprétation isolée de chaque caractère en particulier, comme

1 Manuscrit in-4° , sur papier chinois , de 87a pages , contenant 1744 colonnes , divisées chacune en i\ lignes , par un cadre rouge qui paraît avoir été imprime'. C'est sur du papier raye* de cette manière que les missionnaires faisaient ordinairement écrire les copies de dictionnaire* dont ils avaient bejoin.

tous ceux que les missionnaires ont composés, et comme le Han tseu siyi lui-même, qui, pour cette raison, mc'rite plutôt le nom de vocabulaire que celui de dictionnaire. Les caractères y sont bien suivis de leurs principales significations en espagnol, et un très-pelit nombre seulement en sont de'pourvus. Mais ce qui fait le principal mérite de l'ouvrage, et ce qui le distingue de tous ceux du même genre dont j'ai connaissance, c'est l'attention qu'a donnée son auteur aux phrases et aux expressions complexes dans lesquelles peut entrer chaque caractère. Elles y sont toutes écrites en chinois, d'une manière extrêmement nette , et accompagnées d'une lecture et. d'une interprétation en espagnol. C'est dans ce Dictionnaire qu'on peut se convaincre de l'utilité de ces phrases, et prendre une idée juste de ces particules auxiliaires que les Chinois nomment tseu iu (auxiliares voces) ou hiu tseu (yacui charactews) , et qui sont si nécessaires pour bien entendre les livres, et d'un si grand usage dans la langue parlée. Elles y sont rapportées en fort grand nombre, et leur valeur est rendue sensible par une foule d'exemples. La particule ta (percutere) dont le P. Basile a fait l'objet d'un traité particulier, et qu'il y présente dans cent vingt-un exemples, en a ici, dans le corps même du Dictionnaire, cent vingt-neuf. Le mot siang, qui a dans le Han tseu si j/cinq exemples au troisième ton (auxiliarf) et un seulement au second (reciprocus) , en a ici vingt-six pour cette dernière acception, et quatre-vingt-dix-huit pour la première. Au mot hoa (^flos), on trouve vingt-cinq exemples ; au mot pe(albus), quarante-six; au mot fang (dtmittere), cent

«eize; au mot khi (surgere), quarante, et ainsi de tous les autres à proportion. Toutes ces phrases sans exception sont, je le répète, écrites en caractères chinois; et un autre avantage qu'elles présentent, c'est que le caractère principal, ordinairement écrit en style hing ou courant j est reproduit dans le cours des exemples avec des variantes d'écriture ou des abréviations qui ne se trouvent pas dans les dictionnaires classiques. Il est utile de connaître ces caractères abrégés, parce que les Chinois affectent de s'en servir dans leurs préfaces, dans les notes marginales, dans les pièces fugitives, et dans les écritures commerciales. Les avantages que je viens d'énumérer assurent déjà à ce Dictionnaire une grande supériorité sur le Han tseu siyi, et peuvent donner une haute idée de son utilité : ce qui me reste à dire ne peut qu'y ajouter encore.

Tout le monde sait que les caractères chinois ont une prononciation convenue, universellement reçue à la Chine, et entendue par les gens en place elles lettrés, de quelque province qu'ils soient. L'ensemble de ces prononciations forme la langue usuelle de l'empire, ou, comme les missionnaires l'ont appelée, la langue mandarine. On n'observe à ce sujet d'autre différence entre les provinces du nord et celles du midi , qu'un peu plus de rudesse et des aspirations plus gutturales dans celles-là, plus de douceur et moins d'aspirations dans les dernières. Au reste, on la croit naturelle aux habitans de la province de Kiang-nan, et ils passent encore pour être ceux qui la parlent dans toute sa pureté. Mais indépendamment de cette langue universelle, plusieurs provinces et même

plusieurs villes de la Chine en ont d'autres qui leur sont propres. Ces sortes de langues provinciales ou de patois se composent en partie de termes empruntés et corrompus de la langue mandarine, et en partie aussi de termes originairement différens et appartenant aux idiomes que parlaient les peuples de ces contrées , avant leur incorporation à l'empire chinois. 11 serait sans doute intéressant de rassembler quelques débris de ces langues , aujourd'hui presque anéanties, pour les comparer avec celles des pays voisins. Les patois du Sse-tchhouan et du Yun-nanj ceux des provinces de Kouang-toung et de Fou-kian surtout, donneraient lieu à des rapprochemens curieux avec les langues du Tibet, de "* An-nan^ des petits royaumes situés au sud-ouest de la Chine, et des îles répandues dans la mer qui la borne à l'orient et au midi. Il en pourrait résulter quelques lumières sur l'origine et les rapports des différentes tribus qui ont été successivement englobées dans la tribu de Fou-hi 1 , et dont la réunion a formé la nation chinoise.

Le dictionnaire dont je donne la description peut fournir d'abondans matériaux pour de pareils rapprochemens: les caractères y sont rangés par ordre alphabétique, suivant la prononciation espagnole. Mais au lieu des termes de la langue mandarine que présentent tous les autres dictionnaires, il contient ceux de la langue appelée par les Espagnols Chincheo, du nom de la ville de Tcfiangtcheou-foU; que les gens du pays nomment Tchiontchiou-hou. Cette langue , qui a cours dans la province

x Celte tribu paraît avoir e'te originairement fixée dans la partie orientale et méridionale du Chen-si, vers le» sources de la rivière lloeï.

de Fou-kiarij, est la langue maternelle de tous les Chinois qui vont trafiquer aux Philippines et de ceux de Batavia. L'auteur du dictionnaire , dans un court avertissement sur la prononciation , s'exprime à ce sujet de la manière suivante: « Primeramente, se ha de advertir que la lengua que naman mandarina es la coinun del reyno, y la que en el corre principalmente en las cortes de Paquin y Nanquin; y para entrara predicar en este reyno, esta lengua mandarina se debera aprender forçosamente, que como la castellana en Espana. La queaqui se habla es solo la de laprovinciade Chincheo, qu'es como en Espana Bizcayna. Y ansi como el que solamente sabe Bizcayno, no lo entenderan en Castilla, ansi el que solo sabe la lingua chinchea , solo en esta provincia de Chincheo, y no en lo dcmas del reyno l'entenderan. Pero para qui en Manila, basta saber la Chinchea, porque todos los que aqui vienen son (Testa provincia Chinchea. » Ajoutez à ces considérations que ce dialecte, en usage à Emouy et le long de la côte, doit avoir la plus grande analogie avec celui de Canton, el que sous ce rapport, la connaissance en serait d'une grande utilité' pour le commerce. Il est, au reste, impossible d'y suppléer par la langue mandarine : le plus grand nombre des mots a éprouvé des altérations qui les rendent entièrement méconnaissables , et beaucoup d'autres sont au fond tout-àfait diflerens. On en jugera par le petit vocabulaire suivant, auquel j'ajoute les mots du dialecte de Canton.

9 a MÉLANGES

Langue mandarine. Chinckeo. Canton,

Ciel Thîan Thin « .Thien.

Terre Ti Tey Ti.

Soleil Ji Chît Yet.

Lune Youeï Goiie nit.

Homme J i n Lang Yun»

Père Fou Pe Hou.

Mère Mou Bo, vo Mou.

Fils Tseu Kian TchL

Tète Theou Tao Taou.

Bouche Khcou Tchouï Hoou.

Cheval Ma Be Ma.

Thé Tcha Te Tcha.

Un Yî Tchit, Tcheg..Yut.

Deux Eul No nu

Trois San Sa Sam.

Quatre. . • . . • ». . Sse •• ........ Sy ».•••««■•• .Si.

Cinq Ou Ngou .Ong.

Six Lou Lag Lok.

Sept ïhsi Tchhit Thout.

Huit Pa Pe Pat.

Neuf. Kieou Kao K a ou.

Dix Chi Tchap Sep.

Cent Pe Pe Pak.

Mille Thsian Tchhan Tsin .

J'achèverai de faire connaître leDictionnaire chincheo espagnol j en en transcrivant un article entier , qu'on pourra comparer avec l'article correspondant du Han tseu si yi. Je choisis cet exemple parmi les caractères que le P. Basile a le mieux expliqués : pour le plus grand

1 Je transcris à la française les mots qui, dans l'original , sont écrit* à l'espagnole.

ASIATIQUES. g3

nombre, le résultat de la comparaison servait encore plus à l'avantage du Dictionnaire chincheo.

Han tseu siyi, Dictionnaire , N* 1.

Fa. — 1 producere , erumperc , procédera , germinare , emittere , fermentescere. Ta Fa , mittere , legare. Fa tuon , incinère. Fa ky , irasci. Fa xy , sagitlari. Fa xy, jurare. Fa ming , clare exp'icare. Fa yang , evu'gare. yeu Fa , multo magis. Fa ping, œgrotare. Fa , pingucscere. Fa csie , vel Fa ■csay , ditescere. Fa je, febrem pati. Szu Fa leao , res jam innotuit. Pie Fa , ventus frigidus ; ver et aestas , dicitur Faj autumnus et hyems dicitur lien, — (Une variante marginale.)

Dictionnaire Chincheo, N° 5.

— Huar 1 , brotar j huar ai lay , lo que sale a algun lugar , lo que sa'e de cassa. ( Fa, erumpere ;Ja khi lai , qui in locum a!iquem exit , qui exit e domo.)

Huar (variante) lo. Despachar , como pleyto. (Ja lo, ab-

solvere , v. g, litem. )

Huar pue sou chay.... (fa pJieï so tsaï),..,

Huarguan, jurar. {fayuen, jurare.)

Huar sy, idem. (Ja chi, idem.)

— — Huar hong , desterrar. (Ja fam, peîlere.)

1 N'ayant pas de caractères chinois à ma disposition , je me contente d'indiquer par un — la place qu'ils occupent dans les' deux manuscrits. Je supprime, par la même raison, les accens et le signe de la prononciation dure ou gutturale.

2 Ou Fouar : le A, dans la prononciation espagnole , remplace assez souvent le /.

Remarquez que je ne change rien à l'orthographe des mots chinois qui sont écrits à l'espagnole. J'ajoute entre parenthèses la prononciation mandarine des mêmes mots , aussi écrite à l'espagnole, et la traduction des explications en latin.

Huar uy, cnojarse derepente. (fagoei, irasci subîlo.)

Huar hun, animarse , poner las fuerças. (fa fuen, excitait , vires adhibere.) M tut langj enojarse (meu-gin , irasci.)

Huar non , enojarse {fa me , irasci.)

Huar giap , cuydado , cansado , de cuvdados. (fa nie ,

cura , molestum , dicitur de curis.)

Huar cag , el negocio estar descubierto. {fa kio , res

patefacta est.)

— — Huar xier , brotar la calentura ; dar le calentura ; (fa ge , exsurgere fcbrem ; febrem impertiri.)

Huar san , sudar el enferme { fa san , xgrum sudare.

Huar hien , salir a luz , avistar buenos de seos iestimulos .

( fa hien , patefieri....) Huar èeng, brotar la luz. (fa mim , lucem prodire. )

— — Huar liong, lebantarse Tapostema [fa hoam , tumoreni expromi.)

Huar hong, lebantarse el biento. (fafiim , ventum sur-

Sere.)

Huar tong ( fa tum )

i Huar liau , el negocio se descubrio. {fa leao , res tnani-

festatur.)

— . — Huar cheg, enriquecer. (fa çsie, ditare.)

— —Huar han , tomar sudores. (fa han , sudorem capere. )

Huar hio , brotar la oja (faye , erumpere folia.)

Huar ge , brotar los arboles. (faya, crescere arbores.)

Huar chau % brotar la yerba. {fa çao, crescere herbam.)

Huaryo , brotar el arbol renuevo. Hua huar yo. (fa

yam , arborem denuo crescere. ) Huar sim , hir se lebantando y creciendo el coraçon

del arbol. {fa sin , cor arboris surgens et crescens.) Huar chiu , nacer , brotar la bar va. (fa sîu , nasci ,

crescere barbam.) Huarmo , crecer elcavello. {famao , crescere capil'os.)

ASIATIQUES. q5

Huar pengy enviar soldados a pelcar. (Ja pim > mittere

milites, ad pugnam.) Huarqilay , leban tarse lo que nace o brota, como yerba.

(Ja khi lai , surgere quod nascitur vel crescit , v. g. , lierba.) Huar churlay , brotar la yerba. [fa chu lai , erum-

pere herbam.)

Comme mon but dans cette description n'est point d'accumuler inutilement des détails bibliographiques, mais de faire connaître des travaux estimables, d'en critiquer les di fleren tes parties , et de rattacher a cet examen quelques réflexions sur des points de littérature chinoise qui ne sont pas sans importance, je ne dirai rien de quelques autres dictionnaires que j'ai eus à ma disposition; je me contenterai d'indiquer un vocabulaire par ordre de clefs 1 , qui peut servir de supplément au N° 1. Ce dernier ouvrage, rédigé suivant l'ordre alphabétique, ne peut servira la recherche des caractères qu'à l'aide d'une table par clefs. Le P. Basile en a bien joint une h. son vocabulaire , mais dans le plus grand nombre des exemplaires les caractères sont disposés d'après un système de clefs particulier, système assez imparfait, à mon avis, et qui exige de la part de ceux qui n'y sont pas habitués, une nouvelle étude des élémens de l'écriture. Le vocabulaire n° 4> et quelques autres copies du Han-tseu si yij sont au contraire, rédigés suivant les deux cent quatorze clefs, telles que les ont enseignées Fourmont et Deshauterayes, et telles qu'elles ont été adoptées par les auteurs des

1 Coté N°"4» manuscrit! in-8°, sur papier chinois , de 4°* pages divisées en 804 colonnes, contenant chacune dix caractères , sauf les exceptions. Broché à la chinoise. .

dictionnaires chinois les plus méthodiques et les plus répandus en Europe. Il est d'ailleurs d'autant plus propre à servir à* index au Han-tseu sijrij que l'orthographe des mots chinois est exactement la même dans les deux ouvrages. Le petit vocabulaire peut contenir, d'après un calcul que je crois assez exact, sept mille cent quatrevingt-neuf caraclères, avec des explications très-courtes, et ne consistant qu'en quelques mots. Il serait fort insuffisant pour traduire, mais il facilite le recours aux dictionnaires toniques. Il est d'ailleurs écrit avec une netteté et une correction qui le rendent commode à consulter, et qui en font une sorte de Manuel ou de Dictionnaire de poche.

L'exemple de ce manuscrit, et de quelques autres plus complets encore que possèdent diverses bibliolhèques , fait voir qu'il serait possible d'imprimer le dictionnaire du P. Basile en un très-petit volume in-8°, moins épais de moitié que le dictionnaire français de Noël. Et quand on pense que ce vocabulaire peut servir à l'intelligence de la presque totalité des productions littéraires des Chinois, on ne peut s'empêcher de souhaiter, pour l'avantage des étudians, qu'il leur soit offert sous ce format qui le rendrait à la fois portatif et facile à feuilleter \

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