‹ Mélanges bibliographiquesChapitre 2 sur 45 · II A M. AMBROISE-FIRJIIN DIDOT · texte numérisé non relu

II A M. AMBROISE-FIRJIIN DIDOT

2)lus ardent désir. A une vie paisible fai préféré une vie laborieuse et agitée : l'fiomme n'est pas né pour des j)laisirs indignes d'une âme généreuse, mais pour des travaux qui r honorent. Laissons aux vils troupeaux V existence des brutes. Caton nous l'a dit, « la vie de l'homme est comparable au fer : faites-en un emploi constant, il brille; si vous n'en usez point, il se rouille, n

Ces belles paroles^ qui nous tracent noire règle de conduite, sont, pour ainsi dire, voire propre profession de foi, et vous les auriez écrites le premier., si votre glorieux prédécesseur, si votre admirable modèle, Aide r Ancien j ne les avait pas prononcées avant vous. Ces paroles^ en effet, expliquent et représentent exactement votre longue carrière, si bien remplie et toujours si active, d'imprimeur^ de lettré, de savant, de polygraphe, de curieux, de connaisseur et de bibliophile.

Vous avez depuis soixante ans suivi l'exemple de Manuzio Aldo^ et moi aussi je m'efforce de suivre le vôtre, pour l'amour, pour Vhonneur des lettres et des arts.

Comme Aide l'Ancien, nous avons vécu, nous vivons dans des temps désastreux, « où les armes sont bien plus maniées que les livres », comme le disait de son temps le célèbre imprimeur vénitien, qui fut forcé de suspendre ses travaux pendant quatre ans, lorsqu'il vit l'Italie entière en proie au terrible fléau de la guerre.

L'interruption de nos travaux bien-aimés n'a pas duré si longtemps, mais nous avons eu, par deux fois en une seule année, le chagrin de voir Paris assiégé, dévasté, bombardé, brûlé^ comme l'avait été Constantinople au XV siècle, et tout ce que Paris renferme de musées, d'archives, de bibliothèques, a failli périr à la fois dans un incendie général, allumé par des brigands et par des fous furieux^ cent fois plus barbares.

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