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M. DE BARÂNTE. 315
une occasion bien gratuite de blesser une foule de personnes, d* exciter l'esprit de jalousie entre la noblesse et la bourgeoisie. N'importe; pour ne pas innover, pour ne rien côncëder à l'esprit du temps, le roi Charles-Albert distribuera les loges comme son prédécesseur. »
8i le Piémont eût été un petit État isolé, ses petites agitations sociales intérieures auraient eu peu d'importance, et M. de Baranle les eût peu remarquées ; mais c'était là, pour nous, la tête de Tltalie : le sort de l'Italie Jout entière et la question de la Situation de la France ^n Italie à côté de rAutriche se débattaient à Turin, Peu après son arrivée à son poste, pour se rendre un compte éclairé de l'état des faits h cet égard, M. de Barante ât une course à Milan : « Milan , écrivait-il au général Sébastian! S présente un aspect bien frappant, et si je n'y étais pas allé, aucun récit ne m'eût donné l'idée d'une pareille situation. Tout ce qu'on peut dire de Tantipathie des Italiens pour les Autrichiens est au-dessous de la vérité; c'est la séparation la plus complète qui se puisse imaginer. J'ai vu Paris occupé par des armées étrangères { c'était certes un spectacle frap-
l.Les 19 et S8 février 1831.
soignonr. 1/institution mo soinblo u^aroir point lHui<m*abord ol halntuollonuMil un oarncUMvdo owitraliti^ J'ai ,^ranii bosoin dVxaiuinor tout cota par lo imMUi. '' V.i lo 10 juillet suivant : n Jo nronroniM^ do plus ou plus (laus uu>u tra\i)iL mais jo no put» avoir ouoort^ d'idiVs bion nrnM«^os, Los docun)(»nla sont si dis|>ors(^ quo tout onsomWo ost iino lijrpotluVo. ot il no faut pas s'y attaohor trtip tdt. Do prÇ' uu(^n' vuo. il U10 pnratt quo lo pariomoni $'<xtt eréé pou ;\ pou ot no s*ost substitut^ A rion ; il n*j nimit pas uuo tollo ohoso qu'uuo cour dos |>airgi ou do» bt» rons qui sorait dovonuo un tribunal do l«^lst€^ Plus on ivniouto. plus on tivuvo un ronsoJI prive (|ui pou i\ pou proud un oan)ct(^ro ot dos formas jiKlioiairos. Jo uo vius pas non plus quo co Mdt Philippe lo \M qui« ainsi quo Ta dit Pastpiior, ait l'ondu te parloniont stMontaiiv ot oonslitui^ sa fonno. Tout on oouunonooniont nio ooiUoni assoie do poinc« el j>ri pour do nio tn)ni|HM\ «^ Lo iO aoUt t82\) enfin, pw apnV la fonnation du niinisti^ro Polignao: « Je sofo tout distrait do ma bosogno du parloniont^ «t je n'avais pas iH'soiiK pour cola, du changonieni de niinisti^ro. Jo mo suis mis A lin^ los oapitulaiivs. la diplomatiquo do Mabillon, lo rocuoildo Raluxo.ole«« do sorlo quo jo fais dos rochorches. je pn^ndt d«tt
connu, l*établissement politique dans lequel il a place et dont il désire sincèrement le maintien. Je retrouve cette impression, plus vive et plus claire encore, dans les lettres qu'il m'écrivit après la formation du ministère Polignac : « C'est un étrange ministère, me disait-il le 29 ûoût 1829; on ne saurait se mettre sur un plus petit pied. Ils attendront peut-être la session sans se jeter dans la violation des lois. Je ne leur vois pas espoir de majorité à la Chambre. Toutefois je suis porté à croire que, lorsque arrivera, dans une situation quelconque, le moment de subir le joug de la Charte, de se soumettre à son effet positif et non plus seulement négatif, alors on deviendra capable des témérités les plus folles. Jusqu'ici il ne me semble pas que leur ancien parti les y pousse; il se tient fort tranquille dans nos provinces, et, pour dire le vrai, on ne l'excite encore nullement. Nous verrons ce qu'ils essayeront de faire sur les élections partielles du mois prochain. » Deux mois plus tard, le 22 octobre 1829, son inquiétude s'était encore aggravée; mais elle portait aussi bien sur les dispositions du pays que sur celles du roi Charles X et de son ministère : « Je crains que ce ministère ne soit difficile à déraciner; je ne conçois pas comment on se résoudra au len-
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(l'indc^pondanco nalionnlft ol do paix ouropdennc. Le gouvorncinonl de 1830 avait eu le courage d'arborer haulcinent ce drapeau (franger aux |)assion8 populaires, aux ambitions ardentes, aux partis exti'^nies, et il Pavait arboré à rexU^rieur comme à rinic^rieur, dans ses relations diplomatiques avec les gouvernements c^trangei*s comme dans son langage public aux peuples euxin^'uies. Il s'était ainsi enlevé deux moyens d*action fort usités et puissants dans le coui*s ordinaire des afiaires humaines, la flatterie et la cbarlalanerie, l'indécision et la duplicité; il s*é(ait condamné h espérer beaucoup du bon sens, du sens moral et de TintériH bien entendu des bommes. M. de tarante était chargé d'exprimer et de pratiquer cette politique en présence des partis et des desseins les plus contraires, auprùs de la coar de Turin et des patriotes italiens, des conservateurs et des libéraux. 11 avait d ménager les alarmes des uns et la sympathie des autres, à inquiéter ou à rassurer, ù contenir ou à satisfaire tour à tour les uns et les autres en leur faisant loyalement connpltre ce qu'ils avaient c^ redouter ou à espérer du gouve^ nement français dans les diverses situations qui pouvaient se présenter.
Il s'acquitta avec une franchise intelligente de
devoir compliqué; il informa soigneusement son gouvernement des dispositions des divers pai1;is piémontais^ et les divers partis piémontais des intentions du gouvernement français. Il écrivait le 10 février 1831 au général Sébastiani : « Vous m'avez souvent entretenu de l'action de l'Autriche sur ce pays-ci et de la possibilité d'une intervention militaire demandée ou consentie par le cabinet sarde * mais nous en raisonnions comme d'un événement sans probabilité actuelle. Aujourd'hui ce n'est plus cela : le Piémont est tranquille, et l'Autriche n'ira pas, il est vrai, accroître ses embarras en y entrant; mais d'un jour à l'autre ce qui se passe à Modène et à Bologne peut avoir Un contre-coup à Gênes et même ici. Je me crois suffisamment autorisé par vos paroles, par la marche de notre gouvernement, à déclarer (Jue toute intervention armée de l'Autriche est pour nous une rupture des traités, et que nous aviserons, selon notre honneur et notre intérêt, à ce que nous aurons à faire. En vérité, dans l'état des esprits, je ne conçois pas l'attitude d'un ambassadeur de France qui en agirait autrement; tout le prestige de force et de grandeur attaché à notre révolution de Juillet serait eflfacé; ce serait le triomphe hautain de toutes les opinions hostiles à
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la Franco et aux principes qui y rognent; il n'y aurait plus ni crainte, ni respect, ni (égards. » Et le lendcMuain 11 TcHrier : u A force de presser M. le comte do la Tour \ que je vois au moins une fois tous les joui-s pour lui demander des nouvelles d'Italie et en parler avec lui plus qu'il ne voudrait, je crois ùtre parvenu ù me faire une idée plus précise des relations actuelles du cabinet sarde avec FAutriche. Je lui témoignais encore une fois mes craintes que rinteiTention autrichienne en Italie n*amenftt des suites graves. — Mais, m'a-t-il dit, la France ne professe pas sur ce point de principe absolu; elle admet que des motifs particuliei's, un voisinage immédiat, peuvent motiver TinteiTention ; TAutricIie a fait sur Tltalie des réseiTCs qui ont été admises. — Je rignore, ai-je répondu; mais ce que je puis garantir, c'est que rien de pareil ne m'a été dit ni écrit pour le Piémont; je suis fondé à croire qu'en ce qui touche votre pays, nous ne dérogeons en rien au principe de non-intervcn(ion. Je pourrais dire aussi qu'il en est de même pour le royaume de Naples. — Naples, cela se peut, a dit M. de la Tour, comme trône de la maison de Bourbon. —