‹ Mélanges biographiques et littérairesChapitre 18 sur 27 · Lo 11 novtmbra i8l(L · texte numérisé non relu

Lo 11 novtmbra i8l(L

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Talliance entre la France et l'Angleterre a été, de^ puis dix ans, la pensée fixe de l'empereur Nicolas. Longtemps Ha cru que cette rupture entraînerait nécessairement la guerre européenne, et dans son imagination il se donnait le rôle de Tempereur Alexandre et de chef magnanime de la croisade contre la France. Peu à peu 11 a tu que rAutriché et la Prusse n'étalent nullement disposées à lut donner cette joie, de sorte qu'en poussant au traité du 15 juillet dernier, c'était presqtie sans idée ultérieure de guerre; il Youlait satisfaire sa passion, placer la France en mauvaise posture et nous faire quelque affront. Quant à l'Orient, il n'y a pas pensé un jour : outre qu'on songe ici beaucoup moins aux conquêtes que l'Europe ne le suppose, on se sent en étroite suinreillance ; ainsi envoyer des troupes et des vaisseaux à Gonstantinople était chose plutôt crainte que désirée, et l'on s'applaudit beaucoup et sincèrement de n'avoir pas été obligé à cet embarras et à cette dépense. Lorsque tout a commencé à s*aigrir, lorsque nous avons fait de grands préparatifs, je crois que les pensées de guerre européenne sont plus ou moins revenues, et qu'on a envoyé à Vienne et à Berlin pour demander compte de la quiétude où restaient l'Au-

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tricho ol In Prusse. Il n M n^pondu d'une manière trtVcnliuonto. Depuis ce moment, Pempei^eur a pnHlip^nc^ le IniiKaK^ le plus pndflque et déploré les iu»lheui^ que poumiit amener la guerre. Avi* deinnient il ue veut pas (|ue, si tout s'arrange, on puisse lui imputer d'avoir M plus brouillon et plus belliqueux que les autiH^s; mais cette disposition no signifie point qu*on ivcule sur la route où l'on est entri<. On ira sans objection Jusqu'où voudra TAngleterre; si elle veut un accommodement avec nou9« il sera accepte^ volontiers, sauf un pou d'humeur si notre honneur national obtient des ménagements. On ne se fera pas pi'omotenr de cet arrangement, comme feront peut-Atre l'Autriche et la Prusse; mais on ne se mettra pas en conti^adictlon manifeste. Vous conclurez do M, mon cher ami, que je n'ai rien & tenter ici ; je regarde et j'écoute, et TolU tout. Ku nussie, ti^ois choses distinctes Influent Sur la direction politique : les opinions et les impressions uu)meutanées de l'empereur, qui se manifestent en pnn>les indirectes, dites sans conséquence, et n'appartiennent pas h son rôle ofAciel. Il en résulte pourtant une sorte de direction générales mais elle est modllhV, arr^tik", i*ectIOée par la conduite prudente et nu'sun^e de M. de Nesselrodei

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pour lui, il est identique avec les cabinets de Vienne et de Berlin^ sauf assez d'indifférence sur certains points qui ne le touchent guère, comme par exemple l'Espagne et la Belgique. Enfin il y a Topinion russe, qui n*a aucun moyen de se prononcer, aucune influence directe; mais c'est pourtant le milieu où vit le gouvernement, Fair qu'il respire. Cette opinion ne se soucie en nulle façon des affaires d'Europe, aimerait que l'empereur ne s'en occupât point, a une bienveillance assez marquée pour la France, et n'est irritable à l'Occident que pour la Pologne, à l'Orient que pour les Dardanelles... Vous aurez besoin de courage et de fermeté, et je suis sûr que vous n'en manquerez pas si vous terminez, d'une façon prompte et suffisamment honorable, la question qui trouble la France et inquiète l'Europe, vous aurez, je le pense, un grand et bel appui dans la véritable opinion publique. »

Cette lettre me confirmait pleinement dans les idées que je m'étais formées à Londres sur les dispositions de l'empereur Nicolas envers nous, sur la part qu'elles avaient eue dans le traité du 15 juillet 18^0, et sur la situation quelles nous faisaient envers la Russie après ce traité. J'attendis, pour ré-

pondre à M. de Barante, que les débats de l'adresse dans les deux chambres fussent terminés, et que le nouveau cabinet eût droit de se considérer comme établi. Je lui écrivis alors S en lui envoyant la dépéclie ofliciclle que j'adressais à nos agents dans les diverses} cours : « Je sors d'une grande lutte. La bataille est, je crois, bien gagnée ; mais je ne me fais aucune illusion, cette bataille n'est que te commencement d'une longue et rude campagne. Depuis 1836, depuis la chute du cabinet du 11 octobre 1832, le parti gouvernemental est dissous parmi nous, et le gouvernement est flottant, abaissé, énervé. Le grand péril où nous sommes arrivés par cette voie nous en fera-t-il sortir? Ressaisironsnous le bien d'une majorité vraie et durable par l'évidence du mal que nous a fait son absence? Je l'espère, et j'y travaillerai sans relâche. Cest commencé. La cliambre est coupée en deux. Le pouvoir est sorti de cette situation oscillatoire entre le centre et la gauche, qui a tout gftté depuis quatre ans, mâme le bien; mais tput cela n'est encore qu'un commencement. Du reste, je ne veux pas vous envoyer mes doutes» mes inquiétudes. Je «rpis

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