A L'ÉPOQUE ROMAINE
Par les inscriptions, nous connaissons un certain nombre de gens qui, de différentes régions du monde romain, étaient venus habiter l'Espagne. En étudiant les renseignements contenus dans ces textes épigraphiques, on peut en dégager quelques indications sur les rapports qui unissaient l'Espagne aux autres parties de l'empire. Ces conclusions, en elles-mêmes, semblent d'abord assez fragiles ; mais elles prennent plus de signification quand on les voit éclairées et confirmées par les faits qu'établissent d'autres documents.
Hubner [La Arqueologia de Espana, Barcelone, i888, § 125) fait remarquer qu'en Espagne plus souvent que dans les autres provinces les inscriptions funéraires indiquent la patrie des défunts. Mais il faut ajouter tout de suite que dans la grande majorité des cas cette patrie est une ville espagnole : tantôt un individu ou une famille a quitté sa ville d'origine pour s'installer sur un autre point de la péninsule ; tantôt le mort a été enseveli dans le pays où il était né, et
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la ville mentionnée dans l'inscription s'élevait à. l'endroit même où l'on a découvert la pierre tombale. Souvent l'indication donnée est celle de la gens ou de la gentilitas à laquelle appartenait le personnage, et la liste de ces gentes est un recueil précieux de renseignements sur la langue et la géographie ibériques. Mais la mention d'une origine non espagnole est plus rare, qu'il s'agisse d'inscriptions funéraires, honorifiques ou votives, et les textes qui renferment cette mention sont en nombre limité, une quarantaine environ.
Je les énumère ci-après, en les groupant suivant la région qui s'y trouve nommée, et en donnant à chacun d'eux un numéro d'ordre que j'utiliserai pour renvoyer à ces inscriptions dans la suite de ce travail. Le lieu de naissance ou le domicile d'origine (nous n'avons pas à distinguer Fun de l'autre) est indiqué le plus souvent soit par un adjectif, accompagné quelquefois de natione, soit par un nom de ville à l'ablatif, accompagné ou non de domo.
i" Rome :
i.—C.LL., 11, 1085 : llipaen Bétique (Alcalà del Rio): base honorifique au nom de L. Cominius Vipsanius Saliitaris, domo Roma. — C'est un p[erfectis.simus) v{ir), a cognitionib[us) de Septime Sévère ; son cursus comprend plusieurs procuratèles.
2. — C. L L.y II, 2600 : en Galice : dédicace à Mars par Tib. hinius Quadratus, domo Roma, qui est praef{ectus) equit{um) al{ae) II Fl{aviae) Hisp[anorum) c[ivium) R[omanorum).
3. — CL L., Il, 2650 : Asturica Augusta (Astorga) : épitaphe de C. Iulius Rat[t]alus, domo Roma. — Nous n'avons de cette inscription que le commencement et la fin ; d'après le tour, Hûbner conjecture avec vraisemblance que les lignes disparues contenaient la mention d'une fonction militaire.