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(1) Op. laud., t. I, p. 370.
(2) Cf. Vitruve, édition Choisy (Paris, Lahure, 1909, 4 vol. in-4o), t. I," p. 259.
(3) Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie (Paris, Leroux, in-S"), t. I«r (1901), p. 143-147.
(4) Voir le plan de MM. Bordier el Vial, joint à l'article de M. Gagnât, Bull, archéol., 1891, p. 510.
(5) Luret et Moncliicourt, Installations hydrauliques, t. I", p. 244-249.
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se dirigeait sur le centre de la ville, aujourd'hui représenté par l'arc de Trajan et les divers édifices placés à l'ouest de ce monument et déblayés ou reconnus en 1910 (1).
Imaginer qu'il desservait immédiatement les thermes ne serait pas soutcnable : les 400 litres d'eau qu'il pouvait charrier à la seconde constituaient un débit dix fois trop abondant pour les thermes d'une petite ville. En outre, il est bien plus rationnel de supposer qu'il s'arrêtait à peu près à l'entrée de la ville, au lieu de la traverser tout entière, — les thermes sont juste au sud-ouest de la ville, — ou de la contourner : les châteaux d'eau étaient le plus souvent situés hors du centre des villes; celui de Pompéi, pour citer un exemple bien connu, s'élevait auprès de la porte du Vésuve. Encore une raison pour que le grand édifice de Mactar, qui semble border à l'ouest la partie principale de la ville antique, soit le point cherché oii aboutissait l'aqueduc.
Non moins que sa destination, les dispositions que présente l'édifice de Mactar offrent de l'intérêt. Les châteaux d'eau étaient souvent de riches constructions agréables à l'œil, comprenant des salles de réunion, des portiques aux colonnes ornées d'élégants chapiteaux, des statues abritées sous des absides, des fontaines décorées de motifs gracieux. Ce serait bien mal préjuger de l'architecture de Mactar que de prêter à tel des monuments de cette ville un luxe inouï de marbres et de mosaïques; les différents édifices publics d'une cité provinciale qui fut surtout un centre agricole ne pourraient pas soutenir la comparaison avec ceux de Timgad, ou avec la villa des Laberii à Oudna. Mais justement parce qu'à Mactar les monuments témoignent assez peu
(1) L. Châtelain, Comptes rendus... de lAcad. des Inscr., 1910, p. 507, 508, 509 et Mélanqes publiés par l'École de Rome, t. XXXI (1911), p. 349-363 et pi. XXVI, XXIX.
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d'une recherche d'élégance, il importe de signaler les détails qu'ont révélés divers sondages.
Ces sondages peuvent se répartir en deux groupes, l'un commencé à 8 mètres à l'est de la h'gne des voûtes effondrées, à hauteur de la dernière de ces voûtes en partant du nord, l'autre pratiqué tout à fait au centre de l'édifice, mais repris à l'extrémité méridionale. Au premier endroit j'ai retrouvé trois colonnes ayant 20, 30 et 40 centimètres de diamètre ; elles sont placées sur des dalles, ce qui semble indiquer que l'édifice a subi des transformations. Celle dont le diamètre mesure 30 centimètres avance au nord à presqu'un mètre des deux autres, qui sont contiguës et reposent sur la même dalle ; cette colonne borde un pavement corn posé de plusieurs dalles et large de 2 m. 80. Il était inutile, cherchant avant tout à saisir des détails qui se dérobaient, de vouloir retrouver les trois autres colonnes dont celles-ci indiquent Texistence. Les sondages tentés au contre de l'édifice ont montré qu'il y avait encore une autre série de colonnes à dégager.
Ce sont d'abord deux superbes colonnes qui se dressent, dans la direction est-ouest, à 2 mètres d'intervalle l'une de l'autre. Leur diamètre est de 40 centimètres, comme l'une de celles que j'ai mentionnée plus haut; leur état de conservation est excellent, sauf à leur extrémité supérieure. Entre elles gisent deux fragments de corniches longs de 2 m. 77 et de 2 m. 92, ornés de moulures. Leurs dimensions permettent d'établir qu'ils reposaient sur les colonnes, et c'est déjà un point important pour la reconstitution de l'édifice.
Mais plus au sud, près de l'un des massifs de blocage dominant l'ensemble, on remarque une autre colonne, qui dépasse le sol de quelques centimètres à peine ; sa position inclinée ne m'a point permis de la dégager complètement, d'autant qu'elle estcontiguë à un gourbi et n'aurait pas manqué de l'ébranler ; elle est d'ailleurs assez mal conservée. En faisant ouvrir une tranchée entre cette colonne et les précédentes, j'ai découvert deux autres colonnes, de même dia-
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mètre et bien en place. Un intervalle de deux mètres les sépare. Une troisième colonne, d'un diamètre beaucoup plus restreint (27 centimètres) repose, comme celles-ci, sur un dallage en bon état.
Enfin, en dégageant ces trois colonnes, on a mis à jour deux fragments (1) de l'inscription dédicaloire de l'édifice, inscription dont MM. Gagnât et Schmidt avaient déjà publié, dans le Corpus latin, trois premiers fragments (2). Ces deux portions d'un texte encore incomplet, — bien que restitué dans son intégrité, — sont gravées sur des blocs de pierre de mômes dimensions que les deux parties de la corniche anépigraphe dont il vient d'être question ; elles devaient, selon toute vraisemblance, reposer sur ces colonnes dont plusieurs sont maintenant retrouvées. Leur disposition même confirme cette hypothèse. Tandis qu'une face est réservée à l'inscription, à peine entourée de listels, une autre face, perpendiculaire à celle-ci, présente des moulures d'une composition moins sommaire, et sur l'un des deux fragments récemment exhumés on aperçoit deux chimères placées autour d'un vase. C'en est assez pour permettre de rétablir par la pensée les divers fragments et de les disposer de manière à rendre bien visibles à la fois l'inscription, disposée verticalement, et le bas-relief, tourné vers le sol. D'autre part la longueur de l'inscription invite à croire que celle-ci occupait plus d'une corniche, ou plutôt que la corniche présentant et l'inscription et le bas-relief tournait, sans doute à angle droit, autour d'un portique. Cette hypothèse paraît expliquer assez bien la présence des colonnes qui se dressaient à l'intérieur de cette partie de l'édifice et qui attestent qu'en dépit de la destination utilitaire du monument, le souci artistique n'y faisait point défaut.
Louis Châtelain.
Paris, mai 1912.
(1) L. Châtelain, Bulletin des Antiquaires, 1910, p. 401-402. — Cf. Comptes rendus de l'Académie des Inscriptions, 1911, p. 511-512.