ADDENDA
A L'ARTICLE DE M- PRÉCHAC
Cic. de Rep. I cap. XLIII. — ....Ex quo lit, ut etiam serui se liberius gérant....
En relisant dans le texte imprimé (Hachette, i911; p. 90, § 324 A) le cours de Critique verbale appliquée aux textes latins, je m'aperçois que M. L. Havet a déjà signalé l'effort artistique du traducteur dans le de Republica et précisément aux environs du passage qui vient d'être examiné. Il propose comme clausule possible (Rp. I § 67) cette correction : plane sine ullo domin<ii'^o sint (Plat. Rp. p. o63 D : tj.7ioa[jLr, [i.r,oîU ajTo^ç tj ost-ôtt,;). — La forme métrique imposée à la pensée de l'original, et non pas seulement le génie spécial de la langue latine, me semble expliquer, en une large mesure, ici et ailleurs, pourquoi \ expression dans la version cicéronienne s'écarte en général quelque peu de l'expression grecque. Quant au fond, il sera le plus souvent rendu avec fidélité, — dans la mesure où il aura été compris. — En ce qui concerne la correction se liberius <ierisy> gérant, nous croyons en trouver une confirmation dans l'état matériel du texte. On peut voir dans les éditions critiques (Orelli-Baiter ; Miiller, etc.) qu'avec libme/.9 finit une page (p. 161) du palimpseste : cette circonstance facilitait pour le copiste l'omission (ïeris au haut de la page suivante. "Verr. de suppl. cap. XII, § 29. — Cum uero aestas
ADDENDA A l'aRTICLE DE M. PRÉCHAC
SU m m a esse coeperat, quod lahor operis maxime
offendit
Au passage de l'Epitome de Tite Livc (Lib. XCV) ajouter ces mots de Diodore (XXXIY, H), relatifs au soulèvement préparé par Eunus et ses amis : EùQù; ojv TSTpaxoo-wuç twv 6tjioôoù);(ov (Ti»vy^Gpoio-av — (familiae congregantur, magnitude seruitii perspicitur — dira Gicéron dans une sorle de « réminisccnc3 » oratoire [Carcopino, op. citj de ces faits passés). — Aux exemples de /a/;or accompagné du génitif joindre Cic. Muren. 29 magnus dicendi lahor \ Halb. 17 perpoliendi quemdam operis laborem; de Orat. I, \ forensium rertim labor et ambitionis occupatio; Font. 43 uirum ad labores belli impigrum. — Au texte du de finibiis [ caj). /, § 3 fin, où les mots labor offendit se trouvent réunis une seconde fois, ajouter ce cas intéressant et tout autre à mon sens, du pro Coelio § 45. Fieri ... non potest ut animus libidini deditus ....hoc ... quod nos facimus in dicendo.... possit
sustinere Quare in hoc génère labor offendit homines a
studioque deterret. Ici le mot offendit paraît bien avoir un sens analogue à celui qu'il a dans le de suppl. § 29, mais plus faible : il s'agit d'une fatigue intellectuelle non pas nocive précisément (il y a primitivement une légère différence, au physique comme au moral, entre offendere et le terme plus fort laedere) mais déprimante, rebutante. — L'analogie de signification que présentent au physique laedere et offendere et la nuance qui les sépare fréquemment peuvent être mises en lumière par le rapprochement suivant : Plin. 35, 10, 36, § 97 : ne colorum claritas aciem oculorum offenderet. Gels. VI, 6 (éd. Darémberg, p. 238, 1. 30 sqq.) : horum (columbae, hirundinis...) acies extrinsceus [ictu] laesa interposito tempore in antiquum stalum redeat. — Les renvois à Pline et à Celse, qui ont été faits dans l'article par chapitres, doivent être ainsi précisés : Pline : XVII, 24, 134 (éd. Mayhoff, 1892) : nec adrachle (au lieu de adrachmc) ; ibid. 239 : necat et cdera uinciens
ADDENDA A l'aRTICLE DE M. PRÉCHAC 449
sed laedit odoriim (au lieu de odore) ...mistura. Celse
(éd. Daremberg, 1859) : lib. II, cap. vu, p. 39, 1. 33 : id membrum, etc.; lib. I, cap. ii, p. IS, 1. 4 sq. : Exercitationis... finis etc.; lib. III, cap. vi = lib. IV, cap. xiii, p. 139, 1. 7 sq. : sacpe enim tussis etc.; lib. VI, cap. 6, p. 225 1. 34 sq. : a temporibûs ad oculos, etc.; lib. V, cap. 26 (début) : Cum facultates, etc. — La citation de Stobée doit être ainsi rectifiée : Eclog... Ethic. éd. L. Heeren Gôttingue, 1792 sqq. : 2^ partie, p. 182 : N6!rri[j.a S'elvat.
Sô^av £V£arxipp(0[ji.£VTiV • s'.vai, ôé Ti.va... xaià 7rpoxo7i-/iv ytyvô-
{xsva (je lis avec Heeren Trpoo^oirYiv).
A l'appui de la conjecture consumere consue<iue'>>runt qui rétablit une clausule attendue, il convient de rappeler non seulement la leçon consueuerunt^ donnée ici par les deux Guelferbytani et les détériores (Orelli-Baiter-Halm, vol. 2, p. 389); mais aussi l'allitération formée par ces deux mots, qui décèle déjà un souci artistique, et que nous retrouvons, à peine modifiée, un peu plus loin, cette fois sous forme de clausule correcte ; Verr. V, § 80 : quo tempore ceteri praetores obire prouinciam et concursare consuerunt. — Les mots cum in areis frumenta sunt ne forment point clausule : c'est qu'ils définissent simplement une date pour l'administrateur (cf. Havet, op. cit., p. 90, § 325 ; Cf. Verr. III 36, 37, 51 ....et surtout 20 : ut neque in segetibus neque in areis... grano uno posset arator
fraudare decumanum, oii l'on revoit les différents
moments ou étapes de la messis, considérés par l'agent du pouvoir).
De suppl. § 51 ...id nunc ...iure imperii nostri ...quotannis usurpatum... adsecuti sunt.
L'adjectif nostri joint à iiire imperii n'a rien qui doive surprendre : il équivaut au génitif populi romani : cf. Phil. III, 30 : prouincias uniuersas ex imperii populi romani iure sustulerit. — L'explication de la faute usurpatum^ retentum par la proximité de id est d'autant plus vrai-