‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 115 sur 139 · PLANCHES XXIV, XXVI · texte numérisé non relu

PLANCHES XXIV, XXVI

Parmi les divers tissus précieux trouvés par M. l’abbé Gaudion dans l’église de la Major a Arles figurent quelques fragments réunis de manière à ne former aucun dessin saisissable, mais où j’ai tout d’abord été frappé d’une grande ressemblance de style avec la belle étoffe rose et vert tendre d’Aix-la-Gbapelle (Mélanges , T. II , pl. xm et xiv). Après avoir calqué scrupuleusement chaque fragment, je n’ai eu qu’à les rapprocher pour reconnaître un magnifique tissu en couleur sur couleur que l’on dirait sorti des ateliers mauresques de l’Andalousie ou de la Sicile et contemporain des beaux jours de notre art ogival. Des paons et des griffons alternativement affrontés sont traités avec la liberté fantasque que conseillait la sévérité du Coran contre les représentations des êtres vivants et les fleurs où se jouent ces deux représentants du bien et du mal, nous rappellent par la souplesse des lignes et la délicatesse des découpures l’art délicieux de l’Alhambra. Si 1 inscription dénuée de sens de l'étoffe d’Aix nous a autorise à la prendre pour une imitation italienne plutôt que pour un original mauresque, il y a lieu d’hésiter sur l’origine mauresque de celle d’Arles ; mais en tout cas pour l’un et l’autre tissu , le compositeur des cartons aurait habilement copié d’excellents modèles en un temps et en des lieux où les traditions de la belle époque de l’art arabe étaient encore vivantes.

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