IV
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
lie premier qui ait abordé le sujet dont nous traitons, est Bottari (Rom. soit., t. 111, p m i et 218), mais cet habile homme a été trop mal servi par son dessinateur pour se faire une juste idée du monument que, sans doute, il aura négligé de voir par lui-même. Selon lui, le personnage nommé Vibia (V . p 5, y et 8) est une vierge chrétienne dont un peintre ignorant a représenté la mort d’après les symboles reçus dans l’art païen. La scène du jugement est, à ses yeux, l’image de la parabole des cinq vierges sages assistées d’un ange et accueillies par l’époux et l'épouse de l’Evangile. Plus loin, se célèbre la fête des noces éternelles où Vibia est introduite par son bon ange. Vivement intéressé par les souvenirs classiques dont la présence était avouée par Bottari, le savant M. Raoul Rochette a fait du même monument l’objet d’une attention spéciale dans son premier Mémoire sur les antiquités chrétiennes (. Mém . Acad. Iriser., t. XIII), et ne craint pas d’appeler nos tableaux (p. 1 5 8 ) « une des peintures des catacombes la plus complète, la plus riche en détails curieux et intéressants, et, sans doute aussi, la plus voisine du berceau du christianisme. » L’interprétation de Bottari, qui lui « paraît infiniment plausible, » ne s’éloignerait de son idée (p. 147) « qu’en un point essentiel : c’est que la représentation du banquet céleste a dû être empruntée, dans tous ses détails (et non en quelques-uns seulement), d’une composition antique; » à plus forte raison les autres sujets. D’où il conclut que notre tombeau montre « de quelle manière une foule d’images et de symboles du paganisme avaient pu se glisser sur les monuments de cet âge, par l effet d’une longue habitude des artistes chargés de ces travaux, ou par suite d’une sage condescendance. »
Ni l’une ni l’autre de ces opinions ne purent satisfaire l’auteur des Monuments du christianisme primitif. Aussi, chargé du soin des catacombes, il n’eut longtemps rien plus à cœur que de retrouver les peintures, objets de ces discussions. Une nouvelle étude des figures et des inscriptions pouvait seule fournir une base certaine d’appréciation; mais dans le dédale infini des voies souterraines, comment retrouver ces peintures dont la place netait plus connue? Enfin, après cinq années d exploration, la torche des gardiens vint à leur rendre le jour. Le P. Marchi put enfin satisfaire son impatiente curiosité, et tenir la preuve des convictions qu’il s’était faites, convictions que M. Raoul Rochette partage aujourd’hui.
Il m’a été donné, à mon tour, de voir les originaux de mes yeux, et je puis par conséquent garantir la fidélité des dessins confiés au crayon exercé et sûr de M. Ruspi. Ce sont ces dessins que j’offre ici au public savant, avec les observations qu’une étude attentive m’a suggérées.
Les trois tombeaux dont nous allons réunir les inscriptions et les peintures, se trouvent rapprochés dans un petit corridor creusé presque au-dessous de l’antique chapelle -.Domine, quo vadis? J’en donne ici le plan avec l’indication des tombeaux dans l’ordre que