‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 6 sur 139 · HÆC EGO SI POT VI, S1T AI 1 1 1 1 TERRA I.EVIS · texte numérisé non relu

HÆC EGO SI POT VI, S1T AI 1 1 1 1 TERRA I.EVIS

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Colere sacra est un mot cl Ovide ( Amor . L. III, e!. 9). Colere mis tout seul est employé dans lancienne version du Nouveau Testament et a le même sens que céSiofai (Act. A/>., xv, 43; xvii, 4). Quant aux louanges adressées à Vincentius, elles ont beaucoup de rapport avec celles qu’une autre inscription, recueillie par le F. Oderieo, donne à un autre prêtre sabazien. On le félicite d’avoir saintement initié les adeptes à tous les mystères'.

Bien que le titre de sacrosancta se donnât généralement aux mystères, il indiquait d’une manière spéciale ceux de Phrygie. I /épitaphe de Marcus Phiionius Philomusus les nomme sacratissima (De Hammer, Mithr., p. 99). Le grand-prêtre était le pntcr sacrorum, 1 e sacrum tagma; les prêtres ordinaires, les prêtres sacres 2 ; les sectaires étaient les sacrati. Mithras et Sabazius sont lesanctus Deus dans une inscription (Cardinali, Iscriz. ant. ined., Bologn. 1819, 102), 1 e sanclus inv ictus dans une autre (Gruter, 342).

Je vois dans la désinence en is du nom de Sabazius une forme à la fois asiatique etalexandrine qui se retrouve dans les dialectes antiques de 1 Italie, d’où elle est descendue jusqu’au latin vulgaire

Et ce ne serait pas ici l’unique nom grécisé. Comme nous avons vu deux fois Vibies pour Vibiœ, nous aurions ici Sabazis pour Sabazii. Ce nom de Sabazius donné à Bacchus-Soleil se trouve écrit ailleurs Saêëa&oç3 4, Sebadiusi 6 et enfin Sebesius sur le bas-relief du Capitole. Cette dernière forme se rapproche beaucoup d eSabis, nom arabe du soleil d’après Pline (H. iV.,xii, 1 4) et Théophraste (//. Plant., IX, 4)G- Mais le mot de Sabasius est le plus en usage parmi les anciens auteurs7.

1 Sijll. p. 177 TOYTOIC EKTEAECAC MYCTHPIA nAN- TOTE CEMNfiC.

2 J’ai copié, a Misène, l’inscription suivante :

ivssv . 1 . o . M. D P COSSVTIO P. F P. N. A MAF O IEROTO SACERD....

3 J’cn ai recueilli plusieurs exemples dans V Histoire

d’Isernia.

* Orig. c. Cels., 1. 9. Apul. Met., 8, 170.

6 Macrob. Saturn., 1, 18. Arnob. c. Cent. , Jid. Firmicus

de err. pr. rel.

r‘ Sabis équivaut à Samis, de làlesSxpLoûbt, (S. Epipli. Iiœr. 53, n. 2), par le changement du b en m , changement usité chez les Orientaux , et notamment chez les Arabes, qui prononcent indifféremment Bccca et Mecca, Bagdad et Magdad , comme on voit IV^juIç et TvouÇi'î sur les Abraxas. Cf. Lobeck, Aglaoph., p. 290, n. 1.

7 Voyez Diodor. Sic., III, h. — Strabon, X, A76. — Josephe, Eabricii, Pseudo Epigr., 1A3, 327. — Porphyre, ep. ad Ancb., p. 3. — Jambl. , de Myst., III, 10, p. 71. — Photius, Lex., V/Eùoi c<xZA. — Aristoph. et sou Scholiast. Av., 873. — L’anonyme de Beeck. p. 203, Anecd. — Proclus, In Tim., IV, 251. — Hesychius, Lex.,V. fri;.

VINCENTIUS ET VIBIA.

Page 1