‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 61 sur 139 · LAGGE FILI BENE QVIESCAS MATER TVA ROGAT TE VT ME AD TE RECIP1AS VALE · texte numérisé non relu

LAGGE FILI BENE QVIESCAS MATER TVA ROGAT TE VT ME AD TE RECIP1AS VALE

Les lettres pqxv, pedes c/uadratos XV, seraient un indice presque certain de paganisme. Mais M. Mérimée (Voyage dans te Midi de ta France, p. 292) a publié une copie de cette inscription qui semble plus exacte et 11e présente pas ces lettres :

LAGGE FILI BENE QVIESCAS MATER TVA ROGATTE VT ME AO TE ACCIPIAS VALE.

11 me paraît difficile de considérer comme païenne la formule mater tva rogat ie vt me ad te accipias, et de

ne pas la rapprocher de toutes celles que nous avons citées.

1 Iscr. Velit., p. 215.

2 Perret, t. V, pl. XLVI.

3 A Bénévent et à Rome, on trouve deux inscriptions calquées l’une sur l’autre, et portant un caractère d’exagération inconnu aux chrétiens:

PARENTES INFEUCISSIM1 AMISSIONE EIVS PERPETVIS TENEBRIS ET QVOTIDIANA MISERABILI VLVLATIONE DAMNATI

Fletwood, 252, U. Beneventi.

PARENTES INFELICISS AMISSIONE EIVS PERPET TENEB ET QVOTIDIANA MISERABILI VLVLATIONE DAMNATI.

Fletwood, 254, 2. Romce.

4 Muratori, MDCCCXXXIII, 6.

6 Hist. ecct., VI, 5.

6 Foggini. p. 88.

INSCRIPTION D’AUTUN

On doit remarquer dans l’inscription d’Autun deux parties très-distinctes. La première, composée des six premiers vers, est écrite dans le mètre élégiaquc, avec le mot 1X0 TC en acrostiche, et comme conclusion le vers sacramentel :

EitÔi e, 7TÏV£ Astëciüv, I yjlvv ’éyw Ttccldpoaç 1 .

La seconde comprend cinq vers hexamètres. Le sens aussi bien que le mètre change entre ces deux parties, car la première se rapporte tout entière à l’Eucharistie et la seconde contient l’épitaphe collective de la famille d’Asehandéus. Enfin la première est fort élégante, et conçue dans une langue très-pure, tandis que la seconde contient des fautes de langue telles que hlou'u pour hlaiopxi, IlsjtTopiovo pour Uey.zo^i'oio, et des formes d’une basse grécité, comme pvfaeo pour pvrjaQi, et porte l’empreinte d’une main moins familiarisée avec la langue grecque

De cela il résulte, ce me semble, que celui qui a composé l’inscription tumulaire d’Aschandéus a cité en tête de cette épitaphe, comme profession de foi contre les païens et les gnostiques, un petit poème dogmatique renfermant l’expression des vérités les plus augustes du Christianisme et composé par un auteur plus habile, soit contemporain, soit plutôt antérieur.

Que les chrétiens aient plus d’une fois rendu témoignage de leurs croyances sur leurs tombeaux par des inscriptions telles que II1CTOC EK IIICTwN3, FEDE CVSTITVTVS4, CREDO RESVSC . . . 5, ou IN CHRISTVM CREDENS \ c’est là un fait déjà fort intéressant pour la défense de mon opinion ; mais il est bien plus curieux de voir toute une classe d’inscriptions, particulièrement du royaume de Naples, sur lesquelles mon attention a été appelée par mon savant ami, M. Ed. Le Blant, et qui portent comme profession de foi, soit au commencement, soit à la fin, les fameux versets de Job 7 : Scio enim quod redemptor meus vivit, et in novissimo die de terra surrecturus sum : — et rursus circumdabor pelle mea, et in carne mea videbo Deum meum, de même qu ici sont placés en tète les trois distiques contenant l’expression du dogme. Je crois devoir donner le texte de ces inscriptions, car personne n’a signalé jusqu’ici cette formule intéressante; je commencerai par celles qui portent le verset en tête:

4 On ne doit donc pas, d’après cela, se préoccuper de trouver une fin à l’acrostiche des premiers vers, comme l’ont fait D. Pilra, Franz et M. Dübner.

2 Cette distinction entre les deux parties de l’inscription d’Autun a été faite pour la première fois par mon père dans le Mémoire encore inédit auquel nous allons

tout à l’heure emprunter quelques pages.

3 Muratori, MCMLXIV, 6.

* Mus. Ver., p. 359.

6 Muratori, xMDCCCLVII.

6 Id. MM., 1.

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