‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 62 sur 139 · XIX · texte numérisé non relu

XIX

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

CREDO QVIA REDEMPTOR MEVS BIBIT ET IN NOBISSIMO DIE DE TERRA SVSCITABIT ME ET IN CARNE MEA VIDEBO DOMI NVM MEVM EGO BASILIVS FILIVS SAUBVDI E GREGORIA CONIVGE VIVVS DVM IREM IN MANDATVM IPSORVM MALVS HOMO APPREHENDIT ET PORTABIT ME IN RIBVM ET OCCISIT ME MORTEM CRVDÊLEM INFAN TIAE MEAE ANNORVM DVODECIM IND XIV MENSIS MAGI DIE XXVI1.

CREDO QVIA REDENTOR MEVS VIBIT ET IN NOBISSIMO DIE DE TERRA SUSCITABIT ME ET IN CARNE MEA VIDEBO DEVM MEVM HIC REQVIESCIT IN PACE EVPHIMIA ET IOH VIR EIVS ET CAETERI FILM EORVM

CREDO QVIA REDEMTOR MS VI VIT ET IN NOVISSIMO DIE SVSCITA VIT ME HIC REQVIESCIT IN PA CE VENERIV ?RB QVI VIXI ANN QVADRAGINTA DVO DEPOSIT EST DIE XI M FEB IND VIII QHT.M VIOL HABE AT ANATHEMA AD CCCXVIII PAT PVERB DN SERGIV B EPC PORT CIVD$ AD DÎT KT IHV“ XP3.

.le ne connais qu une seule inscription terminée par ce verset :

IN SOMNO PACIS LAVRENT SEV QVI VIXIT ANN LX DEP SVB DIE XXVI MENS MARTII IND V ET IOHANNA CONIVX IVS QVAE VIX PL M AN LXXV DEP SVB D....M.... IND.... CREDIMVS QVIA REDEMPTOR NOSTER VIVIT ET IN NOBISS.... DE TERRA SVSCIT ET IN CARNE NOSTRA DOMINVM NOSTRVM REDEMPTOR '.

* Muratori, MDCCCXLI, 5.

Credo quia redemptor meus vivit et in novissimo die de terra suscilahit me, et in carne rnea vidcbo Dominum meum. Ego Basilius fdius Salibudi e Gregoria conjuge, vivus dura irem in mandatum ipsorum, malus liomo apprehendit et portavit me in rivurn et occisit me, mortem crudelem infanliae meae. Annorum duodecim. Indictione X IV, mensis Maji die XXVI.

7 Muratori, MDGGGLXV, 1. — Nous avons déjà cité la dernière ligne de cette inscription, p. 123.

‘ Muratori, MCMLV, 1.

Les dernières lignes de l’épitaphe du prêtre Venerius sont fort difficiles à lire ; on y distingue cependant très-

clairement une formule comminatoire qui se retrouve sur quelques inscriptions de la même époque, et dans laquelle on menace de l’anathème des Pères du concile de Nicée les violateurs de sépultures : <?«< h me yumuhm vioua« habeat

ANATHEMA AD CCCXVIII Pktres.

* Muratori, MDCGIC, 1.

In somno pacis Laurentius Severus gui vivit annos LX, depositus sub die XXVI mensis Martii inductione V, e( Johanna conjux ejus guae vixil plus minus annos LXXV > deposita sub die... mensis... indictione... Credvmus quia redemptor nosler vivit, et in novissimo die de terra suscitabit [ nos ], et in carne nostra dominum nostrum redemptorem [vide mus].

INSCRIPTION D’AUTUN

Ee choix fait pour graver sur une pierre tumulaire d'une profession de foi chrétienne entièrement relative à l’Eucharistie et au Baptême dans le sens le plus étendu de ce mot, mérite toute notre attention. Souvenons-nous i[ue l’Église a toujours rapproché le dogme eucharistique des espérances chrétiennes et de la croyance à la vie éternelle, et quelle a toujours regardé cet auguste sacrement comme le gage de l’immortalité bienheureuse. Cette croyance que l’Évangile nous enseigne par les propres paroles de Jésus-Christ 1 a été admirablement exprimée par saint Irénée dans le passage suivant : .< Pour nous, notre doctrine « est en harmonie avec l’Eucharistie et l’Eucharistie confirme notre doctrine; car, en offrant « à Dieu ses propres dons, nous proclamons une communion, une intime union, et nous “ confessons la résurrection de la chair et de f esprit. Et de même que le pain terrestre, en

“ recevant l’invocation de Dieu, n’est plus un pain commun, mais l’Eucharistie de même

•< nos corps, en recevant l’Eucharistie, ne sont plus corruptibles et possèdent l’espérance de « la résurrection 2. »

Après ce passage, je n’aurais rien à ajouter, cependant je ne peux résister à mettre en regard de l’inscription d’Autun un des plus curieux monuments des Catacombes. Je veux parler du tombeau de Vincentius et de Vibia au cimetière de Saint-Prétexîat 3, tombeau dont il a déjà été question dans les Mélanges d Archéologie. Ce sépulcre bizarre a donné lieu à diverses interprétations, et tout dernièrement encore le R. P. Garrucci a tenté de démontrer le paganisme des peintures qui le décorent. Avant la publication du travail du R. P. Garrucci mon père avait écrit un Mémoire dans le sens contraire, tendant à démontrer le christianisme des mêmes peintures. Ce Mémoire, lu à la Société des Antiquaires de France et à l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, est jusqu ici resté inédit. J’y avais emprunté la partie relative à la composition centrale de larcosolium de Vincentius et de Vibia. Aujourd’hui qu’il s’est agi de publier mon Mémoire sur l'inscription dAutun, mon père m’a encouragé à faire encore usage de son travail, et pour m’y autoriser et me soutenir du poids de sou opinion, il a bien voulu adresser au R. P. Martin la lettre qu’on lira à la suite de ce Mémoire. Cela suffit pour justifier l’emploi que je fais des peintures du cimetière de Saint-Prétextat ; je laisse maintenant la parole à mon père et j’emprunte à sa dissertation les pages suivantes :

1 Hic est panis (le cwlo desctiulens : ut si (pus ex ipso manducaverit, non monatur. Joli., VI, 50.

2 IV,3A. — Laformule pie zeses, ttU ÇrisEiç, ou piete zesete, icUlt Çvach, si commune sur les verres chrétiens des Catacombes, et dont j’ai découvert un fragment indubitable zes, sur un tesson de poterie dans le baptistère chrétien de la Chapelle-Saint-ÉIoi (Cf. Ch. Lenormant, Decouverte d’un cimetière mérovingien, p. 12), est inspirée par les mêmes idées.

3 Perret, t. I , pl. LXX.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

« J’arrive à la partie capitale de la composition, à ce banquet des bienheureux qui n’est « pas, comme l’ont pensé les précédents interprètes, une agape des premiers chrétiens, mais « c e festin nuptial de l’Agneau, dont il est dit dans l'Apocalypse 1 : Beali qui ad coenarn nupliarum « Agni vocati sunt 1 2 *. Dans l’hymne de la fête de Saint-Etienne qui appartient aux plus an- « ciennes parties du Bréviaire romain, la béatitude céleste a été désignée par la fête v nuptiale de l’Agneau :

Servire mensis pauperum Id muner is quondam lui :

Conviva nunc dignus Deo Mensis supernis adsides.

Tu nupliali splendidus Tui cruoris purpura,

Ad immolati transvolas

Admissus Agni nuptias. •

« On les voit couchés autour de la table disposée en demi-cercle, désignés par 1 inscription « IVDICIO IVDICATI \ La première figure, en commençant par la gauche, est celle d’une femme couronnée de fleurs comme le bon ange de Yibia. L’homme barbu qui vient ensuite «* porte , outre la couronne de fleurs, un riche vêtement (la robe nuptiale de la parabole4), « un collier ou une guirlande; dans sa main droite élevée estime grappe de raisin. C’est « Varchitriclin des noces de Cana, ou plutôt c’est le divin Epoux dont on célèbre les noces. « Vibia, V I B I A , qui paraît ensuite, a le costume des femmes chrétiennes sur les plus an- « ciennes peintures des Catacombes ; elle est l épouse de l’Agneau, ce qui paraît indiquer une « vierge. On a cru discerner des marques de désespoir dans le geste des deux personnages, « un jeune homme et une femme, qui viennent après Vibia; mais le deuil est nécessairement exclu du séjour de la béatitude. La femme pose évidemment une couronne sur sa « tête; le mouvement du jeune homme, qui porte la main à ses cheveux, doit s’expliquer de < la même manière. A l’extrémité de la table est un autre jeune homme qui étend la main « vers un plat qu’on a posé devant lui.

« C’est maintenant l’objet que ce plat supporte qui doit fixer notre attention. A gauche ■< est un autre plat au milieu duquel est un pain. A droite, on voit une amphore posée sur son « trépied. L’idée que révèle l’amphore se complète par la grappe de raisin qu’on a pu re- « marquer dans la main de l’époux. Le pain et le yin indiquent évidemment les espèces de « l’Eucharistie, et le poisson dessiné sur la paropsis intermédiaire, ce symbole mystique de

1 XIX, 9. 8 Cf. Malt., VII, 2. In quo cnini judicio judicaveritis,

2 Cf. aussi le Ps. XLI, 5. In voce exultationis et con- judicabimini.

fessionis : sonus epulantis. 4 Matt. , XXII, 11.

INSCRIPTION D’AUTUN

» Jésus-Christ, le sauveur des hommes, achève de déterminer l’intention de la scène que « nous avons sous les yeux.

“ Au-devant de la table eucharistique, sont trois personnages imberbes. Le premier, en com- .1 mençant vers la gauche, étend les bras en signe de désir'. Celui de droite, à genoux, indique du « doigt le point central de la scène, et au milieu, est un troisième éphèbe qui, penché vers la « terre, semble boire avec avidité une eau recueillie dans le creux de sa main : du moins est-ce « ainsi que sont représentés les Hébreux qui s’abreuvent, dans les peintures chrétiennes qui ont pour sujet le frappement du rocher \ Le dessin de la source a disparu ; mais les bou- « quets de verdure dont tout le sol est parsemé indiquent la fraîcheur d’un terrain bien arrosé, i< et nous n hésitons pas à restituer ce détail qui manque au dessin dont nous nous occupons.

« Je n’ai pas besoin de rappeler ici tous les textes de 1 Ecriture où se trouve la métaphore « des eaux vives appliquée aux idées de la grâce et de la béatitude. Il me suffit de citer le i< verset de l’Apocalypse qui a exercé une si grande influence sur les compositions des artistes « chrétiens primitifs : Quoniam Agnus qui in medio throni est, regel illos et deducel eos ad vilae fontes aquarum :. Le geste du premier personnage s’explique très-bien par le célèbre verset du Psalmiste : Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum '. Mais ce que j’ai surtout ii besoin de mettre sous les yeux du lecteur, c’est l’analogie que présente la composition qui nous occupe avec l’inscription métrique d’Autun.

<• On n’a pas assez remarqué, je pense, que l’inscription d’Autun se compose de deux « parties, l’une plus élégante, et probablement plus ancienne, qui comprend en trots dis ti— « ques l’acrostiche du mot IX0YC avec une conclusion pour le sixième vers, l’autre partie, plus embarrassée et moins correcte, écrite expressément pour servir d épitaphe au per son - « nage à qui le marbre était dédié.

« Envisagés à ce point de vue, les six premiers vers nous apparaissent comme une profession complète de la foi chrétienne, exprimée dune façon mystérieuse, ainsi qu il « convenait à une époque où la nécessité imposait la discipline du secret. Or, ce qui caractérise « cette profession de foi, cest l’indication des deux principaux sacrements, le Baptême et « 1 Eucharistie, en donnant à la vertu des eaux du baptême toute 1 extension symbolique que « comporte la perpétuelle diffusion de la grâce divine.

« Ne dirait-on pas que le peintre du tombeau de N ibia avait sous les yeux ce texte précieux « quand il associait dans sa peinture la source des eaux divines au banquet eucharistique/

1 D’après la planche du R. P. Garrucci, c’est un ministre du banquet qui apporte une volaille. Ce dernier objet est indécis. Ne serait-ce pas plutôt l’agneau de la Pâque?

2 Perret, t. I, pl. LVII.

3 Psalni. VII, 17.

4 XLI , 2. Cf. la parole du Sauveur : Si quis suit, veniat ad me, et bibat. Johann., VII, 37.

« Après un tel rapprochement, il n’y a plus d’hésitation possible sur le caractère parfaitement k chrétien de cette peinture. »

I). Pitra et le R. P. Secchi, dans leurs intéressantes recherches, se sont efforcés de faire remonter le marbre d’Autun jusqu’au commencement du IIIe siècle, lors de la paix dont jouit l’Église pendant le règne d’Alexandre Sévère et de Philippe. MM. Borret et Leemans placent même encore plus haut son exécution; selon eux, on doit la fixer au IP siècle vers le temps des Antonins.

Franz n’est pas du même avis; selon lui, le petit poème doit bien être du IIP siècle, mais « on ne peut rien tirer de la langue et de la configuration des lettres pour fixer avec plus de « précision le temps de son origine '. »

Le premier, dans une Note sur un amulette chrétien conservé au Cabinet des Médailles, insérée dans les Mélanges d Archéologie 2, j’ai émis sur le titulus d’Autun une opinion opposée à celle des premiers commentateurs et dans laquelle je crois devoir persister. Pour moi, ce monument capital ne doit pas être antérieur aux dernières années du IIP siècle ou aux premières années du IVe, jusqu’en 35o, au temps où l’Eglise commença à jouir delà paix dans les Gaules,

sous le gouvernement de Constance Chlore et même sous celui de Constantin.

Recourons d’abord à la paléographie et voyons quelles données nous fournira la forme des lettres employées dans l’inscription :

« L’allongement des caractères onciaux que nous remarquons dans l’inscription de Pecto- « rius, » disais-je dans le travail que je viens de mentionner, « règne partout dans l’écriture “ grecque soignée du VIe siècle ; moins abondant au Ve, il est très-rare au IVe, et reste complètement étranger au IIIe, excepté dans le dernier quart, et cette seule observation suffirait « pour ne pas faire remonter plus haut le titulus d’Autun. »

Je n’ai que peu de choses à ajouter à ces lignes qui ont obtenu l’approbation de nos épigraphistes et de nos paléographistes les plus éminents. Je me bornerai à faire remarquer des caractères d’une époque assez basse sur lesquels je n’avais pas insisté dans les Mélanges dar-

rhéologie. Telle est la forme du ï et celle de l v,^ ; telle est cette double manière de

n.. ji

figurer soit le g,

La multiplicité des suscriptions est aussi très-frappante sur ce monument; et, de même

Christliches denkmal, p. 34-35.

2 T. III, p. 156.

INSCRIPTION D’AUTUN. 133

que l’allongement du caractère rappelle étonnemment l’écriture de certains manuscrits et mssi de quelques inscriptions de 1 époque byzantine. On remarque encore un grand nombre

de leltres en plus petit caractère placés entre les autres lettres, 1’

r-.tr ,13,,., ‘An un

ATIB'N Ê

(I. 5), l’i dans le nom de Pectorius (I. u),

ACŒf'

le ViWIVÀ/ ( I- 1 3 ), et l’o J (I. 7), qui, contrairement à l’usage des inscrip

tions de bonne époque, est partout, excepté en deux endroits, du même corps que les autres lettres. Mais ce qui est encore plus frappant, ce sont les lettres qui sont placées au-dessus des

autres, comme dans

COIN Mofîo, .

et surtout celles qui sont dans

1 intérieur, comme nous le voyons au mot I w (1. 8). Tout cela dénote une origine assez basse et fournit encore à mon opinion des arguments nouveaux.

L’inscription avec laquelle notre titulus d’Autun présente le plus grand rapport pour la forme des caractères, est celle d’ 'Oppnzmg, provenant de Mégare, qui est encastrée dans le mur du vestibule des imprimés à la Bibliothèque impériale '. Cette inscription agonistique, renouvelée d’une beaucoup plus ancienne et que M. Bœckh considère comme étant environ du Ve ou du VIe siècle de notre ère, me parait appartenir au milieu du Ve; mais la forme des lettres, si on l’étudie avec attention, est moins pure et moins belle que dans le titulus d’Autun et marque la différence d’environ un siècle que nous plaçons entre ces deux monuments.

•le ne m’arrête pas aux fautes d orthographe , hracÇop.e, xpwe, Aayxvâle ; on en trouve de pareilles à toutes les époques. Ce qui est plus intéressant pour nous, ce sont les fautes de langue, hlaî cù, Ils/.roptojo, qui indiquent une date plus récente que celle que mes prédécesseurs ont assignée à cette inscription, et la forme de mauvaise grécité pivriaso pour ptvÿjaQt, qui ne se trouve guère que dans les Pères de l’Eglise.

1 Boeckh, Corpus inscriptionum Grcccarum, n° 1050.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Le témoignage de l’histoire s’accorde-t-il avec les données que nous a fournies la paléographie? Pour l’examen de cette question, je retracerai en peu de mots les principales époques des annales primitives de léglise Eduenne.

Etabli pour la première fois dans la cité d’Augustodunum, à la suite des prédications de saint Irénée et de ses disciples, le christianisme se trouva bientôt dans le pays des Eduens aux prises avec une terrible persécution dans laquelle saint Symphorien reçut la palme du martyre. Quand, après bien des années de souffrance, l’influence protectrice de Julia Mammaea rendit pour quelque temps la liberté aux chrétiens, l’église d’Autun ne put guère profiter de cette paix universelle; la persécution, plus acharnée et plus sanglante que partout ailleurs, avait presque entièrement déraciné le christianisme dans cette partie de la Gaule lyonnaise. Ce n'est qu’un peu plus tard, lorsqu’au milieu du IIIe siècle, vers le pontificat de saint I abien, saint Saturnin, saint Denys et cinq autres évêques vinrent pour évangéliser les Gaules1, lorsque saint Behigne porta le christianisme à Dijon et dans toute la Bourgogne 2 * ; c’est alors seulement que la vraie religion refleurit à Augustodunum et (jue cette cité eut son premier évêque, saint Amator.

Après la persécution de Maximin pendant laquelle le consulaire, consularis per Gallium, P. Licinius Valerianus, le même qui fut plus tard empereur, sévit dans la Lyonnaise et fit souffrir le martyre chez les Eburoviques à Eutychia, mère de saint Taurin , auquel il infligea aussi le supplice des verges4; après cette persécution, qui compta peut-être des victimes chez les Eduens, car on ne sait, bien positivement, si on doit placer saint Floscelle dans la première ou dans la seconde Lyonnaise5; après les désastres du temps de Postume et de Tétricus, et les ravages des Bagaudes qui brûlèrent la ville et renversèrent ses édifices; le règne d’Aurélien est signalé par de nouveaux martyrs, dont le plus illustre est 1 évêque saint Bévérien ?.

Enfin, Constance Chlore monte sur le trône, les Gaules respirent, l’ordre se rétablit partout. Augustodunum, particulièrementcher aux Fia viens par sa constance et sa fidélité inébranlable, voitrevenir sa première splendeur, les monuments se relèvent, les écoles Méniennes se rouvrent sous la direction du rhéteur Eu mène.

1 Gregor. Tur. , Hist. , I, 28. De gior. conf, 30. — Act. S. Saturn. — Fortunat. , II, 9.

2 Cf. la belle dissertation de M. Roget de Belloguet sur

les Actes et la Mission de saint Bénigne, publiée à la

suite de ses Origines dijonnaises, p. 184 et seqq.

5 Cf. Ch. Lenormant. Decouverte d'un cimetière mérovingien, p. 8, 26.

4 Vit. S. Taurin, ap. Rolland.

Cf. Ch. Lenormant. Op. cit. , p. 7, 22 et seqq. et passim.

5 Sur le martyre de ce saint, Cf. Ch. Lenormant, Op. cit., p. 30.

0 Eumcn. Pancg. sec. ad Const. Aug. pro grat. act. 4 ; Orat. pro restaur. schol., 4.

7 Usuard. Marlyrolog., a. d. 1 J un.

INSCRIPTION D’AUTUN

En même temps, sous l’influence protectrice de Constance Chlore, le christianisme se développe et se fortifie. De nombreux fidèles se réunissent autour de saint Rhétice,que la famille de Constantin honore du plus grand respect, et pendant la persécution qui éclate bientôt après, grâce à l’influence du saint prélat Rictius, Yarus ne peut étendre ses cruautés jusqu’à Autun.

C’est à cette époque seule ou au plus tard au règne de Constantin, qui continua et agrandit encore après sa conversion l’œuvre de protection de son père, qu’on peut rattacher le marbre d’Autun, à cette époque où déjà l’Église jouissait de la paix , mais où le disciplina arcani était encore en vigueur et encore nécessaire. Ainsi les données de l'histoire confirment celles de la paléographie.

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