‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littérature (volume 2)Chapitre 75 sur 139 · ANCIENS TAV · texte numérisé non relu

ANCIENS TAV

J1,x ex(;i émités de la traverse. Nous trouverons dans le sujet central une opposition souvent

Fig. 35.

Fig. 36. (A. M., d'ap. l’orig., grand, nat.)

reproduite depuis lors entre les humiliations et les grandeurs de Jésus-Christ, conformément

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

à ces paroles de saint Paul ( Philip ., Il, 7) : Semetipsum exinanivit formam servi accipiens....

propter quod et Deus exaltavit ilium , ou plutôt, conformément à la parole du Sauveur

lui-même (Pue, XXIV, 26) : Nonne liœc oporluit pâli Chrislum et ila intrare in gloriam suam? D’un côté, le Fils de Dieu est en croix, la tête affaissée du côté de sa Mère. Vous ne lui verrez point les traits convulsifs, la bouche ouverte et les formes amaigries que les statuaires et les peintres des derniers siècles nous ont habitués à voir dans le divin Crucifié. L’art du XIe siècle était sans doute moins savant, mais il puisait à des sources plus hautes un idéal plus beau. L’artiste 11e perd pas de vue que le Sauveur mourant est un Dieu qui meurt, et vous le comprenez au calme de son repos, à l’éternelle jeunesse de ses traits et au nimbe glorieux remplaçant la couronne d’épines. Comme la merveille du christianisme au moral est d’embellir la douleur par l’amour divin et de rendre aimable la mort même par l’espérance, un secret instinct portait l’artiste chrétien, soit des catacombes, soit du haut moyen âge, à rendre cette merveille sensible par la plastique et la peinture. Qu’on me permette de gémir de ce que l’art ait quitté cette noble et poétique voie pour se perdre dans l’étude mesquine de la réalité physique 1 Je ne voudrais pas, pour mon compte, qu’on parlât .jamais de mort sans parler aux justes d’espérance ; qu’on montrât le Sauveur en croix sans le nimbe divin qui indique sa toute-puissance dans la mort, ou sans la tête d’Adam, ou bien le calice, qui expriment la rédemption, ou sans la main divine, ou bien le serpent vaincu, qui annoncent la victoire sur l’enfer, ou enfin sans la couronne, qui rappelle la récompense céleste, idée rendue sur notre tau par la représentation de Jésus-Christ dans sa gloire (fig. 36). Assis au sein de X inaccessible lumière de la divinité, le Sauveur est entouré de ses anges, qui viennent de le transporter sur son trône, et, tenant le livre de sa loi, qui doit servir au jugement suprême, il enseigne et bénit.

Sur la monture d argent sont gravés des mystères intermédiaires entre celui du Calvaire et celui de l’Ascension : l’ange assis sur le tombeau ouvert annonce la résurrection aux trois Maries, un autre ange vole annoncer aux justes des limbes leur délivrance, et Jésus- Christ lui-même, le nouvel Adam, vient prendre par la main le premier père des humains pour l’introduire dans les Cieux avec sa postérité fidèle. O11 lit au sommet de la plaque d’argent: -f RELIQVIE SCE MARiE E STi CRISTOFORI. Le but de la monture était donc de protéger de saintes reliques. Les crosses à reliques, en effet, n etaient pas rares. La bénédiction divine attachée aux restes mortels des élus en faisait désirer partout la présence. On les plaçait sous les autels et sur les autels, dans les trésors, dans les porches d’église; on en gardait dans sa demeure, on les portait sur sa personne; l’évêque ou l’abbé en conservait dans sa croix pectorale et souvent il en recueillait dans sa crosse... Ainsi le célèbre saint Dunstan, de Cantorbéry, ayant brisé son bâton en combattant une apparition du démon sous la figure d un ours, ainsi que le moine Osbertle raconte dans sa vie, il en fit faire un autre plus solide et

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