ANCIENS T AV
comme celui deté, à gauche sur la ligne supérieure, mais dans une case moins haute. Nous avons vu le Sagittaire, la tête et l'arc inclinés, achevant le dernier pas de la descente dans les Cieux inférieurs, et voici qu’au contraire le Capricorne de décembre, la tête et les mains élevées, essaie de rendre le mouvement du soleil au moment où l’astre recommence l’ascension du ciel. C’est, je pense, pour suivre la même pensée que le Verseau de janvier dirige l’eau qui s’épanche de son urne vers les Poissons de février, logés dans une case plus élevée, tout auprès du Cancer. Ces deux mois, février et juin, annoncent ou commencent les deux saisons les plus propices à la terre et à l’homme.
Tout autour des animaux célestes, s’agitent sous les rayons du soleil les animaux qui peuplent la terre: le lièvre sort de sa tanière, l’oiseau étend scs ailes pour prendre son vol, le chien se met en arrêt, la bête féroce guette sa proie, elle se tapit dans sa tanière durant le froid; sous la chaleur elle court haletante; et l’on dirait, à la hauteur du tropique du Cancer, les chiens de la Canicule prêts à s’entre-dévorer. Ce sont les images dja monde inférieur, où domine la mort, introduite par le péché, et elles servent de contraste à l’ordre des mouvements célestes. Aussi bien, qu'étaient l’année, les saisons, le ciel et son flambeau pour le clerc du moyen âge, formé à l’école de saint Isidore? L’hiver1 était l’image des tribulations où nous plongent les orages et les violences du siècle; l’été était celle des épreuves de la foi au milieu de l’atmosphère desséchante des erreurs, et le printemps, au contraire, était celle du renouvellement religieux des âmes, de la paix rendue à l’Église et des fleurs des vertus embellissant la terre des saints. En un mot, le ciel tout entier était la figure de 1 Eglise2 où les vertus des saints brillent dans la nuit de ce monde comme les étoiles étincellent au firmament : les Cieux étaient plus en particulier la figure des prophètes et des apôtres, dont il est dit : les Cieux racontent la gloire du Seigneur , parce qu’ils ont annoncé la venue, la mort, la résurrection et la gloire du Christ. Et, dans les Cieux, qu’était le soleil au point de vue chrétien, sinon la figure du Christ luimême3? Comme le soleil, le Sauveur du monde a eu son aurore et son couchant; selon la chair, il est né pour mourir; mais, selon l’esprit, descendu au couchant il s’est relevé à l’aurore,
1 S. Isidori, Opp. ed. Arevaio, T. VII, p. l/i. De nalura rer. C. VII. Juxta allegoriam, hiems temporalis intelligitur tribulatio, quando tempestates et turbines sæculi incumbunt. Æstas est fklei persecutio, quando doctrina perfidiæ ariditate siccalur. Ver autem imitas est fidei, sive pax, quando post hieniis tribulationem tranquilli tas Ecclesiæ reddilur, quando niensis novorum, id est, pascha Agni celebratur, quando terra floribus, id est, Ecclesia sanctorum cœtibus decoralur.
2 Cœlum spiritualité!' Ecclesia est, quæ in hujus vit* nocte sanctorum virtutibus, quasi claritate siderum, fulget.
Pluralitcr autem cœli nomine sancti omnes, vel angeli intelliguntur. Siquidein per cœlos etiam prophetas et apostolos accipere debemus. De quibus scriptum est : cœli
enarrant gloriam Dei : utique quod ipsi adventum , et inortem, ipsi quoque resurrectioneni Christi, et gloriam mundo annuntiaverunt.
s Juxta spiritualem intelligentiam sol Christus est, sicut in Malachia scriptum est : Vobis autem credentibus justitiæ sol orietur, et sanitas in pennis ejus (c. IV, v. 2). Merito autem Christus sol intelligitur dictus : quia ortus occidit secundum carnem et secundum spirilum de occasu rursus exorlus. Item sol illuminât, et exurit, et opaco tempore confovet sanos, fébricitantes vero flagrantia geminali caloris incendit : ita et Christus credentes fidei spiritu végétante illuminât, negantes se æterni ignis ardore torrebit.