‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littératureChapitre 112 sur 149 · X. bessout ; baissait · texte numérisé non relu

X. bessout ; baissait

42 Y. pior ; X. pcor, comme dirait un Espagnol.

43 Peut-être aurais-je dû lire te vangire ; ital. vangelo. X el i écrivent évangile sans changer la rime correspondante.

44 Y. laiscz: X. lessiez.

45 X. veile; Y. voile.

46 Gouvernad ? au moins disait-on vernal.

47 Y. povons ; X. paissons.

48 A la nage ; Y. à nou.

OBSERVATIONS

L’ibis, car il n’est guère douteux que ce soit lui, figure ici bien déchu du rang honorable où l’Égypte l’avait placé (Cf. Leemans, /. cit. , p. 2 AG, sq. ; 368. — Plin., X, AO, al. 28; et nott. in h. /. ). Mais, oulre que les Égyptiens paraissent s’être beaucoup exagéré les services de cet oiseau, il pouvait bien ne pas jouir du même crédit chez les Orientaux, ne fût-ce que

BESTIAIRES (PL XXI, XXX)

comme inventeur d’un remède (Plin. , VIII, Ixl, al. 27 ; et nott. in h. L, etc.) que plusieurs d’entre eux repoussent encore avec dédain (Cf. Sichel, Revue archèolog., 18A6, p. 228). Après les lenteurs de la science pour retrouver le véritable ibis, on sera indulgent sans doute envers le moyen âge, qui en fait communément un grand échassier et suppose qu’il se nourrit de cadavres (Cf. supra, p. 203, note 1). Cependant il est très vrai qu’il ne peut point nager, et que sa nourriture est assez peu délicate. Tychsen (p. 102-106, 78), écrivant à une époque où les recherches de Savigny et de G. Cuvier n’avaient pas encore fixé ce qu’il fallait entendre par ibis, s’est trouvé assez embarrassé pour se déterminer sur le véritable oiseau qu’avait honoré l’Egypte, et cet embarras lui fait honneur ; aujourd’hui ces difficultés n’existent plus, et tout le monde sait à quoi s’en tenir. Aussi l’ibis a-t-il été tellement réduit par les naturalistes à sa plus simple expression, que les serpents ailés dont il purgeait l’Egypte pourraient bien être tout uniment des chenilles ou autres larves, au lieu des basilics ou des scorpions volants.

32 (Fig. AI).

LI GOLPIS REINART1.

Une beste est qui est apelés goupils. Phisiologes nos dist que il est moult tréchière2, et plain d’enging 3; ne nule ore ne va droite voie. Il est de tel nature, que quant il a fain, et il ne trueve que mangier, il se volope 4 en rouge tère 5 si qu’il pert ( apert ?) 6 estre sanglans. Puis s’estent envers 7 à terre, si comme il fust mors, et retient s’alaine 8 *; et enfle soi si que il ne solde ne pou ne grant, et laisse sa langhe pendre dehors sa bouce. Et li oiselqui le voient issi 11 gésir goule baée 10, estendu à la terre si laidement en boe, et enflé, il quident que il soit mors.

1 B. Uu (jour pii (S. goupix). Li gourpiu est moult tri-

clierres, etc. On connaît le poème Ueinliardus vulpes, et la

nombreuse lignée de poèmes qui ont suivi la première don-

née. Le personnage mis en scène sous le masque de l’animal

(reinard, renoard, renauld) a fini par supplanter l’animal lui-

même dans notre langue ; tant cette satire avait eu de po-

pularité chez nous ! Tout en respectant les doctes recherches

faites par les Flamands pour revendiquer la propriété de

cette œuvre littéraire, qui pourrait bien cependant appartenir

aux pays wallons, je ferai remarquer que dès le douzième siècle Jacques de Vitry, abbé d’Oignies (dans le pays wallon), constate déjà l’effet de ce roman satirique sur le langage français. Parlant des confessions faites sans véritable repentir, il dit (Serm. culpueros et adolescentes, sub (in.) : « Hæe est confessio vulpis, quæ solet in Francia appellari confessio

Renardi, etc., etc. « Le fait est que jusqu’en Provence et en Languedoc le nom historique a fait disparaître le mot zoologique. Et maintenant, de toutes les formes anciennes du vieux mot gourpil (goupil, verpil , etc.; lat. vulpe-

cula, vulpes), l’usage commun n’a guère conservé en France que goupillon; comme qui dirait queue de renard, de même que l’on désigne une sorte de balai sous le nom de tête de-loup. Je ne parle pas des noms de lieu, comme la Verpillière, etc.

2 Perfide, tricheur.

3 Finesse, ruse, invention ; ital. inganno. La fin de cette phrase doit avoir été empruntée aux mêmes sources que cette addition du manuscrit D : « Et nunquam recto itinere, sed « fraudulentis ettortuosis anfractibus currit. »

4JR. s’envolope; S. s’envelope.

5 R... terre toz envers, corn s’il fust mors, et retient sa laine, et enfle soi, qu’il ne soufle noient, etc.

6 S. si que il sambte.

7 A la renverse? ou tournant le dos à la terre.

8 Son haleine ; ital. lena.

9 Ainsi. R... le voient si enflé et si rouge gésir envers, goule baée.

10 La gueule béante.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

Lors volent li oisel a lui, et s’asient 11 sor lui ; si li quident mangier la langhe et la char de lui. Et al si tost que li oisel sont sou {sor?) lui asis, ou si près que'il les puet aerdre12, il les prent maintenant as dens et as piés, et les estrangle et mangue.

Geste beste porte la figure al déable, car il se faint à estre mors à tos vivans selonc la char. Se li diables a les péceors en son goitron 13, il sont 14 mors as parfais en foi. Cil qui traveiller voelent en ses oevres, il désirent à estre engraissié de char ; c’est à entendre des oevres al diable : fornication, homecide, luxurious, faus tesmoins. Dont li Apostres dist 15 ; se vous virés 10 sclonc la car, vos morrez ; se vous mortefiés la char , vos vivrés. Cil qui carnèlement vivent sont parchonier 17 al deable, et porriront 18 avoec lui. Dont David dist 19 : Il entreront ès basèches 20

de la terre, et seront livrés ès mains d’espée 2 1 .

11 Se posent. R. si s'assieent.

12 Saisir, mot resté en Picardie. Cf. p. 1A0, note 7.

13 Gosier; le mot goitre conserve la trace de cette signification.

14 S. il est.

15 Rom. viii, 13.

16 R. se nous vivons selonc la cliar, nous morrons.

17 Participants et co partageants, ou portion (livré en proie). R. parsonier ; S. perçonnier du diable.

18 R et S. périront.

19 Ps. lxii, 11.

20 Profondeurs, bassesses. S. en la bassèce.

21 Si les trois manuscrits dont je me sers n’avaient lini uniformément au mot espée, j’aurais cru devoir ajouter, il seront parchonier as golpis. La lin de cette citation étant le point de contact le plus apparent entre le verset du psaume et l’histoire du renard, on serait tenté d’attribuer à une distraction du copiste l’absence de ce complément.

BESTIAIRE LATIN

MSS. A, B

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