II. DE NATURA ANIMALIUM ÆSURÆ
Est qui vocatur æsauræ elicæ 26. Dixit Pbysiolocus (sic) : Quum senuerit, impeditur duobus oculis et excæcatur [ita ut ?] non vidit (sic) solis lumen. Quid ergo facit naturæ suæ? Quærit parietem adtendentem27 ad orientera, et ortu solis intrans in scissuram ( fissurant ?) parietis, aperientur oculi ejus.
Ne cordis tui aliquando impediantur [oculi], quære ergo qui oriri facit solem justitiæ Dominum Iesum Christum, cujus nomen Oriens vocatur per prophetam (Zach. III, 8 ; VI, 1-); et iste sol justitiæ aperiet tibi inlelligibiUs (sic) oculos cordis.
25 Dans un même manuscrit, voici la même propriété attribuée à un nuire animal, avec très peu de dill'erenre. H (p. 429) et D, sous le titre lacerla, développent le thème de Yæsura avec d’autres expressions : Est volatile animal, quod lacerta dicitur, claruîm (H. ulrisque oculis clara) ut sol. Physiologus dicit de eo (H. eu) quia (H. quod ) quando senuerit, utrisque (H. lumen ejus ita impeditur ut) oculis impeditur ita ut nec solis lumen vide al ; sed suæ naturæ liujusce (H. hujus ) modi prœstet (H. præstat ) medicamentum. Inquiril parietem, attendenlem (H. tendentem ) contra orientem solem (H. omis) ; et per foramen arctum (D. omis) exil, et (H. omis) apertis oculis rénovât ur (H. et sic renovatur).
Sic (H. omis) et tu, homo qui veteri tunica indutus es, quando oculi tui cordis caligentur (H. caligant), quere (H. quære) locum intelligibilem (H. tendentem) orientem versus, id est ad solem justitiæ Christum Dominum Ilim (H .nostrum) teconverte, cujus nomen Orientis (H. Oriens) dicitur ; quatenus oriatur in corde tuo per Spirilum sanctum, et lucem misericordiœ suæ ostendat (H. os tende t) tibi qui illuminât omnem hominem in (H. venienlem.... mundum) hune mundum venientem.
26 <7«0 pa. r.hx/.i) ( Lacerta Solaris). Cf. Bochart, t. i, 1048. — Tychsen, 62, sqq. ; et 55, sq. Le Physiologus syrus, comme C, attribue cette propriété au serpent et au lézard.
27 Je me suis permis de disposer à ma guise l’ordre des membres qui composaient cette phrase. Le manuscrit la donne ainsi : Quærit parietem, intrans in scissuram parietis adtendentem ad orientem, et ortu solis aperientur oculi ejus.
BESTIAIRES (Pi. XXI).
pellis ejus relaxetur n, et 12 quærit fissuram 13 angustam in petram ; et intrat 14 in fissuram 15 et contribulat 16 se et deponit pellem veterem I7.
Sic18 et nos, per multam abstinentiam 19 et tri— bulationes pro Christo, deponimus20 veterem ho-
minem et indumentum ejus. Sed 21 et tu quære spiritualem petram, Christum; et angustam 22 fissuram, id est angustam 23 portam quæ 24 durit ad vitam , et pauci intrant per eam (Matth. Vil, 1 h).
11 H. laxetur ; C. relaxet.
12 C. omis ; H. et tune.
13 C. petram aut fissuram angustam ; H et E. angustam rirnam in petra.
14 C. omis : et inde se coegit (cogit) transire ; et tribulat corpus, et deponit senectutem, etnovus fiet (fil).
Sic et homo.si hoc (sic) prudentissimum suscipial ('suspiciat?) serpenlem, qui voluerit veterem senectutem secuti deponere, per angustam et tribulalam [viam] festinet primo corpus jejunia (jejunio) adfligere. Angusla enirn via et tribulata quæ ducit ad vitam æternam.
15 H. eam.
16 H. confricat ac constringit se,
47 H. veterem pellem.
18 A et E. omis.
19 H. angustiam corporis et abstinentiam pro ; E. tribulationem et angustias et abstinentias pro.
20 H et E. deponamus.
21 H et E. omis :... ejus et quœramus spiritualem.
22 A. angusla.
23 H. omis.
24 H et E s'arrêtent à portam.
OBSERVATIONS
Dans l’exemplaire de Y Image du monde que renferme le manuscrit de l’Arsenal, une erreur
du copiste (je le suppose) a fait confondre ce serpent avec le tigre :
Altres ( serpents ) i a c’ont non lygris ( lyris )
C’on prant à alcunes fois vis ;
C'est cil donl on triade fait,
Allre venin osie et desfait.
Puis on y raconte, mais comme d’un autre serpent, le procédé de rajeunissement attribué ici au tyris.
Quant aux Bestiaires latins, tantôt c’est à la vipère qu’ils semblent attribuer cette nature, tantôt c’est au serpent sans nulle désignation d’espèce particulière; tantôt c’est le lézard, ou un lézard dont ils ne cherclienL point à déterminer les caractères spéciaux. Dans le fait, les serpents et les sauriens présentent plus sensiblement qu’aucun autre ordre le phénomène du dépouillement; mais au lieu d’èlre un remède extrême ménagé à la vieillesse, c’est une rénovation périodique que ramène au moins chaque année, et qui se répète même bien plus souvent chez les salamandres. Ainsi s’expliquerait le choix que certains textes ont fait du lézard pour cet article. Les observations les plus exactes confirment passablement ce que disent nos Bestiaires sur le jeûne qui précède cette crise et sur le soin que prennent les reptiles d’aider ce travail de la nature par un frottement qui leur facilite le rejet du vieux fourreau.
Des auteurs arabes (ap. Bocharl, P. ï, libr. IV, c. 1 ; t. I, lOZi 8) ont adjugé au crocodile quelque chose de ces propriétés, mais le résultat le plus glorieux de tous ces récits a été pour le lézard ; car après avoir dû peut-être à cette rénovation de sa vue par l’effet du soleil levant,
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
le nom de lézard solaire (Cf. Tychsen, 62-66J, il a fini par devenir (dans D et H ) éclatant comme le soleil (Cf. supra , p. 218, n. 25; etc.). Après tant d’honneur, ce qu’Élien (IX, 16) et Pline (VIII, kï ; aJ. 27) disent du remède qu’emploie le serpent pour recouvrer la vue mérite à peine quelque attention.
Pourquoi le Bestiaire rimé (entre autres) omet-il cet animal? C’est ce qu’il faut renvoyer à l’histoire des transformations du Physiologus.
,n r-ira
37 (Fig. AO).