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XVII. Une beste est qui ad nom bièvre

Un poi ceo quid, greinnor que lièvre ;

Mult comtes, et durement sage,

N’est pas privé, mes est salvage.

Si fait l’orn de ses génitaires 1 2 Mescines 3 à nlosors afaires.

Quant de veneor est chascié,

1 Y. 7 pou gregnor, ce cuit ; X. Uu poi, ce cuit, greignor ; Z. / poi, je croi graindre, de lièvre. Cf. p. 132, n. 17 ; et Lafontaine :

« Tel, comme dit Merlin, cuide engaigner autrui. »

2 X. gcnciaires.

3 X. mécines d plusors ; Y, médicine d pusors ; Z. médecine d

pluisors.

Et de si près, pur veir, clialcié 4 Qu’il veit qu’il ne poet escltaper,

Dunt se liaste 5 de tost colper 6 Ices 7 membre tôt à un ntors;

En tel guise raient H, son cors.

Tant i ad Deu doué la grâce,

Que il seit pur quoi l’om le chace ;

4 Cf. infra, notes 16 et 23.

5 Y. aste.

6 X. couper ; Y. coper.

7 X. iccus.

8 Rachète, sauve. Cf. supra, p. 171 (rimes), note 9; et 139, note 58.

BESTIAIRES (Pl. XXI, XXX).

Issi se raient chèrement Por ses membres demaintenant :

Devant le veneor les lesse 9,

Et li venères ne s’eslaisse 10 Naient avant, ainz le guerpit ;

Car il en ad ceo qu’il en quist.

En tel guise raient la vie A son cors, par une partie.

Et si altre feiz avenoit

Que il refust 11 en tel destroit l2.

Et que venéor le chasçast Que 13 ces membres i espérast ;

Quant vendroit al estreit bosoin Qu’il ne porreit fuir plus loin,

Trestoz envers se tornereit Et al venéor mustereit 14 Que ren n’i ad de son espeir ;

Issi 15 le fereit remaneir.

Altresi oevrcnt finement Les sages homes sagement Quant les enchauce 16 li venères Li suduianz, li culvert lerres 17 Qui tôt adès lor mal porchace ;

Mès il li gcctent 18 en la face Ceo que son 19 est : ceo est à dire Fornicacion, avoltire,

Tote manère de pecché.

Quant home ad ceo de sei trenché,

Et gecte al dèble 20 enmi le vis,

Cil le guerpit, jo vus plévis 21 ;

Quant voit qu’il n’i ad ren de soen.

Ceo ne li semble ren de boen 22.

Quant prodom se vait enchacer 23 Al dé[a]ble 24, si deit treneber De sei toz vices et toz mais;

Issi poetben eschaper salfs25

9 Y. laise, abandonne: X. sache (arrache, se débarrasse. Cf. supra, p. 119, note 30), et le chace.

10 Se précipite, ne s’élance ?

11 Y et V. que il fust.

12 Détresse.

« Y. qui.

14 X. mosterreit ; Y. most reroit et tomeroit.

15 Y. ensi.

16 Serre de près, comme qui dirait emboîter le pas ; ital. incalzar. De même pour le mot chalcié , supra, note 4.

17 Larron.

18 X. giètent ; Y. gèlent en la place.

19 X. soen ; Y. sien.

20 X. gcté au diable cl vis ; Y. gèle au diable.

21 Garantis; mot de la même famille que piège.

22 X. suen, et mie boen ; Y. rien dou sien, et mie bien. Les formes boen et soen n’alaient pas encore paru dans le manuscrit V avant cet article; non plus que les imparfaits en oit [vendroit), ce me semble.

A l’essample de cette beste.

Li Apostle nus atnoneste Que serviage et treu 2(5 rendom A cil 27 a gui nus le devom ;

Et là ù nus devom lionor,

Rendom od crieme 28 et od amor.

Por vérité devom entendre Que au dé[a]ble devom rendre Primes ceo que nus li devom ;

A ce que nus le renéiom Et ses 29 overainnes it plein ;

Issi serroms hors de sa mein.

Péchéor qui sages serreit,

En tel guise se gardereit,

Et se raendreit30 vers celui Qui toz jors brace 31 son ennui 32.

Les oevreins 33 qui la char délitent,

U toz mais creissent et habitent,

Tronche de sei cil qui est sage.

Quand il34 i ad itel triwage Rendu, conte ceo que soen est.

Conte sa proie et son conquest.

Et geté lui enmi la face;

Cil remeint, et en pert la trace.

Car il 11e set, ne 11e voit mie,

Pois que 35 il entre en seinte vie.

Dunt troeve il les froiz 36 itels,

Cum jo dis ainz, esperitels.

Fei, pacience, humilité.

Continence et bénignité,

Et charité, et botte pez :i7.

Joie qui 11e faldra38 jantes.

Et Deu. qui de joie est seignor,

Nus maint à la joie greinnor Qui ne line, ni n’est muable,

Ainz dure toz jorz pardurable.

23 X. enchaucier ; Y. enchaucer.

24 V a très souvent dèble, dans des vers qui manquent d’une syllabe.

25 P,ime bien pauvre. X et Y ont saus et maus.

26 Tribut; nous trouverons bientôt triwage (ou triuvaqe ) et treuage, avec la même signification.

27 Y et V. celui.

28 Y', ou creime (crainte) et ou, etc.

29 X. ses ovres ; ses euvres.

30 Z. rembroit ; Y. raimbroit. Cf. supra, note 8.

31 Z. cace; cherche, poursuit.

32 Y. annui. Ennui avait jadis un sens beaucoup plus profond, et qui s’est conservé assez bien dans l’espagnol enojar.

33 X. ovres ; Y. euvres.

34 Y. de lui a.

35 X et Y. puis que.

36 X. fruiz ; Y. fruis.

37 Y. pais ; X. pis.

38 X et Y. faudra ; est. faltar ; fba.vç. faute, il faut.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

La glande placée sous le ventre du castor, et qui contient le castor eum, a donné lieu depuis longtemps à T historiette que développe le Physiologus après les auteurs anciens. Quant à notre auteur, il n’y a guère mis du sien que la moralisation, où il prête beaucoup au soupçon de gnosticisme ; mais ce n’est pas le point de vue qui doit nous occuper en ce moment. Les habitudes du castor ont été trop peu étudiées par les naturalistes modernes pour qu’on puisse bien déterminer sur quel fondement réel a pu être construit ce conte rapporté par Apulée après Pline (VIII, 47; al 30), Élien (VI, 34) et Juvénal (Sat. XII, 3G). Serait-ce parceque l’animal porte fréquemment la bouche à cette glande comme pour lécher et sucer la substance qu’elle sécrète? ou bien, ainsi que le suppose Cuvier (in Plin., L cit .), parceque, fatigué d’une sorte d’engorgement de cet organe, le castor cherchera parfois à en décharger le trop plein en le comprimant sur les pierres ou les arbres qu’il rencontre? d’où l’on aurait conclu qu'il prétendait abandonner aux chasseurs le castoreum qui le faisait poursuivre. Albert-le-Grand ( De animalib., lib. XXI 1, tract. II, cap. 1; opp. t. VI, p. 584) dit sans hésiter que cette prétendue finesse du castor ne repose que sur un conte, et il en appelle à l’expérience de ses compatriotes pour maintenir son arrêt : falsum est sicut fréquenter in partibus nostris

est compertum. » Du reste, quand même les castors de l’antiquité auraient pu trouver leur salut dans cette invention dont on leur a fait honneur, elle serait d’une bien faible ressource pour leurs successeurs, auxquels le chasseur moderne demande non plus seulement cette subs tance pharmaceutique, mais leur fourrure, c’est à dire rien moins que leur peau. Il n’v a donc nulle raison d’espérer que les castors d’Amérique, par exemple, donnent désormais aux observateurs le spectacle que ceux du Pont passent pour avoir donné à nos devanciers.

Quoiqu’il en soit, si ce n’était que Pline associe le castor à la loutre, et semble le désigner assez clairement, le silence que garde l’antiquité sur l’instinct d’architecte qui se montre dans cet animal et sur les petites cités qu’il forme autoriserait presque à conjecturer (pie l’on a quelquefois attribué au castor des passages qui regardaient certaines espèces de civettes.

Ajoutons que le fond de l’article consacré au castor par le Physiologus a pris place d’une manière assez gauche dans les recueils de fables grecques dont Ésope endosse complaisamment la responsabilité. Cf. Fabul. Æsop. e cod. august.... ed. J. Gottl. Schneider (Breslau, 1812), fab. 117 (p. Gl. sq.).

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