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Aïais. désappointement cruel, malgré des murs de S0 centimètres d’épaisseur, revêtus à l’intérieur d’un ciment aussi dur que le grès, l’humidité avait pénétré dans les caveaux mal protégés par les grandes dalles qui les couvraient. Les saints corps étaient en poussière, et il en était de même des étoffes précieuses qui sans doute les entouraient jadis. Quant au caveau de Charlemagne, les fouilles étant restées incomplètes, la question me parut laissée indécise.
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On verra, je pense, clans la signature de Pierre 3 gouverneur de Négrepont, la provenance du tissu, et dans celle de Michel , primicier de la chambre impériale , sa destination primitive. Nous avons donc ici un spécimen certain de l’industrie textrine deBysance, si célèbre au moyen âge, et non un produit quelconque, mais un de ces ouvrages où l’art d’une époque donne la mesure de ses ressources en travaillant pour les princes : malheureusement il y a peu de lumière à recueillir de l’indiction II par rapport à la date. Que cette date toutefois remonte au moins au douzième ou treizième siècle, la simple inspection du dessin ne permet guère d’en douter au monumentaliste. Est-ce au quatorzième siècle, après le passage des croisés, que l’on eût donné tant d’ampleur aux lignes générales, conservé tant de vigueur unie à tant de pompe dans les fleurs épanouies et empreint toute la composition de ce caractère primitif qui rappelle l’origine de l’art des Arabes? A Bysance comme ailleurs l’ornementation architecturale a subi des phases diverses malgré l’immobilité des représentations liturgiques, et ce n’est probablement pas dans ce centre des industries de luxe qu’on eût copié à des époques plus récentes les vieilles formes abandonnées de l’art indigène. Nous avons d’ailleurs ici plus que des conjectures sur la haute antiquité du tissu. L’altération produite par la décomposition du corps ou par les préparations balsamiques employées dans les translations doit nous faire remonter au moins à l’époque de la canonisation de Charlemagne, c’est à dire jusqu’à L1G6. Dans les translations des reliques des saints, comme dans les sépultures des grands personnages, les corps étaient entourés d’étoffes dont la richesse répondait à la dignité des morts et aux ressources de ceux qui les honoraient. Comment Frédéric n’eût-i! pas dans une cérémonie aussi solennelle choisi un de ces magnifiques tissus que le commerce avec l’orient et le midi de l’Europe faisait allluer dans les cours du nord. 11 est d’autant plus naturel de lui attribuer au moins l’une des étoffes de la Châsse que la Châsse même est de son temps et sans doute un de ses dons. 11 suffit d’examiner la grande couronne de lumière suspendue au centre du dôme d’Aix-la-Chapelle pour se convaincre que ce dernier monument, où se lisent les noms de Frédéric et de Béatrix, est contemporain de la Châsse. Si le travail de la couronne est un peu moins délicat, les détails de l’ornementation offrent cette similitude frappante de physionomie qu’au moyen âge on retrouve à la fois dans presque toutes les contrées catholiques et qu’on ne voit jamais se reproduire avec ensemble à des époques différentes. Ajoutons qu à défaut de Ycbit de Frédéric nous avons dans le Nécrologe d’Aix celui de Béatrix, et voici (pie parmi les souvenirs attachés au nom de cette princesse il est précisément question d’une