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PLANCHES XI, XII, XIII, XIV

C est encore au trésor d’Aix-la-Chapelle qu’appartiennent ces très belles soieries. Encouragé par la découverte de l’étoffe de Charlemagne et persuadé qu’en un lieu fréquenté durant tout le moyen âge par les empereurs et d’innombrables pèlerins de tous les rangs il devait rester d'autres traces du luxe antique dans les enveloppes des choses saintes, j’obtins de M. le custode Widenhaupt la permission d’examiner avec lui au fond des armoires oubliées les reliques que la perte des diplômes ne permettait plus d’offrir à la vénération des fidèles. Le succès dépassa mon attente. J’eus à peine remué quelques sachets que j’aperçus l’étoffe bleue et jaune (PL XI), puis l’étoffe verte et rouge (PL XII) et bientôt l’étoffe verte et rose

est an prince belliqueux qui sait les dominer par la terreur de ses armes.

On aurait pu ajouter à l’évêque de Crémone que les exigences de la cour impériale n’avaient rien de nouveau. Sous les premiers Césars l’emploi de la pourpre par les simples citoyens était un crime de lèse-majesté puni de mort, de sorte que l’on vit plus d'une fois les nouveaux empereurs nommés subitement par les soldats réduits à emprunter pour se présenter au public les voiles de pourpre des étendards, des gynécées ou des temples [Amm. Marcellini ed. Val. p. 82).

Quant aux étoiles de soie, elles étaient restées rares jusqu’à Justinien. Héliogabale avait scandalisé l’empire en se couvrant le premier de tous d’étoffes de soie pure ( Lam prid. Ueliogabalus , Hist. aug. ed Dipont. 1787, t. i, p. 248.) « Primas Romanorutn holoserica veste usus fertur, cum jam subsericæ in usu essent. * Alexandre Sévère n’en voulut jamais porter ( Lampr . Al. ibid., p. 286.) «Vestes sericas ipse raras habuit, holosericas nunquam induit, subsericam nunquam donavit. » Aurélicn en refusait à sa femme : (Flav. Vopisc ., Aurel, ibid. T. n, p. 187.) «Vestem liolosericam neque ipse in vestiario suo habuit, neque alteri utendam dédit. Et cum ab eo uxor sua peleret ut unico pallio blatteo serico uteretur, ille respondit : absit ut auro fila pensenlur : libra enim auri tune libra serica fuit. » Enfin l’empereur Tacite ne les permettait qu’aux femmes (Flav. Vopisc. Tacit. ibid. p. 199.) : « llolosericam vestem viris omnibus interdixit. »

Sous Julien, l’industrie des tissus fit de grands progrès (Amm. Marc. 1. 22), « textiles auctæ sunt artes, » et le goût des soieries dut se développer en proportion. Pline et Juvénal, ainsi que le remarque Valois, avaient déjà dit avec ironie en

parlant des riches débauchés, que les tissus de soie étaient trop pesants pour leur mollesse (l} lin. 1. îx, c. 23; Juvénal, Sat. vi). Claudien et S. Jérôme le répètent ( CUiud . I. 2 in Eulrop. — Hier, in cons. ad Pammach. de obitu Paulincc).

Quand l’industrie de la soie eut été, sous Justinien, introduite dans le Péloponèse par deux moines d’Orient (Procope, Ilist. golh. 1. îv. Zonar. T. n, p. I5û, ed Ven.), les riches soieries devinrent plus accessibles et se répandirent partout. Le commerce de la Syrie fit d’ailleurs une te'le concurrence à la Grèce, sous nos mérovingiens, que les marchands syriens établis à Paris devinrent assez puissants pour faire monter un des leurs sur le siège épiscopal de Paris ( Gregor ,Tur . 1. vii, c. 37).

Cependant l'amour effréné des étoffes de luxe croissait en Occident avec les obstacles, et devint excessif au dixième siècle. Le moine Abbon, dont les sentiments valent mieux que les vers, y voyait la raison de l’abaissement de la France. (Abbonis de bellis Paris, urb. 1. II., ap. Ducliesne, Hist. fr. scriplor., t. II, p. 525).

Francia quid latitas ?...

.... propter xitium triplcxque piaclum.

Quippe supercilium, veneris quoque fœda venustas,

Ac vestis pretiosæ elatio te tibi tollunt.

Aurea sublimem mordet tibi fibula vestem.

Eflicit et calidam tyria carnem pretiosa.

Non præter chlamydem auratam cupis indusiari Tegmine, decussata tuos gemmis nisizona Nulla fovet lumbos, aurique nisi virgæ Non habitus humilis, non te valet abdere vestis.

Hæc facis, hæc aliæ faciunt gentes ita nullæ.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

(PI. XIII et XIV). Les deux premières étaient de petite dimension ; mais la dernière avait en longueur près de deux mètres. Celle-ci devait à plusieurs siècles d’oubli et d'éloignement de la lumière le privilège d’avoir conservé dans toute leur fraîcheur ses couleurs tendres et harmonieuses, dont nos planches rendent trop mal le suave éclat. Est-il besoin de dire que ce fut pour moi une de ces petites joies d’antiquaire qui font oublier de longues fatigues? Quant à la question des donateurs et à celle de la provenance primitive, je n’ai qu’à confesser mon ignorance. Le Nécrologe de la cathédrale cite bien un certain nombre de tissus donnés en différents temps par les fidèles à Notre-Dame d’Aix ; mais quoi de plus vague que de tels renseignements 1 ?

1 Si vagues qu'ils soient, ces renseignements pouvant à divers titres intéresser la science, j’en recueillerai ici les principaux, en y joignant ce qui concerne l’orfèvrerie et la peinture : (I. c.) « P. 1. Obiit Ruscella soror noslra proqua... frater ejus Stephanus dédit S. Mariæ albam sericam cum aurifrigiis, absque aurifrigiis quæ S. Mariæ erant.

P. 7. O. Lainbertus presbyter cujus soror Volsuendis dédit ecclesiæ calicern fralris sui valentem IL mr.

P. 8. O. Rabodo diaconus et canon, qui dédit mr. et aurifrigium.

P. 9. O. üda de Heinesberch, quæ dédit S. Mariæ sericam cortinam.

P. 10.0. Henricus ungarus, qui dédit nobis... ad pictural» eccl. 11. mr. auri.

P. 11. Godeschalcus, qui dédit S. Mariæ album pannum solempnis dalmaticæ.

P. 12. O. Alebrandus, qui contulit ad picturam sacrarii.

O. Ricardusrex, qui dédit ecclesiæ magnum ornatum (m. en 1271.)

P. l/i. O. Alcitlis pro qua habuit eedesia purpurem de 111 marcis.

P. 17. O. Steph. Decanus... addidit pro remedio animæsuæ ad ornalum eccl. Kataplalinum et Katapitera dalmalicam quoquerubeam et II candelabra deaurata (1170-1179).

P. 22. Winricus dec. qui dédit II coclearia argentea.

P. 2G. O. Aluradis quæ dédit Baldekinum ecclesiæ.

P. SU. O. Theodoricus advocalus, cujus lilius Wilhcl. advoc. ded. S. D. gen. M. preciosam crucem conlinentem de 1 gno Dei, et columbamargenteam alias reliquias continentem.

P. 35. O. Jacob.., mr. ad capsidem dne nostr.

P. 38. O. S Stephanus parrochianus (1189) dédit eccl. thuribulum et ampullas.

P. 38. O. llugo Coloni, archi. prius aquensis præpositus (comte de Sponhelm, arebev. en 113/i, m. en 1135) hic addidit... ad ornatum ecclesiæ ea... scil. optimam casulam de i ubro pallio absque aurifrigio. Subtile de viridi pallio cum aurifrigio. Albam absque aurifrigio, cingulum de nigro pallio habens in summitalibus laminas ex solo auro. Crucem æneam optime deauratam, slolam candidam cum manipulo argento intextam. Manutergia II, unum cum auriphrigio, alterum abs- <]ue aurifr. 111 vasa argentea pondus IX fertonum. Videlicct Il ampullas et unum leunculum cum cocliari. Conchatn pre-

ciosiss. auro et arg. pulchre ornatam, tapéta rotundum. scriniolum eciam in quo bec reposita erant. Hæc omnia ob sain tem animæS. D. Gen. contulit et ne aliqui, vel rex vel præpositus,quicumque eorum lollere possitsub universali fratrum tutela contestando deposuit.

P. /i0. O. Symon sacerdos pro quo data est cappa, mantile, stola et manipulus.

O. R. Henricus imper. primusBavenberg. dédit maxi inuoi ornatum S. Mariæ.

P. Zi2. O. Otto (Margrave de Brandebourg, m. en 1298) qui legavit eccl. calicern et duas ampullas argenteas, casulam llaveam, albam et amictum et fertonem argenliademendas stolas.

P. /i5. O. Metildis. dédit pallium suum S. M.

P. 46. O. Tyricus judex qui et uxor Adeleit dederunt S. Mariæ 111 cappascum aurifrigio et I dorsale et 1 subtile rubeum et stolam cum manipulo auro textam.

P. 50. O. clemens frater noster pro quo data calix et thuribulum.

P. 5Z|. O. Wilhelm, lapicida. dédit rubeam cappam et monde aureum.

O. Jacob, qui dédit ad opus S. Mariæ.

P. 55. O. Lisa dédit mr. et baldekinum.

P. 57. O. Joh. pixis, qui dédit nobis 11 purpura.

P. 62. O. Henricus cambitor, II purpuras.

O. Gerungus auriga, pro quo data est libra ad opus

S. Mariæ.

P. 63.0. Gérard, pro quodivisi sunt XXII sol. inter fratres et data est mr. in redemptioncm illius quartæ partis domus quam Wikerus proficiens Jherosolymam Rodensibus dederit. Datum est eciam turibulum pro anima ejus, valens III mr. et dimidium. puri argenti et scriniolum eburneum cum reli quiis ss.

P. 63. « O. Beatrix imperalrix, quæ dédit ecclesiæ coronam aureant et casulam magnam et pallium de examita ru fa et partem de ligno domini. »

P. 68. O. Conradus cancell. qui dédit casulam cum arbore.

P. 71. O. Crispianus, qui dédit S. M. pro redemptione animæ suæ calicern et casulam rubeam.

O. Wazzo qui dédit XIII bisantos ad aureum calicem S. M.

O. Stephanus aq. decanus et S. Adalberti præpositus, qui addidit ad ornatum ecclesiæ eaquæ subjectasunt, scil. ca-

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