CHARLES CAHIER
1 Præf. pasch. : « Qui mortem nostram, moriendo, destruxit; et vitam, resurgendo, reparavit. » — Quatrième répons des matines du samedi saint: «... Ille captus est qui captivum tenebat primum hominem. Hodie portas mortis et se ras pariter Salvator noster disrupit; destruxitquidem claustra inferni, et subvertit potentias diaboli. »— Tpt«<?iov, Sabb.s.,
çxviç B. « At?ou [xsvt Toccpetç, ra PaatXsta Xpiçe o-vvrptëeiç •
•Savarov ^ava-rw c?i Javarotç. » Ce sont encore les mêmes pensées qu’exprime ailleurs le même office fria. r') à plusieurs reprises : « Heureux sépulcre ! quand tu reçois en ton sein l’auteur de toutes choses qui semble vaincu par le sommeil de la mort, tu deviens un trésor de vie poiir notre salut » — « La vie de toute créature est déposée à la manière
des morts dans le tombeau, et nous y iriontre la source de la résurrection. Etc. » — De même aux vêpres de Pâques (ll£VTv;!tooT«p.) : « Sur la croix, vous avez détruit la malédiction de l’arbre [au fruit défendu ) ; dans le tombeau vous avez étouffé la mort, dans votre résurrection vous avez illuminé le genre humain ; c’est pourquoi nous nous écrions : Gloire à vous, ô bienfaiteur, Christ notre Dieu ! »
2 Cf. Vitraux de Bourges, n° 116 (p. 205, note 4). Les écrivains ecclésiastiques ont insisté d’autant plus volontiers sur cette glorieuse intervention des saintes femmes envoyées par l’ange pour relever la foi des apôtres même (Matth., xxvm, 7. — Joann., *x, 2), que quelques-uns avaient cru devoir compter la très sainte Vierge parmi les Marie (Matth., /. cit., 1. — Marc., xvi, 1. — Etc.) venues au sépulcre. C’est ce qui fera
mieux comprendre certaines expressions de plusieurs textes
sur la visite des femmes au tombeau de Jésus-Christ ressuscité.
Petr. Chrysolog. serm. 74, de Resurrect. Christi: « Venit
Maria videre sepulcrum. Quæ de paradiso perfidiam
sumpserat, festinat fidem sumere de sepulcro ; contendit rapere de morte vitam, quæ de vita rapuerat mortem.... Venit mulier ut fieret mater viventium quæ facta fuerat morientium mater..., et fieret resurrectionis nuntia quæ internuntia et lapsus exstiterat et ruinæ Résurgente Christo, morte pe-
reunte, terrenis redditur cœleste commercium; et mulieri cui fuerat cum diabolo lethale consilium, cum angelo colloquium fit vitale. » — Id., serm. 79 : « Ecce iisdem lineis quibus perierat, salus humana reparatur : prima ad perfidiam mulier, prima procuratur ad fidem ; prima currit ad interemptorem mortis, quæ prima cucurrerat ad mortis auclorem; prima audit ab angelo, quæ prima cum diabolo fuerat collocuta. Etc. » — Theodulf. carm. v, 2 ( Sirm. opp., 11, 847) :
« Ligno mors subiit, redit et vita inclyta ligno ;
Virgo velus mortem, retulit nova Virgo salutem ;
Prisca virago viro lethum fert, at nova Christum Vivere discipulis nuntiat ecce piis. »
Cf. Paschas. Radb. in Matth. L cit. (Bibl. PP. xiv, 701).— Pseudo-Fulgent. serm. 44 (ed. Mangeant, Paris, 1684 ; p. 62). — Sedul. carm. pascli., V, 322-333, 361-364 ; et nott. in h. I. (p. 347, sq. ; 350, sq.). — Greg. Nyssen. orat. 12 conlr. Eunom. (Opp. t. 11, 712). — napaxtar. p. 164, etc.
3 I Cor., xv, 14. — Act. 1, 21, 22. — Rom., 1, 4. — 1 Petr. 1, 3. — Etc.
4 Matth., xxvm, 2.
MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE
P. S. Je remarque un peu tard que plusieurs fois en citant la IhxpayjYiziM j’ai pu donner lieu de confondre ce livre avec celui dont les Grecs se servent pour la semaine sainte. Il ne faut y voir que des emprunts faits à leur liturgie courante (pour ainsi dire), qui accorde au souvenir de la passion, de la sépulture et de la résurrection de Jésus-Christ une part notable dans l’ofTice de toutes les semaines. Ces textes n’en ont, ce me semble, que plus de valeur, parceque répétés plusieurs fois chaque année ils devaient être plus présents au souvenir du clergé et du peuple.
Quant à l’office grec du vendredi saint (à la fin du zpiùèiov) , une lecture plus attentive m’y fait remarquer aujourd’hui des textes dont il eût fallu tenir plus de compte en recherchant la part que les artistes byzantins peuvent avoir eue dans l’invention ou le développement des types de l’Église (les nations converties) et de la synagogue (le peuple juif). Réparons du moins cette inadvertance avant de clore l’enquête ; car nous sommes réduits à si peu de documents sur l’art chrétien de la Grèce que les moindres indications ne peuvent être supprimées sans déloyauté. Le lecteur jugera donc sur pièces.
A Mütines et à Sexte : Avrépcov. 12. Tdiïe léysiè K vpiog zoïg lovdaioig ’ Aocôg p.ov, zi èz olyigoc coi;.... toiiç zvylovg aov ècpMZiaoc, zovg Iszpovç Èy.xQàpioa,.. .. A ot.bg pov, zi èzoin<7«. aoi, yoù zi p.oi àvzazéâoiyag^ Avz'i zov pdvva xol'/iv, .... àvzi zov àyazàv ps, zzavpô) p s z pou'elût; az e . Ovyezi crzéyoo, ïoizôv yaléaoi pov zà bOvyi . y.ay.sïvx pe do'Çdaovai uvv zÿ Uàzpi v.où tw Hvsvpàzi, y.ayù avzoïg â^p-Ziocpou Çuï/V z‘/)V oii'-ô'Jiov. — Cl. Uocpa/.lnz. , p. 217.
Item, Matines et Sexte : Av-riçp. i4 yloig zpzarA&Q-n à vvptpicg zriç E« tknatccg. — A Sexte : Ôre
Z(J) (Tzavpoj zpod^loizocv ci zapàvopci zov y.vptov z'èg âi'Yig, éoôx zpcg àvzovç’ Ti vpag zlvzriGa ; /.où
vùv zi pci dvzazoâiâozs zovnpà àvzi dyaOâv ; Aoiz'ov xoùü zà èBvn, xaxeîva pe èo\dzovai — Aux
Vêpres du jour de Pâques ( nevzmtoozap .) : II apï.Mev vj axia zov Sôy.cv, zvjg Xdpizcg sMovang. x. z. e.
De même, pour servir à déterminer le point de départ de toutes ces compositions, il peut être bon de signaler dans un autre texte (. samedi saint , ça<r. 3) la réunion de la Terre et de la Mer près de la croix ; d autant plus que la mention de ce dernier élément s’y explique à peine, et semble amenée par quelque allusion à une donnée généralement admise. O awiy^v zàvz*,
ETA (Jzavpov ocvvipûdy), yod Spwzï zdaa v? y.zhig zcvzov fikzzovaa. y.pspdpevov yvpvèv èz i zov ’^vlov' 0 ■nkiog zàg ày.zïvag dzey.pvips, .. . . 7] y'n os avv ttcX/m ipsow (JV'jzyAo'Jzizo , -h B’àlxauci Etpvys, y. z. s. Ail— leuis ( Matines et Sexte du vendredi saint) le poète introduit les apôtres reprochant aux pharisiens et aux scribes de faire mourir sur la croix celui qui a sauvé leurs pères de la mer Rouge. Ailleurs encore (sur la fin des matines du vendredi saint) c’est la terre qui veut engloutii les meurtriers du Fils de Dieu, et qui n’est arrêtée que par la miséricordieuse victime de ces hommes d’iniquité.
Si rien de tout cela ne paraissait devoir changer les conclusions que j’avais prises, on pourra m accuser de scrupule dans ce supplément, mais non pas du moins de subreption dans 1 exposé de la cause ; car ce que je n’ai point cité, je l’ai ignoré, ou je ne l’ai point jugé acceptable.