LNE FÊTE-DIEU AU QUINZIÈME SIÈCLE
et son ange. — Le roi David et Goliath [el gigante ). — Les douze tribus d’Israël (probablement leurs chefs, sans plus), deux à deux. — Les anges qui font entendre des chants de triomphe.
« Représentations à la charge de la cathédrale 1 : Moïse et Pharaon. — Ézéchias et Jérémie. — Élie et Elisée. — Ézéchiel et Jonas. — Ilabacuc et Zacharie. — Daniel et Isaïe. — S. Jean- Baptiste. — Les juges de Susanne. — Susanne, l’ange2 et Daniel. — Judith et sa servante. — Raphaël et Tobie. — L’annonciation de la Vierge Marie, et divers anges chantant : A Deu magnifie h , verge Maria. — L’intermède ( entremés ) de Bethléem et la naissance de Jésus. — Le premier roi d’Orient, à cheval. — Le second roi d’Orient, à cheval. — Le troisième roi d’Orient, également à cheval. — Six juifs avec des chappesou manteaux ( gramalles ), et quatre juges (docteurs de la loi, je pense). — Intermède des Innocents, et Racliel derrière3. — Les hommes d’armes (soldats chargés du massacre). — Le roi Ilérode et ses docteurs (conseillers, peut-être). — Les Allemands4 5 *. — Douze anges chantant : Loem la hostia sagrada.
« Représentations à la charge de l’église de Sainte- Anne : Joachim et le berger3. — Sainte Anne et sainte Élisabeth. — Sainte Hélène et l’empereur Constantin avec ses docteurs et ses cavaliers. — Sainte Marie l’ Égyptienne, et Zozime avec le lion. — Sainte Paule et sainte Perpétue. — Saint Élie G. — Sainte Béatrice.
« Représentations à la charge des Frères de la Merci : Sainte Ursule. — Sainte Tècle et sainte Candia. — Sainte Catherine et sainte Barbe. — Sainte Agnès et sainte Engracia. — Sainte Agathe et sainte Lucie. — Sainte Claire et sainte Euphrosyne. — Sainte Apolline et sainte Quiteria. — Sainte Marguerite seule, avec le dragon. — Divers anges jouant des instruments de musique. — Marie, Jésus et Joseph. — Jésus-Christ ressuscité, avec la croix. — S. Dimas (sic, le bon larron) avec son ange. — Gestas (le mauvais larron) avec son démon. — Longin. — Joseph d’Arimathie et Nicodème. — Les douze anges avec les plaies7, chantant. — Le saint sépulcre avec tout son attirail (Lo monument ab lot son arreu), et la Madeleine derrière. — S. Antoine et S. Onufre. — S. Paul ermite et S. Alexis.
« Les tentations de sainte Eulalie (intermède, probablement).
« S. François et S. Nicolas. — S. Dominique et S. Thomas d’Aquin. — S. Benoit et le diable. — S. Honoré et S. Pacien. — S. Basile et S. Marc 8. — S. Macaire et le diable. —
1 Los précédentes étaient peut être à la charge de la ville.
2 Sans doute à cause des paroles de Daniel (xm, 55) à l’un des vieillards : «Ecce angélus Dei... scindet te medium. »
3 Cf. Mattb., n, 18.
4 Cela tient probablement à la légende qui fait annoncer l’Évangile chez les Germains par les rois mages (rep^avoïç pour Kcrppiavoîj, peut-être).
5 Ici, comme dans plusieurs indications qui suivent, le lec-
teur pourrait vouloir quelque éclaircissement sur les légendes
qu'il ne connaît pas; mais cela conduirait à un véritable com-
mentaire. Je supprimerai donc toute explication qui ne pour-
rait pas se réduire aisément à quelques mois.
6 Élie avait déjà paru plus haut avec les prophètes, serait-ce que pour l’amour des Carmes on l’aura placé de nouveau dans un groupe où figurent plusieurs solitaires ? Ou bien estce le martyr de Cordoue ?
1 J’imagine que ces plaças indiquent les instruments de la Passion, que le quinzième siècle représentait volontiers portés par plusieurs anges. Il n’est presque pas d’ancien livre d’heures qui ne reproduise ce motif dans l’une de ses miniatures.
8 S. Marc reparaîtra parmi les évangélistes ; je ne m’expli-
MELANGES D’ARCHÉOLOGIE
S. Elme et son compagnon, avec l’âne. — S. Martin et Jésus en forme de pauvre. — L’ange
de S. Julien avec la (ab la siria , je ne sais ce que c’est).— S. Julien et S. Alzéas (Elzéar?).
— S. Grégoire et S. Jérôme. — S. Ambroise et S. Augustin. — Douze anges chantant : A y dos bona gent honrada.
« Autres représentations dont était chargé le mayordomo de l'église Notre-Dame Sainte- Mar ie-de- la -Mer , savoir : S. Clément et S. Denis. — S. Laurent et S. Vincent. — S. Biaise et S. Pierre martyr (de Vérone). — S. Étienne et S. Baudile. — S. Sévère et S. Fabien. — S. Ilippolyte et S. Cucufate. — S. Abdon et S. Sennen. — S. Christophe avec l’enfant Jésus sur son dos (a cuestas). — Le martyre de S. Sébastien, avec les Turcs (soldats païens, je pense) montés sur des chevaux drapés (je risque cette traduction de cavals cotoners , dont le sens m’échappe). — Le phénix. — Intermède de sainte Eulalie et de ses campagnes ou amies. — Item (sic) les hommes d’armes de la compagnie de Dacien *. — Dacien et ses docteurs (son conseil). — S. Georges à cheval. — Le dragon (ou laguivre, la vibre). — Le rocher avec la jeune fille que délivra S. Georges ( ab la donsella de sant Jordi ). — Le roi et la reine, père et mère de ladite demoiselle qu'ils accompagnent.
« Suivaient les apôtres ( el apostolado ) : S. Pierre et S. Paul. — S. André et S. Jacquesle-Majeur. — S. Philippe et S. Jacques-le-Mineur. — S. Matthias et S. Thomas. — S. Barthélemy et le démon. — S. Barnabé. — S. Simon et S. Jude. — L’aigle 2.
« Anges jouant des instruments de musique. — Ceux (sont-ce des anges?) qui portent des cierges blancs. — Ceux qui exécutent de la musiqne devant l’ostensoir ( custodia ). — La custodia au milieu des quatre évangélistes : S. Luc, S. Jean, S. Marc et S. Matthieu. — Le seigneur évêque et ses assistants (sus ministros). — Cierges blancs (s’il y en a, dit une note; il semble que ce fût encore chose rare, et que la cire jaune fût seule d’un usage ordinaire).
« Anges et diables armés de verges (Los angels percucients y los dimonis percucients ) —
Deux hommes sauvages tenant des bâtons ou baguettes ( varas ) à coulisse qui pouvaient s’al-
que pas bien à quel titre i! figure ici dans un groupe principalement composé de religieux et d’évêques, mais uniquement (sauf ce seul cas) de confesseurs. Était-ce une politesse diplomatique envers les Vénitiens?
1 L’un des plus farouches exécuteurs des édits de proscriptions contre les chrétiens. Ce fut lui qui lit tourmenter sainte Eulalie; mais son nom, qui se confond à peu près avec celui de Dioclétien en Espagne, expliquerait seul sa présence à la suite du groupe des martyrs.
2 Je soupçonne que c’est l’aigle de la zoologie mystique (expression que l’on m’a blâmée comme un abominable néologisme quand je l’inaugurais en 18A2 ; mais puisqu’elle m’a été empruntée depuis, il faut qu'elle soit au moins passable), comme on a vu plus haut le phénix. Car les quatre évangélistes ne viennent que plus tard, avec le dais. Toutefois dans la pro-
cession de Valence (ap. Villanueva, /. ait., p. 13, sv.)jë trouve trois grands aigles pour figurer S. Jean, sans préjudice de deux clercs qui représentent encore S. Jean à Pathmos avec l’ange de l’Apocalypse ; tandis que chacun des trois autres évangélistes n’y ligure que sous l’ancienne forme d’un homme à tète de lion, de bœuf, etc. On m’assure que de nos jours encore on porte (ou, du moins, l’on portait) à la procession de Barcelone un grand aigle de carton doré, tenant dans son bec une colombe vivante.
3 Je pense qu’il s’agit des anges et des démons ministres de la colère de Dieu dans l’Apocalypse. On les aura placés à l’extrémité de la procession pour qu’ils pussent contenir la presse dupeuple parles démonstrations menaçantes qu’autorisait leur rôle dans l’Écriture sainte. C’est une conjecture toute à la charge de ma responsabilité.