‹ Mélanges d'archéologie, d'histoire et de littératureChapitre 60 sur 149 · III. DE LAP1DIBLS IGNIFERIS · texte numérisé non relu

III. DE LAP1DIBLS IGNIFERIS

Sunt in quodam monte Orientis 2 lapides igniferi qui3 græce4 dicuntur terrobuli 5, masculus et femina. Isti, quamdiu6 longe sunt ab invicemJ ignis in eis non accenditur ; quum autem casu 7 adpropinquaverit femina masculo, statim ignis accendituv in eis, ita ut ardeant8 omnia quæ sunt circa ilium montent.

Lnde et vos, hommes Dei, qui istam vitam geritis I0, separate vos longe 11 a feminis 12 ; ne dum 15 appropiaveritis 14 ad 15 invicem, accenda-

* B. De cærobolim (et dans la table, ceroboljm ) lapides igniferi. Cet article manque entièrement dans C, D et M. l'aurai donc recours au texte quelconque qui se trouve parmi les compilations de ce genre réunies sous le nom d’Hugues de Saint-Victor (Opp. t. ii. p. A25), avec le titre de Desliis. Il sera désigné par H, ici et plus tard.

2 B et H. Sunt lapides igniferi in quodam monte Orienlis (B. montes Orientes).

3 B. O me ; H. quos Græci vocant cliirobolos, id est manipulos, dicunturque masculus , etc.

4 B. Greci.

5 B. Terebolim ; F. thereboleni.

6 B. Quando ; H. in istis, quando ab invicem separantur, ignis non, etc.

7 H. Quum autem ad invicem casu aliquo appropinquaverint, statim in eis tantus ignis accenditur. A. quum autem caro fæminae appropiaverit masculo.

8 H. Omnia ardeant quæ circaillos sunt.

9 B. Homini.

10 B. Geretis ; H. qui vitam geritis înonasticam.

n A. omis.

12 II. Mulieribus, quoniam si illis appropinquaveritis, statim noxius ignis accendetur in vobis.

13 B. ISec quum.

14 B. Adpropinquaretis.

15 B. Ab.

16 B. Geminus.

17 B. Consumet; II. Consumetur omne bonum quod Christus Dominas vobis contulit.

tur ignis ille genuinus 16 in vobis, et consumât17 bona quæ Christus contulit vobis I8. Sunt enim angeli satanæ qui semper impugnant justos10 : non solum viros 20 sanctos, sed et 21 feminas castas22- Denique Samson et Joseph ambo per mulieres 27 temptati sunt ; unus vicit, alter victus est. Eva 24 et Susanna temptatæ sunt; sed Eva 25 consentiens lapsa est, Susanna vero lege (sic) custodiendo vicit. lgitur divinis præceptis muniendi sunt omnes erga feminas: quia 26 illarum peccatum ab initio cæpit, — id est ab27 Adam, — [et?] usque nunc 28 filiis 20 inobedientiæ 30 debacchabatur31.

48 B. In vobis.

19 H. Viros sanctos, sed et fæminas castas.

20 A. omis.

21 B. Etiam castas fceminas.

22 Cet ange de Satan est sans doute ce qu’on a voulu représenter dans cette espèce d’ange entièrement nu que la miniature de Bruxelles (PI. xxiv, fig. BY) place près du moine. — Le texte attribué à Hugues de Saint-Victor continue en ces termes : Memores enim esse debetis bellorum quæ peregerunt sancti viri, sicut Samson et Joseph. Ambo siquidem tentati sunt per mulieres; sed alter vicit, etc.

23 B. Mulierem.

24 H. Evaquoque et Susanna lentatœ sunt ; altéra vicia est, altéra vicit. Ideo nolite securi esse, nec conftdere in solita castitate ; sed munite corda præceptis divinis, ut vos non deterreat fallax amor mulierum quarum peccatum ab initio, — id est ab Adam, — usque nunc in ftlios inobedientiæ dcbaccliatur.

25 B. omis :... sunt; hæc vicit, aliter (sic) victus (sic) est. Custodiendum igitur cor, et divinis præceptis omnimodes (sic) monendum (muniendum?) ergo (sic) etc.

26 B. Quorum peccatum.

27 A. Omis.

28 A. Omis.

29 B. Filius.

30 A. Obedientiœ.

31 B. Debaccabatur; debacchatur.

BESTIAIRES (Pl. XIX et XXVII).

III. Notre matire 1 est rault 2 estrange Car sovent se deverse 3 et change,

Et ne purquant 4 si est tôt une ;

Car les ensanples 5 qu’èle aune Sont totes pur l’amendement D’ome 6 qui erre folement.

En orient là sus amont 7 A dous 8 piëres sur un hait mont,

Qui mult sunt d’estrange nature,

Car il portent feu et ardure.

Si sunt corne madle 9 et femèle.

Et n'oïstes iniques novèle Plus merveillose, ne plus veire 10 Que 11 li livres nus fait acreire.

Quant li pières sunt loin à loin.

Feu n’en istroit 12 pur nul besoin ;

Mes si 13 par aventure avient Que l’une près de l'altre vient,

Si esprènent 14 et feu en ist

Que ambedous 15 les pierres bruist lfi;

Et tant 17 creit le feus et engraigne 18 Qu’il esprent tote la montainne.

Et quant que ad 10 de chescone part De la montainne, esprent 20 et art.

Ici deivent ensample prendre Cil qui a Dcu se volent rendre Et qui mangeient 21 en bonne vie :

I Y. matière ; V. nature.

- Y. mont.

3 X et Y. diverse : se diversifie.

4 V'. ne porquant ; Y. non pour quant : ce nonobstant.

5 X. essanples ; Y. exemples.

6 Y. home qui lierre.

7 Ce vers, omis dans V, est sans aucune variante dans les trois autres exemplaires.

8 X. dcus ; Y et Z.II. Guilliame ne donne point de nom ù ces pierres.

9 X. malle ; Y. male.

10 X et Y. Voire, et acroire.

II X. quer le livre nos fet.

12 X. istreit por nul besoing, et loing; Y. n’en itroit feux pour, etc.

43 Y. mais se ; X. et quanl.

14 Y. enprénent et fex en it.

15 x. quiandui les pierres; V. quiandexles pierres; Z. que ambe II.

16 Y. bruit; Z. brist ; brûle, ital. (dial.) brusar; fiiaxç. braise.

47 Z. Tant esprent li fus.

18 x. Engreigne. Nous aurons ailleurs graignor et graindre.

X. quant qu’à. Les copistes de cette époque se passent souvent de l’apostrophe, lors meme que le rhythme indique la suppression d’une voyelle.

20 Y. éprent. Il ne nous reste plus guère qu 'épris, et encore n’at-il plus qu’un sens figuré.

24 Manoient ? X. maignent ; Y. maintient.

22 Le rhythme indiquerait que l’on prononçait fuir; X. foir (foïr?).

23 X et Y. compaignie.

24 X et Y. famés.

Fuir 22 deivent la conpaiimie 23 De femmes 24 ententivement 25,

Et lor carnal 23 aprestement;

Que cèle flambe 27 et cèle ardor Que vent 28 de la charnèle amor N’arde 29 les liens 30 que en els sunt,

Que Deus qui est sires del mond 31 Ad en els 32 par sa grâce mis.

Car en poi d’ure 33 sunt malmis Les bens ù cèle flambe cort Que des 34 choses femèles sort.

Por vérité saver 35 devom Que tuz jors ad l’angle félon 36 Son aguait 37 pur faire pécher Le chaste boni et le dreiturier 38 ;

Del 39 chaste femme ensement.

Eve 40 de le comencement Pécha par inobédience;

De cest pécié remest semance 41 Que 42 tuz jorz crest et multiplie 43,

Car dèbles 44 pas ne se oblie.

Par la flambe d’itel pecché 45 Ad meint home esté enginné 46 Joseph 47 fu tempté 48 et Samson,

L’un fu vencu [et] l’altre 49 non ;

L’un fu vencu, l’altre venqui,

Uuques 50 la flambe ne 1 corompi.

25 X. enterignement.

26 X. charnel approchement ; Y. charnel aprosmemenl.

27 Y. flame.

28 X et Y. qui vient.

29 X. n' ardent.

30 X et Y. biens qui en eus (Y. ex) sont.

34 X et Y. mont.

32 X. eus ; Y. ex.

33 X. d’ore ... maumis ; Y. En pou d'ore ; ital. in poco d’ora.

,34 X et Y. de chose femèle.

35 X. saveir devon; Y. savoir devons.

36 X. Angre ; Y. angel. Y. flèon, au lieu de félon.

37 V. Agait ; X. aguet.

38 Y. droiturier.

39 De la ? X et Y. et la.

49 Z. et véesle commencement piéça par inobédience,

44 X. remaint, etc ; Y. somence. Ce vers, omis dans V, a été rétabli d’après Z.

42 X, Y, Z. qui toz (Z. t os) jors.

43 X. creist et mouteplie ; Z. croist ; Y et Z. monteptie.

44 X. Quer déable.... s’oublie ; Y. diables... s’ oblie : Z. car li diables ne s’oblie.

45 X. de cest pèchié ; Y. flame de cel péché.

46 Y. a mains hom... engigniez ; X. a.... enginnié.

47 Y. Josep; ital. Giuseppe.

48 Y. tentez... Sanson.

49 X. li un fu vaincu, l’autre ; Y. li uns fu vaincuz, li autres.

50 X. One..., corrunpi; Y et Z. aine la flame, etc.

MÉLANGES D’ARCHÉOLOGIE

OBSERVATIONS

Élien parle de pierres qui prennent feu au contact de l’eau ou de certaines huiles, et le recueil de récits merveilleux attribué à Aristote (ed. Beckmann, p. 8 à, 257, 367) contient plusieurs curiosités semblables. Quant au sexe dç divers minéraux, il en est question dans Pline {Nat. Jlist. , XXXVC 39); mais j’ignore si quelque ancien auteur a mentionné cette inflammation spontanée de deux pierres quand on les rapproche. Le nom que donne le Bestiaire latin f cerebolim ) à cet intéressant minéral peut conduire à des conjectures assez plausibles. Ce semble être une altération de xepawoêôïtg (bolide, pierre de fondre , ou météorique ; aérolithe) ; et si Tatien n’est pas étranger à la composition du Physiologus, sa patrie avait dû l’initier aux merveilleux récits et à la haute estime que les Partîtes faisaient du ceraunium et des bêtifies (Cf. Plin. XXXVII, 51,52, l\ 8, lx 9; XXXVI, 29). Serait-ce trop se hasarder que de vouloir reconnaître là un témoignage altéré des feux météoriques qui accompagnent fréquemment la chute des bolides? De là seront nées aisément les belles opinions que l’on s’était formées sur l’origine des feux de l’escarboucle et sur les vertus magiques de divers ceraunia (Cf. Plin., I. cit., — Salin, in Solin ., 1689; p. 196, sq. ; 168, etc.) ; car cette espèce paraît avoir eu des limites assez mal déterminées. Je soupçonne même que Yaétile1, avec ses précieuses vertus (Cf. Plin., X, h; XXX, l\h- — Tychsen, l. cit., p. 107-109. — Salmas. in Solin., p. 502-50Û ; 505, sq. ; 168, 177), y avait trouvé place d’après plusieurs savants grecs et latins, pour la plus grande gloire du ceraunium.

Mais ne s’agit-il pas aussi peut-être de la pyrite, qui fit très longtemps la fonction du silex pyromaque des modernes, détrôné lui-même de nos jours par les fulminates artificiels (les allumettes chimiques, par exemple) ? Le fait est que les étincelles données par le fer sulfuré au choc de l’acier ou d’un autre minéral dur (Cf. Plin. XXXIV, 30; al. 19; XXXVII, 73 ) pouvaient prêter à des interprétations comme celles de notre Physiologus. On serait même passablement autorisé par la miniature de Bruxelles (PL XXIV, fig. BY) à prétendre qu’il s’agit précisément d’une pyrite frappée par le briquet ; cependant je suis très porté à croire que l’espèce d’anneau placé là dans la main droite du moine doit être interprété autrement; chose qui n’est pas d’une importance urgente.

Tout cela était déjà fort obscur dès le temps de Vincent de Beauvais, puisque ce compilateur nous en donne au moins deux versions : l’une à propos de l’aétite ( Specul . nat., VIII, 23; p. 505) ; et l’autre à l’article de l’andradamas (Ibid. VIII, 28 ; p. 507) , sous le nom de tkeroboleni.

1 Nous aurons occasion d’en parler dans la suite de ces re- quelque chose de semblable au sujet du (jagales, d’après cherches. Le Spéculum naturelle dit (VIII, 22; p. 50A) le livre De naturis rerum.

BESTIAIRES (PI. XIX, XXIV, etc.).

5 (Fig. F).

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