MSS. C, A
VIH. DE NATURA VIPERÆ L
Bene 2 dixit Johannes ad pharisæos (Matth., ni, 7; Luc, m, 7) : Generatio viperarum, quis vobis
’ A. De vipera. Rien sur ce sujet dans B.
2 A. Dominus ait in Evangelio ("Matth., xn, 3 A; xxm, 33) Generatio viperarum. Vipera faciem (sic) habet, etc. M. (p. 595) commence ainsi : Vipera genus est serpentis venenosæ. Pliysiologus autern de vipera dicit quoniarn a capite usque ad peclus, masculus est ; a
dixit fugere a ventura ira ? Physiolocus monet de vipera quoniam faciem habet hominis 3 viri masculus 4, femina autem 5 mulieris usque ad umbilicum ; ab 6 umbilico autem usque ad candam, cor-
pectore usque ad umbüicum, femina est ; ab umbilico , etc.
3 C. omis. Aucune miniature, tout étrange qu’elle soit, ne répond à ces données merveilleuses du texte latin.
4 C. omis. 4 '
6 C. omis.
6 C. et usque, etc.
BESTIAIRES (PL XIX, XXV, etc.).
codrilli 7 habet figuram. Vadum 8 autem 9 feminæ non habent 10 in sinu 11 suo, sed ut 12 foramen acus habent I3. Et si 14 masculus fiat 15 cum femina, effundit semen in os 16 feminæ. Et si ebiberit 17 semen ejus 18 femina I9, præcidit 20 veneria 21 necessaria masculi ; et moritur 22 masculus statim 23. Quum autem 24 creverint filii ejus in utero matris suæ 25, non habens ilia senum unde pariat, filii adaperiunt latus matris suæ 26; et sic foris2 exeunt patrueli et matrueli 28.
7 C. corcodrillo ; M. crocodrili.
8 A. mulier non habet in se senum (sic), sed.
9 C. omis.
,0 C. habet.
11 C. in sexu, sed.
12 A. sicut; M. et.
15 A. omis; C. habet.
14 M. omis ; A. si autem.
15 M. voluerit cognoscere feminam, effundit. L’expression employée par A et C, a l’avantage de faire reconnaître le verbe grec (jûv-etfitt, qui était sans doute dans le texte primitif.
16 C. ho s.
17 C. bibit ; M. et dum sorbuerit femina, præcidit.
18 C. omis.
79 A. omis.
20 C. prcecedit.
21 C et M. omis.
22 A. omis : ... masculi. Quum autem.
23 M. omis.
24 C. omis ; M. Dum autem.
25 M. omis: ... creverint in utero matris filii, comedunt ventrem matris, et sic exient, etc.
26 C et M. omis.
Bene 29 ergo similavit Iohannes viperæ pharisæos ; quoniam 30 sicut hæc generatio occidit patrem et matrem 31 , sic pharisæi 32 occiderunt intellegissimos {sic, Cf. p. 109, note 20) parentes prophetas etSalvatorem nostrum Iesum Christum, et matrem 33 terrestrem Hierusalem. Quomodo ergo 34 fugient ab ira ventura 55 ? Pater autem noster Iesus Christus 3G, etmater Ecclesia 37 vivunt in æternum 38; ipsi autem peccatores 39 mortui sunt.
27 C. omis; A. et exeuntes occidunt patrem et matrem.
28 M. exeunt. Patrolœ ergo sunt et matrolœ. On devinera sans peine les mots grecs ^a-pa/wa? et ptr/rpalrpaç, dont l’étrangeté dans leur costume latin aura désorienté le copiste du ms. C.
29 A. similabitur ergo Salvator nosler pharisœos, sicut, etc.
30 A. omis.
31 C. sicut occidit vipera patrem aut (sic) matrem.
32 A. sic et hic populus sine Deo est, patrem Iesum Christum, etc.
33 C. et Ecclesiam. Quomodo , etc.
34 A. omis.
35 C. fugiant futuram iram. Et quidem pater et mater vivunt.
36 G. omis.
37 C. omis.
38 C. in sœcula.
39 C. omis.
Malgré l’air d’antiquité qu’a cet article, je ne le trouve point dans mes bestiaires rimes ; et il est assez remarquable que, même dans la prose française, le symbolisme soit changé : comme si la rédaction primitive eût été perdue.
OBSERVATIONS
Quoique Élien (I, 24) et Pline (X, 82), après bien d’autres (Cf. Leemans, in Horapoll. , p. 351, sq.), répètent les détails du parricide des vipères, l’antiquité avait commencé à s’en déprendre avant que les observateurs modernes renversassent tout cet échataudage tragique ; si bien qu’Élien lui-même (XV, IG), revenant sur ses pas, demande pardon a Hérodote de ce qu’il ose écarter son témoignage en cette matière. Mais les amateurs du merveilleux ne tinrent nul compte des rétractations, et continuèrent longtemps à suivre le Père de i Histoire. Du reste, si la vipère proprement dite est réhabilitée en cela par les naturalistes, rien ne nous garantit que chez quelque autre serpent asiatique la femelle ne traite point son mâle
aussi traîtreusement que le fait chez nous l’araignée. Tychsen fait remarquer (/. cit., p. 50-5â) (pie nous ne sommes pas encore en état de traduire bien sûrement tous les noms de reptiles que renferme la Bible ; et quant à la singulière idée des vieux Bestiaires latin, qui veulent que la vipère ressemble à l’homme par là partie supérieure du corps, il se rejette sur le naja ou serpent à lunettes, en qui, de l’aveu de Lacépède, plusieurs ont cru voir une ressemblance grossière avec les traits de l’homme. De cette sorte, une bonne partie de notre conte reposerait sur des fondements tolérables. Mais, pour le reste, on n’y peut guère voir jusqu’à présent qu’une contre-vérité ; car les vipéreaux sont parfois mangés par leur mère, au lieu de lui donner eux-mêmes la mort. (Cf. Lacépède, Hist. nat. des serpents, vipère commune.)
7 (Fig. H).