AO
OBSERVATIONS
Le pélican, à cause d’une fausse application qu’on en a faite souvent depuis deux siècles surtout *, est l’animal auquel nous avons accordé le plus de place dans l’explication des Vitraux de Bourges (noe 52, 53; p. 96-102) ; et je ne puis d’ailleurs porter entièrement à la charge des auteurs classiques l’histoire fabuleuse de cet oiseau. Il a hérité, chez les écrivains ecclésiastiques, de quelques-unes des merveilles dont le vautour avait été doté par les anciens. J’en avais dit un mot dans l’occasion que je viens de rappeler ; mais je l’ai trouvé depuis beaucoup mieux exposé par M. Leemans dans ses notes sur Ilorapollon (p. 278, 171, 179., sq.). S’il ne s’agissait que du pélican proprement dit, remplissant de poissons le sac de peau qui agrandit son bec, les apportant à ses petits, et mourant plutôt de faim que de se nourrir avant de les avoir repus, l’histoire naturelle répondrait seule de tout; mais, comme on voit, il s’agit d’un oiseau qui verserait son sang pour rendre la vie à ses enfants après qu’ils ont mérité sa colère. Là, l’observation ne se porte plus pour garant; il n’était point de figure qui se prêtât bien à la réalité donnée par l’Évangile.
1 Je dois dire pourtant qu'à Rome, dans la basilique nio- symbolisme quand on a placé le pélican au dessus du siège de rue de Saint-Pierre, on s’est parfaitement conformé au vieux qu’occupe le grand pénitencier.
% — ITT —
8 (Fig. 1).