‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 106 sur 240 · Uvre VI. c · texte numérisé non relu

Uvre VI. c

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310 LE PILUM I>E l'iKFANTERIE ROMAINE

Ainsi s'exprime Polybe. S'il fallait prendre son témoignage à la lettre, il en résulterait l'image d'une arme impossible à manœuvrer pour le plus grand nombre des hommes; car quelles mains seraient assez larges pour empoigner un barreau ou un rondin de O^iOT? d'épaisseur? quel bras assez fort pour lancer un pareil engin porté à la longueur de a^.OTg (en comptant la proéminence du fer), alourdi d'ailleurs par l'énorme épaisseur de ce fer à l'emmanchement? Aussi ceux qui ont voulu restituer le pilum de Polybe sans tomber dans l'incroyable, oilt-ils été obligés ou de supposer des altérations de copie dans les nombres qui indiquent les mesures, ou de glisser sur une partie des détails. Mais ce sont là des moyens réprouvés par la critique.

Procédons autrement. Un texte descriptif ne dit pas toujours ce qu'il semble dire, surtout quand il s'agit d'un objet connu de tout le monde dans le temps où l'on écrit. Sans y faire attention, on laisse passer des sous-entendus, auxquels supplée l'intelligence des lecteurs présents, mais qui deviendront d'autant plus embarrassants pour les lecteurs k venir, que ces sortes d'omissions portent d'ordinaire sur des parties essentielles. C'est une obscurité de ce genre que je suppose ici. Il me semble que la grosseur prodigieuse qui rend inintelligible le pïlum décrit par Polybe doit s'entendre, non pas de l'arme considérée dans toute sa longueur, mais seulement d'une partie de cette longueur, de celle qui constituait le caractère particulier de l'arme, qui la faisait ressembler à un pilon.

Le pilum que je me figure est un trait dont le bois aurait l'apparence d'un refouloir d'artillerie, mais avec un tampon beaucoup plus allongé. A. cette partie, que j'appellerai chapiteau et qui sera le cylindre ou le tétraèdre de 77 millimètres mentionné par Polybe, je donnerai la moitié de la longueur du bois. J'y suis amené forcément, puisque le fer, qui avait la même longueur que le bois, s'étendait sur la moitié du bois. Or cela ne pouvait avoir lieu que sur la partie renflée du bois, c'est-à-dire sur le chapiteau.

Mais ce fer qui s'étendait sur la totalité du chapiteau, faut-il se le

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LE FILDH DE l'iNFANTKRIE ROUAINE 311

rep]:*é;s«iiter comme une douille? L'épaisseur indiquée de 28 millimktr^^ s'y oppose, car quel eût été le poids d'une douille de cette force ^yant 69 centimètres de long! Pour ce motif, je ne vois qu'une suppo^silion possible relativement à la partie du fer qui adhérait au lois, «^ui avait son attache contre le bois, itpàç -cô ÇiXov, comme dit le grec = c'est que c'était une patte engagée dans une entaille longitudinale Et de là le grand nombre de rivures qui était jugé nécessaire x^our le tenir solidement assujetti.

L-e -t:«xte attribue l'épaisseur de 28 millimètres non pas seulement

^ la- E>£>rtie qui adhérait au bois, mais en même temps à une autre

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