‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 108 sur 240 · MtTpiai; âxovT(Di< Xai sùv tû ai&i^pu. Ibid · texte numérisé non relu

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LK PILUM DE L'l.\FANTKniE ROHAINK 313

vain avait emprunté évidemment à ua ancien historien latin. C'est à propos de la bataille où les Cimbres furent exterminés par Marîus. ( On raconte, dit Plutarque, qu'à l'occasion de cette bataille, Marïus introduisit quelque chose de nouveau dans le pilum. Tandis qu'auparavant l'insertion du bois dans le fer était consolidée par deux attaches de fer, Marins en laissa une telle qu'elle était ; mais il âta l'autre pour mettre à la place une cheville de bois '. »

Deux choses dans ce récit impliquent que l'ancienne patte d'attache avait été remplacée par une chape dans laquelle entrait le bois. D'une part le bois étant représenté comme fourré dans le fer, c'est que celui-ci jusqu'à un certain point constituait une enveloppe; et la même nécessité résulte encore de ce que deux attaches suffisaient pour maintenir ce qui en avait demandé un si j^nd nombre dans l'instrument décrit par Poiybe. Il n'était plus nécessaire de multiplier les rivures, du moment que le chapiteau était mordu par deux brides qui descendaient sous le pied du fer.

Plutarque continue. Il veut qu'on sache le motif de l'innovation introduite par Marius, et voici ce qu'il ajoute :

€ Il calculait que le pilum, en tombant sur le bouclier de l'ennemi, n'y resterait pas droit, mais que la cheville de bois casserait, et qu'une flexion se ferait au fer, si bien que la hampe, retenue par la torsion de la pointe, traînerait par terre'. »

Ici je ne puis plus reconnaître ie témoigna^ d'un vieil auteur du temps de la République. C'est l'historien grec qui parle de son chef, et son explication ne vaut rien. Elle demande à être complétée sur un point et corrigée sur un autre.

Puisque la cheville de bois devait casser quand le pilum atteignait son but, c'est que, lors de la clouure, le chapiteau n'avait point été poussé jusqu'au fond de la chape. Il restait un vide dans lequel le chapiteau s'avançait par la force d'impulsion de la hampe au moment oii le fer s'arrêtait dans l'obstacle qu'il avait pénétré. Il fallait en outre que la cheville de fer se prêtât au même mouvement : ce qui n'était possible qu'autant qu'elle traversait le chapiteau par un trou ayant la forme d'un chas d'aiguille. Au contraire la cheville de

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bois, fixée à demeure dans te chapiteau, était hors d'état de résis* ter à la violence de la secousse. Elle se brisait.

Ed second lieu, l'efTet de la cheville de bois cassée n'était pas de faire traîner par terre la hampe de l'arme. La hampe traini^it parce que son poids avait fait plier le fer. Il en avait été ainsi à toutes les époques, et Plutarque ne s'est pas souvenu qu'il avait dépeint cet effet dans le récit des combats livrés aux Gaulois par Camille'. Le but de Marius, en préparant la rupture de l'une des attaches du fer, fut de disloquer l'arme de telle sorte qu'elle ne pût point être renvoyée par l'ennemi. Et cela est si vrai, que c'est l'explication donnée par un des vieux scoliastes d'Horace, Porpbyrion, qui, à propos de ces vers :

Nsc eolm quivls hoireotla pilis AgmiSB, nec fracta pereuntee cuaplde Gallos Aul labenliB eqao describat rainera Porthi ',

fait la remarque suivante :

« Ceci est emprunté à l'histoire et se rapporte à Marins qui, pour combattre les Santons (Juste-Lipse corrige en substituant Teutons à Santons), imagina une fafon de javelots telle qu'ils se brisaient en les lançant, et, par conséquent, ne pouvaient pas être renvoyés par l'ennemi'. »

Bien que le stratagème en question ait été employé contre les Cimbres et non contre les Santons ou les Teutons, bien qu'Horace ait voulu faire allusion aux victoires remportées du temps d'Auguste plutôt qu'à celles de Marins, nous n'en devons pas moins au scoliaste une réminiscence précieuse, car son explication est certainement celle d'un ancien auteur, que sa mémoire lui suggéra mai à propos.

Il ne résulte d'aucun témoignage qu'après la bataille des Cimbres, le pilum ait continué d'être emmanché selon le mode décrit par Plutarque. C'était là un de ces expédients dont on peut s'applaudir une fois, mais qu'il ne fait pas bon recommencer. La condition d'un jet sûr était que le bois adhérât fortement au fer. On dut revenir à l'ancien mode d'attache, au risque de voir le pi'lum renvoyé quelquefois par l'ennemi. J'ai cité en commençant un exemple qui prom'e que César dans la guerre des Gaules éprouva cet inconvénient'.

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