Ci-detBus, p. 30S, Dote
DigitizsdbyGOO'^le
LE PILUH DE L INFANTERIE nOUAINE 31S
Après les textes qui viennent d'être cités, s'il reste encore des incertitudes, elles seront dissipées par un monument flg^iré dont l'archéologie n'a point encore fait usage. Je veux parler de l'un des quatre bas-reliefs qui décorent le tombeau des Jules à Saint-Remy (Bouches-du-Rhône).
Il a été fort question du tombeau de Saint-Remy, dans ces derniers temps, à propos d'un mémoire de M. Ritscbl, de Honn', D'après l'orthographe de l'inscription et la forme des caractères, ce savant a soutenu que le monument devait dater des dernières années de la République romaine ou, tout au plus, des premières du règne d'Auguste. C'est une opinion que nos érudits du xvii' siècle avaient déjà mise en avant ; mais elle n'avait pas pu se faire accepter par les critiques en matière d'art, ceux-ci croyant reconnaître dans les sculptures te mauvais goût qui caractérise la décadence. Cependant une déduction à la fois philologique et paléographique offre plus de certitude qu'un jugement esthétique. D'ailleurs en s 'attachant d'une manière trop exclusive à l'expression de la forme, on a perdu de vue l'ajustement des figures, et l'ajustement des figures est aussi un élément de chronolï^ie. Or, les soldats du bas-relief dont il s'agit sont habillés et ajustés comme ceux de tous les autres ouvrages du \in* âècle de Rome^ Il y a à signaler particulièi-ement leur manière de porter l'épée. Ils l'ont à gauche, et c'est une chose singulière que l'épée portée à droite par les vieux Romains, au dire de Polybe ', et figurée encore à cette place dans tous les monuments du temps de Trajan et des Antonins, se montre à gauche sur ceux qui datent du temps des premiers Césars '.
Pour en revenir à mon sujet, je mets sous les yeux du lecteur des pilum qui sont figurés dans le bas-relief de Saint-Remy, Ces armes sont à la main de deux soldats entre lesquels on en voit s'avancer un troisième qui chaîne avec la haste (Planche I), Le dessin a été fourni par une photographie que je dois à l'obligeance de M. Hévoil, architecte du gouvernement, préposé à l'entretien des anciens monuments de Nîmes.
Le groupe donnera l'idée de l'ensemble. J'y ajoute, pour plus de clarté, le pilum restitué à part d'après un calque que M. Blancard,
1. Index Seholarum qux tummii autpiciU régis augusimimi GuiUelmi m univertitale Predericia Guilletmia rhenana per mentes hibernot a. MDCCCLXIV et LXV, a die XV m. oclobris pubiice privatimqve habebunlw. Prxeedilprisem latinitatU epigraphicse lupplemenlum Y. Bonn, Garl Georgi, iii-4.