‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 11 sur 240 · Iliid., 6« série, t. I, 11163-1866, p. S13-S · texte numérisé non relu

Iliid., 6« série, t. I, 11163-1866, p. S13-S

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Auxois, mais dans le massif d'Alaise en Franche-Comté. Celle théorie, habilement présentée par son auteur, séduisit Quicherat, i! l'exposa dans un article de VAthenasum français', qui fut le point de départ d'un violent débat dans lequel il se jeta avec toute l'ardeur d'une conviction sincère.

Je n'ai pas besoin de rappeler les détails de cette lutte de dix années, dans laquelle Quicherat tint tête à une foule de savants, répondit à une foule de brochures, trouvant toujours des arguments nouveaux à opposer à ses adversaires, dépensant des trésors d'érudition qu'admiraient ceux mêmes qu'il ne pouvait convaincre. Je n'ai pas la compétence nécessaire pour apprécier le plus ou moins de fondement de l'opinion qu'il défendit si vif^oure use ment. Bien des (Tens estiment qu'il perdit dans cette polémique des heures précieuses, dont l'emploi aurait pu être plus fructueux pour la science. Mais c'est là un point dont il ne voulut jamais convenir, et l'on est tenté de lui donner raison, quand on pense à l'impulsion que son intervention imprima à l'étude de celte période de notre histoire, quand on repasse les précieuses leçons de critique qu'il accumula dans ses articles, quand on songe aux résultats des fouilles qu'il poursuivit pendant cinq campagnes avec une ardeur de jeune homme, et qui enrichirent le musée de Besançon d'une foule d'objets du plus haut intérêt.

Un autre résultat pratiqué sortit de cette polémique : les contradicleurs de Quicherat lui avaient plus d'une fois reproché de s'être mépris sur la valeur historique des noms de lieux, d'avoir méconnu les règles de la transformation des mots dans ses interprétations des noms du pays d'Alaise, Le reproche était mal fondé, car il avait étudié depuis longtemps les règles de la philologie, et leurs applications à la géographie historique. Il en avait même fait un des principaux chapitres de son cours de diplomatique. Il crut utile cependant de répondre à cette imputation, et c'est ainsi qu'il fut amené à publier son Trailéde la formation française des noms detieux^.

Ce petit volume obtint un légitime succès, il montra une fois de plus les merveilleuses aptitudes de Quicherat pour toutes les branches de l'érudition. Malgré les immenses prc^rès accomplis depuis quinze ans dans le domaine de la philologie, malgré te développement des études de géographie historique, c'est encore un type parfait d'ingénieuse critique, un modèle à recommander pour la clarté de l'exposition, l'horreur du pédantisme et le mépris de ces formules algébriques,

i. Déeoaverle de FAlesia de» Cmnmenfaires de Cisar [Alhenxum français, 10 mal isse, 5° aDDée. p. 384-386].

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