DIFFÉRENT DES ALLOBROGES
[MimoiTtt de la Société dei Anliguairet de France, 1889. — Blbliogr,, o'ïll.)
Parmi les dissertations sans oombre que fit éclore, il y a quelques années, la question d'AIesia, il y en eut une qui plaçait cette ville en Savoie'. On eut lieu d'être surpris, car la Savoie était habitée par les Allobroges, et les Ailobro^es ont été re^rdés Jusqu'ici comme les sujets fidèles des Romains pendant la ^erre des Gaules. Aussi l'auteur de l'opinion nouvelle s'efforça-t-il d'établir que les AUobroges avaient fait défection, et l'une de ses preuves a été que ce peuple, au témoignage d'Appien, fut vaincu par César.
On lit en effet quelque chose comme cela, sinon dans Appi^n même, au moins dans le Sommaire qu'un abréviateur nous a laissé d'une partie de l'un des livres d'Appien*. Ce morceau est du domaine public depuis [Jus de trois siècles, et aucun historien n'a eu la tentation d'en tirer ta preuve que les AUobroges eussent secondé les efforts de Verclngétorix. Pourquoi? Parce qu'il y a toutes sortes de motifs pour n'en pas faire cet usage. On a donc eu raison de s'abstenir. Néanmoins le fait tel qu'il est ne laisse pas que d'être singulier, et l'on a eu tort de ne pas chercher & l'expliquer. C'est une omission de la critique, que je vais essayer de réparer.
Le témoignage de l'abréviateur d'Appien est que César \-ainquit Im Allobnges : 'Exfxrr,sî Si vtxi 'AXXoSpfywv i KxX^xp. Comme les Grecs ont toujours appelé AUofariges ceux que les Romains appelaient AIlo-
1. L'.Uesiii de César près de Nooalaise en Savoie, piu" Théodore t'inl, Cliambér;, IgSE. Id-S*.
S, Claué touï le ii° i, parmi les restes du 1i*re IV des HUloirea ronmae*'
DigitizsdbyGOO'^le
ALLOBRIGES ET ALLOBROGES 339
broges, il est tout simple que nos traductions latines d'Appien' portent : VicU ou tuperavit etiam Cmtar AUobroget. Les littérateurs qui ont ainsi rendu sont très excusables; mais pour que cette version fût accepta par l'histoire, il faudrait trouver la place de la guerre où les Allobn^es éprouvèrent la supériorité des armes de César. Or cela est (aut bonnement impossible, puisque d'un bout à l'autre des Commentaires sur la guerre des Gaules, on voit les Allnbro^es seconder les Romains ou recevoir d'eux du secours. Si dans un endroit César fait allusion à une délaite qu'ils avaient essuyée depuis assez peu de temps pour que Vercingélorix pût espérer que le ressentiment n'en serait pas encore effacé', cela s'explique par la guerre, antérieure de deux années seulement au proconsulat de César, dans laquelle G. PtHoptinus écrasa les Allobroges, rais en goût de révolte par la conspiration de Catilina.
A la vérité on cite trois inscriptions commémora tives d'un triomphe de César sur ce peuple.
La première, imprimée dans une histoire récente de la ville d'Asti *, ne supporte pas l'examen, tant elle est grossièrement foi^ée. La voici :