‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 121 sur 240 · DE GALLEIS DE GALLIS ET · texte numérisé non relu

DE GALLEIS DE GALLIS ET

ET ALLOBROG. . ALLOBROGIBVS

PHAVIT ET ARECOMICIS

TRIVMPHAVIT

*- **« Ar/to Gatlico, 1. Vil, c. 6*. *• fiern^no GrMsi, Bloria detla ciUà aAsli. 1B17. 3- ^ubli^g dans Gruter, t, 223, et doos D, Vuisièto, Histoire ginirale du

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Elles ne sont pas jugées meilleures que celle d'Asti par les énidlls en la matière. M. Léon Renier, dont j'ai eu soin de prendre l'avis, y voit un amusement de quelque savant de la Renaissance. Bref toutes les trois sont fausses aux yeux de l'épi^raphie; et elles le sont aussi aux yeux de l'histoire, car il est constant, d'après le témoignage una~ nime des auteurs grecs et lafina, y compris A-ppien, que pour les nombreuses victoires qu'il avait remportées sur les peuples de race celtique ei germanique, César se contenta d'un seul et unique triomphe dont le litre fut GalHcus ou de Gallis'. Probablement l'abréviateur du récit d'Appien sur la guerre des Gaules a suggéré ces niéctiantes inscriptions, qui, à leur tour, sont devenues pour l'auteur de l'AIesia savoisienne des arguments en faveur de l'interprétation qu'il donnait de l'abréviateur. Voilà ce qui arrive lorsqu'on édifie un système sur une phrase saisie au vol dans un texte, sans faire attention à ce qui précède et à ce qui suit.

Le fait est qu'on n'a qu'à remettre à sa place la phrase en question pour voir combien peu il est prebable que les Allobroges y soient nommés. Le morceau dans lequel elle se trouve nous repi-ésente la charpente d'un récit où Appien avait groupé méthodiquement les campagnes de César dans le nord de lu Gaule. Les événements consignés sont ceux-ci :

Défaite des Belges sur les bords de l'Aisne. — Bataille contre les Nei-viens. — Victoiie sur les Allobriges. — Expédition contre les Usipètes et les Tenchtères. — Châtiment infligé aux Sicamhres qui avaient mis en fuite la cavalerie romaine.

Ce sont les faits racontés par César lui-même dans le deuxième et dans le quatrième livre de ses Commentaires, sauf qu'il ne parle pas des Allobriges; mais, par contre, il mentionne une victoire sur les Atuatuques dont l'abréviateur d'Appien ne dit mot ; de sorte qu'on a le droit de se demander si, dans le texte de ce dernier, il ne faudrait pas lire "ÀTsuaTsJiiwJ au lieu de 'AXXoSpi'Ywv. Cette confection semblerait d'autant plus naturelle que l'abréviateur consigne, en la rapportant faussement aux Nerviens, une circonstance énoncée par César k propos des Atuatuques, à savoir qu'ils étaient de la race des Cimbres et des Teutons". Une preuve si manifeste du peu de soin avec lequej a été fait l'abr^é autoriserait à coup sûr la supposition que le nom

I. Appiea, De bellia eiviUbus, H, 101; Dbu Cassiua, XLllI, 19; Tlto-Live Epiiome,\. 115; Vellùus falurculus, IJ, 'j6; SuÉtouu, C.J. C»sai;Sl; Florus' IV, 3. '

a. I>e btllo Oallico, 1. Il, c. 23.

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propre a été estropié, et je m'arrêterais à cette conjecture, s'il n'y avait pas d'autres textes qui plaident pour le maintien de 'AXXsCpfYuv.

D'atmrd dans le discours que Dion Cassius prête à César au moment d'en venir aux mains avec Arioviste, le ctief germain est traité d'Allobrige. « Quoi, dit César, quand un proconsul romain mande quelqu'un auprès de lui, ce quelqu'un refuse de venii'l C'est lui, au contraire, le proconsul qui est mandé ! Et par qui '.' par un Allobrige' ! » Les commentateurs n'imaginant pas que AUobrix, comme il y a dans le grec, pfit signilicr autre chose que un Allobroge, n'ont su que dire de ce passage. Tumèbe, et en dernier lieu Sturtz, ont approuvé une correction de Xylander, qui consiste à mettre àXXétptsî à la place de 'AXXoJpt^*. Mais la leçon est la même partout, et pour que la phrase ait sa force, il faut ou une injure, qui serait déplacée dans la bouche de César, ou un nom de nationalité barbare. C'est ce qui fait que M. Gros, notre traducteur de Dion Cassius, s'est tenu à la leçon des manuscrits, en supposant toutefois que son auteur, dans la rapidité de la rédaction, avait pu se tromper de terme^.

Ainsi on en a été réduit jusqu'à présent à accuser d'erreur soit l'écrivain, soit les copistes, et cela faute d'avoir rapproché le nom fourni par le texte de Dion Cassius de celui que donne l'abréviateur d'Appien. Il n'y a qu'à les mettre en présence pour voir qu'ils se justifient l'un l'autre. Éclairée par ce double témoignage la critique n'a qu'une chose à faire : conclure qu'il exista un peuple germanique, d'où Arioviste tirait son origine, dont le nom, sous la plume des Grecs prit la même forme que celui qu'ils attribuaient aux anciens habitants de la Savoie et du Dauphiné. L'usï^e des Grecs a occasionné une équivoque qu'on évitera désormais en reconnaissant des Allobriges et des Ailobroges.

Ce n'est pas tout. Un second témoignage d'Appien, plus explicite que le premier, non seulement confirme l'exislence des AUobriges, mais nous instruit de leur position. Je veux parler d'une citation qui se trouve égarée dans l'article "Hisjiev du lexique de Suidas, pour lequel elle ne fournit pas d'exemple. Le nom d'Appien, comme source de la citation, manque dans l'ancienne édition de Suidas; il a été introduit dans celle de Bernhardy', d'après l'autorité des manuscrits de

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