VESTIGES ANTIQUES DE TARN-ET-GAROSSË 3S
pas aux Gaulois, qu'appartiennent les retranchements du genre de ceux qu'a remarqués M. Devais.
Notre correspondant signale encore des galeries donnant accès à des chambres souterraines, qu'il a vues à Férussac (commune de Roquecor) et à Lauzerte. Ces galeries ont été pratiquées sous un soi tout rempli de débris romains : de là la conclusion qu'elles sont antérieures à l'époque romaine, et qu'elles ont servi d'habitation à la population primitive du pays. Mais la superposition de ruines ayant un âge connu à des travaux souterrains n'est d'aucun secours pour se fixer sur l'âge de ceux-ci. De ce que des souterrains existent sous des bâtisses romaines, on n'en peutpas induire ipso.facto qu'ils aient été creusés avant l'époque romaine, et c'est attribuer aux hommes primitifs une puissance qu'ils n'avaient pas, que de supposer qu'ils ont fouillé le sein de la terre pour s'y abriter, eux qui, faute de moyens pour se construire des demeures, étaient obligés de disputer aux bétes la possession des cavernes. Il y a à dire sur les refuges souterrains ta même chose que sur les fossés au moyen desquels on a coupé la gorge des promontoires. Ce sont des ouvrages qui se rapportent au temps des invasions. De tous ceux qui ont été étudiés jusqu'à présent, jo n'en connais pas un seul qui remonte au delà de l'époque carolingienne.
Les pierres avec des empreintes qui ont à peu près la forme d'une semelle abondent dans le département de Tam-et- Garonne. On les désigne sous le nom de Piada de Roland. M. Devais en avait déjà reconnu trois sur les communes de Belvèze et de Saint-Amans; il en signale une nouvelle près de ToufTailles, dans un hameau qui porte le nom significatif de Lapiade.
Au ttouch (commune de Saint-Vincent-Lespinasse),un gros tumulus a été fouillé récemment. Il renfermait beaucoup de squelettes qui avaient entre les dents, les uns, des monnaies consulaires, les autres, des monnaies de bronze de la même époque. Les morts avaient tous' été couchés dans la même attitude, les pieds tournés du côté de l'orient. M. Devais seborneà consigner ces renseignements, qui lui ont été fournis sur les lieux. Il ne parait avoir vu aucune des pièces découvertes. Au nom du Comité, je ferai appel à son zèle pour qu'il se livre à un complément d'enquête, et qu'il tâche denous faire connaître les types de ces monnaies. Des morts inhumés de la sorte sont des Romains, et des Romains qui ont succombé dans un combat. Quoi de plus, intéressant que de déterminer avec le secours de la numismatique l'époque où s'est livré ce combat.
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AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES COMMUNICATIONS DE MM. DESJARDINS ET GUIGUE
LES nUrHIS DOMAINES DE VIEUX EN DUGEY {Bévue da Société! tavaalt), ISIO. — Bibliogr, n* IS3.)
Dans le département de l'Ain, la route qui va de Nantua à Betley traverse un territoire riche en ruines romaines, dont les poinls principaux soat Champagne en-Val-RomayetVieux, deux villages trèsrapprochès l'un de l'autre, Chainpagfne est aujourd'hui clief-lieu de canton et a le pas sur Vieux, C'était le conlraireautrefois; Vieux fut le centre de la population dans l'anliquité. Un aqiitduc souterrain, meutionoû dans tous nos répertoires topograp piques, j aboutit, et depuis longtemps on y a constaté l'existence d'un temple. Il y a même une inscription, signalée pour la première fois par Guichenon felle est aujourd'hui à Belley), qui nous apprend que ce temple était dédié au dieu Soleil, et que le nom ancien de la localité était Veneionimagus. Vieux, pour le dire en passant, n'est pas autre chose qu'un dérivé de ce nom, résultant de plusieurs syncopes intérieures, de l'apocope de magus, qui est de règle dans tous les composés où entra ce suffixe, et enfin d'une équivoque motivée par la prononciation indécise du thème roman primilif, qui fut Vioun. Au lieu de Vioun, on a fini par dire Viau ; or viou, dans le patois bugisle, est l'équivalent de vieux. La preuve que c'était autrefois Vioun, et non pas Viou, nous est donnée par la forme latine Viotiium, consit;née dans les litres du moyen âge. Je recommande celte remarque aux savants du pays, qui regardent le nom de Vieux comme un dérivé de vicus.
Nous avons à Champagne un correspondant plein de zèle pour la science en la personne de M. Gu%ue, ancien élève de l'École des chartes, attaché à l'administration des finances. Ayant appris qu'un autre correspondant des travaux historiques, M, Desjardins, archi-
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RUINES ROMAINES DE VIIi:UX 353
tecte de la ville de Lyon, avait entrepris la monographie des antiquités de Vieus, M. Guigne se mit à la disposition de son collègue pour foire les recherches complémentaires que celui-ci croirait utiles à son travail. L'ofb-e fut acceptée avec empressement ; M. Desjardins fournit de quoi faire des fouilles, et, en s'éclairant des premiers résultais obtenus, composa un mémoire qu'il adressa au Comité.
J'ai eu sous les yeux ce travail ', où la plus grande part est donnée aux objets d'art et aux échantillons d'architecture trouvés à Vieux, l'auteur ayant voulu laisser à M. Guigne tout l'honneur des constatations qui rentrent dans le domaine de l'archéolc^ie pure. Cette réserve délicate m'a mis dans la nécessité de m'adresser directement à M. Guigne. Je lui ai fait à plusieurs reprises des questions auxquelles il a bien voulu répondre. Les renseignements que je tiens de lui, fondus avec la substance du mémoire de ^1, Desjardins, établiront d'une manière suffisante la richesse du gisement d'antiquités sur lequel ont opéré nos deux correspondants.
L'église de Vieux parait occuper l'emplacement du grand temple. Dans sa fahriiiue apparaissent beaucoup de belles pierres empruntées à la construction antique.
Les fouilles, commencées près du chevet de l'édi&ce, dans la direction du levant, n'ont montré d'abord qu'un effroyable pèle-mèle de fondations, de tuiles à rebords, de briques, de débris calcinés. En continuant, on arriva à une construction en petit appareil de la plus grande régularité, qui se trouva être un édifice quadrilatéral, ayant sa façade tournée au midi, long de 10" ,60 sur 3",40 de large. L'ouverture d'entrée, presque aussi large que la façade, était précédée d'une fondation en libage sur laquelle paraissaient avoir été établies les colonnes d'un portique. Deux tronçons de ces colonnes ont été retrouvés.
Les objets recueillis dans l'intérieur sont : une lampe en bronze avec ses chaînes de suspension; une autre petite lampe en terre rose, dont le dessus porte l'inscription VIRAi ^ le dessous la marque de fabrique )EC1 OF ', deux chapiteaux composites en pierre rouge; quantité de débris d'un placage de marbre qui avait revêtu tes parois de l'édifice; d'autres débris provenant de statues brisées, entre autres une tête d'Apollon, un buste habillé d'un manteau, un fragment de statue de femme également drapée ; un piédestal
I. Depuis le (lépàt dit ce rapport, M. Desjardius a Gtit imprimer soi moire tous le titre de Notice lui- les antiguitéi du village de Vteux-ei Romay, Itjoa, ISG», 3i pages et 6 plaucties, in-S".