‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 127 sur 240 · RUINES BOMAIKCS DE VIEUX · texte numérisé non relu

RUINES BOMAIKCS DE VIEUX

renversé, sur l'une des faces duquel est gravée l'inscription que voici :

DEI Pî I CiK

PATRI pf PATRV

M Cî G (S RV

EVTACTO

CdRCi VIRI

LIS Ci FIL 0 M. Guifpie interpréta très bien les sigles invicti MUhra, qui suivent le mot dei dans la première ligne et il reconnut pour un grand prêtre du dieu le personnage qualifié de pater patrum ; mais, à cause de la cendre qui empâtait les lettres, il n'avait pas discerné les prénom et nom Gaio Rufio. Je fis part de sa lecture à M. Léon Renier, qui indiqua sur-le-champ, avec sa sagacité habituelle, comment elle devait être corrigée. La leçon ainsi donnée par conjecture se trouva être celle du monument, lorsque celui-ci eut été nettoyé.

Non loin du piédestal d'Eutactus a été découvert un trou carré. pratiqué à peu près dans le milieu de la cellule, et où il y avait des cendres avec un petit bronze de Magnus Haximus. Les bases de deux autres piédestaux se trouvèrent en place à 60 centimètres en avant du mur de fond.

Un boyau creusé dans le roc avait son dégagement en avant de la cellule, du côté de l'ouest, dans le prolongement du por^que dont j'ai parlé tout à l'heure. Arrivé & la construction, il se retournait brusquement pour en suivre le mur septentrional jusqu'au premier tiers de la longueur de celui-ci ; après quoi il se retournait encore et pénétrait de 90 centimètres sous l'aire de l'édifice. Ce réduit souterrain avait 50 centimètres de large sur 1=,20 de haut. I! était voûté en tuf. Il contenait beaucoup de cendre mêlée d'ossements de toutes sortes d'animauxet même d'ossements humains. On y trouva aussi plusieurs petits vases protégés par des tuiles à rebords, et des monnaies de Claude le Gothique au revers Consecratio.

Cette rencontre, ainsi que les cendres déposées dans le trou carré, troubla fort M. Guigue. Il se demanda s'il n'avait pas affaire à un monument funèbre, quoique les dimensions et l'ordonnance lui parussent annoncer plutôt un taceUttm. Cette dernière coigecture était la seule légitime, et l'inscription d'Eutactus indiquait» h n'en pas douter, que le lieu avait été consacré au culte de Mithra.

Le recueil des monuments du culte de Mithra, formé par Lajard, montre le plan de plusieurs temples où ce dieu fut adoré dans l'an' cienne Germanie romaine. La partie principale de l'édiQce est toujours

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une salle oblongue précédée d'un portique, comme s'était pré8entée cellede Vieux; mais à celle circonstance s'ajoute un trait toutà fait caractérislique. La salle oblongue est enveloppée de collatéraux a l'égard desquels elle se trouve en contre-bas. Comme M. Guigue avait conduit sa fouille sans s'éloigner du quadrilatère, j'eus l'idée qu'une nouvelle recherche ferait découvrir la fondation des collatéraux. Effectivement, notre correspondant s'étant remis à l'ouvi-age d'api-ès l'avis que je lui avais donné, un second quadrilatère s'est montré sur tout le périmètre du premier. Il y a plus : l'aire de cette précinction a pu être repérée sur un point, et l'on a constaté qu'elle s'élevait de 30 centimètres au-dessus de l'aire de la salle intérieure. Voilà donc un Mitkrœum bien authentique qui s'ajoute à ceux que l'on connaissait déjà.

Au nord du Mitlineum et de l'église a été reconnue la fondation en libage d'un gros piédestal. Tout autour gisaient des éclats de marbre blanc en nombre infini. Dans la quantité s'est trouvé le pouce bien conservé de la main d'une statue colossale. On a jugé qu'elle devait avoir de 6 à 7 mètres de hauteur.

Depuis cette décoiiverte, M. Guigue s'est occui>é d'im gi'and et utile travail dont je parlerai tout à l'heure. Il en est à présent à i-econnaifrc les substructions d'un vaste édifice, situé au midi du Milbncum et qui se présente avec l'apparence d'un établissement de bains.

Entre autre choses dessinées et décrites par M. Desjardins, il y a à remarquer ;

Une voûte en berceau, d^adée, mais de la plus belle construction, qui recouvre la fontaine publique de Vieux.

Deux fragments de frise découvert» en 1868. Le curé de Vieux, pour assurer leur conservation, les a fait mettre devant l'église. On lit dessus, en capitales de la plus grande dimension, PMARV, et Il C"!!!!- Ces mots faisaient partie, selon toute apparence, de l'inscription du grand temple. Une autre pierre, portant les trois lettres MAG ou MACr appartenait à la même frise. Elle est engagée dans le mur du cimetière.

Le torse assez bien exécuté d'une femme nue, sur le pubis de laquelle est sculpté un fleuron d'ornement.

Des fragment.'! de poterie avec les raartpies QVINTVS F — PAS- SENI M. - TERTIVS - NOSTER - VALLO FEC. Cette dernière est disposée autour d'un cercle de grènetis.

Près du village est un lieu dit le Colonnat, où l'on voit des tronçons de colonnes de 75 et de 30 centimètres de diamètre. Une colonne entière existe encore à Vieux. Elle était autrefois accompagnée de Iroia autres qui furent transportées au château voisin d'Artemare.

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Les résidences seigneuriales des environs se sont ainsi enrichies des dépouilles de Vieux. Dans celle de Roi^emont, on voit une colonne polie. A Machurat, Tépitaphe commémorât! ve d'un costumier originaire du pays servait de marche à un perron d'où M. Guigue l'a fait retirer.

D. M ET MISERA[El MORTAE PERE GRAE INTERC[E] PTO RVFFIO RV FFIANNO ANNO RVM XX VEST lARIO P[ER] ER VDITO P...TI TVS RVFFINV[S] FILIOCARI PC

Dans le cimetière que j'ai déjà mentionné (il entoure l'église), il y a un mur antique de grand appareil, reste présumé du péribole du grand temple. Sur un de ses retours s'appuyait un canal ou conduit d'eau, aussi en grand appareil. On a pu suivre ce dernier sur une longueur de 18 mètres. 11 était un embianchement de l'aqueduc depuis longtemps connu des antiquaires, lequel s'arrête aujourd'hui à l'entrée de Vieu.ï, du côté de Champagne, Il vient en eflfet de Champagne, ou il se forme par la jonction de deux embranchements qu'on n'a pas suivi» jusqu'à leur origine. Son point d'arrivée à Vieux est la voftte antique c(ui a été dessinée par M. Desjardins.

La fontaine abritée par cette construction ne coulait plus que dans la saison des pluies. M. Guigue ayant persuadé aux habitants que, s'ils voulaient fournir leur travail, il leur ferait avoir une provision d'eau abondante et permanente, on s'est mis sous sa direction à déblayer le canal. Le ciuccèsa dépassé les espérances. Le coui's d'eau rétabli suffit à la consommation de Champagne et de Vieux.

Celte oi>ération a produit des résultats intéressants pour l'épigraphie.

D'abord un fragment d'inscription où se trouve pour la seconde fois le nom des anciens habitants de Vieux :

RAVCI Vie ANI VENE TON I M AGI NSESOBEt...

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