Ibid., t. XLIl (1882), p. 9 à
6. Sur un anneau sigillaire de l'époque mérovingienne, ibid., I. XXVII (1863), p. lSG-202.
7. Satire mrplusieurt registres de l'œu'-re de la cathédrale de Troges, ibid., t. XIX (1349], p. 41-83.
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Mais ce n'est pas tant encore par les mémoires qu'il a soumis à la Société des Antiquaires que l'on peut ae faire une idée exacte de la place que Quicherat occupait dans celte compagnie. Pour bien apprécier son activité, il îaut se reporter au Bulletin dans lequel la Société enregistre depuis 1857 le compte rendu détaillé de ses travaux.
Le nom de Quicherat y revient à chaque page. Il n'est presque pas de séance où il n'apporte quelque document nouveau. Peu à peu on le voit devenir l'iotermédiaire entre ta Société et une foule de !>avants habitant la province, ses anciens élèves pour la plupart. C'est à )iù qu'ils adressent la primeur de leurs découvertes, sur lui qu'ils comptent pour les communiquer aux érudits qu'elles peuvent intéresser. Avec une obligeance intarissable, avec une science qui n'est jamais en défaut, il accepte ce rôle d'intermédiaire qui ajoute à toutes ses occupations le fardeau d'une correspondance considérable, dans laquelle il répand, sans compter, les trésors de son érudition. Passer en revue toutes ces communications, ce serait analyser les vingt-cinq volumes de bulletins publiés par la Société.
Et ce n'est pas tout, un autre recueil nous a conservé la trace de ces relations de Quicherat avec tout ce que nos départements ont pu produire d'hommes instruits depuis trente ans.
En 1858, Quicherat fut appelé à faire partie du Comité des Travaux historiques et des Sociétés savantes. 11 ne tarda pas à acquérir là, comme partout où il a passé, une situation prépondérante. 11 fallait voir avec quelle attention silencieuse ses collègues écoutaient ses moindres rapports, avec quelle déférence ils se rangeaient à ses avis. C'est que les travaux qu'il apportait au Comité étaient tous frappés au même coin. Quicherat avait compris l'influence salutaire que le Comité des Travaux historiques pouvait exercer sur les sociétés de province en les encourageant dans leurs efforts, en leur servant de guide dans leurs travaux, en leur rappelant ces points de doctrine, ces I règles de critique, que sont trop souvent exposés k perdre de vue les travailleurs isolés au fond de nos départements, privés de bonnes bibliothèques, privés surtout de cette aide précieuse que le savant trouve dans le commerce, dans la fréquentation habituelle d'autres savants.
« Une fausse doctrine qu'on a dans la tète, disait Quicherat, sufQt à faire passer à l'état de lettre morte les témoignages les plus apparents qu'on a devant les yeux ' . » Aussi revient-il sans cesse sur ce point capital.
I, Brt^ des .Soc sav.. 2- s^rip. t. IV, p. *a8.
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2i JULES QUICHERAT
Il combat avec une énergie qui ne se lasse pas toutei^ ces théories qui encombrent le champ de la science d'hypothèses mal fondées, que trop de ^ns sont portés à adopter comme des faits acquis. C'est surtout dans le domaine si peu connu des premiers âges de l'archéo- I(^ie, qu'il trouve l'occasion de donner à tous des leçons de bonne critique. Pendant près de quinze ans, c'est lui qui se chaîne de l'examen de la plupart des communications relatives à l'époque celtique. Rien n'est plus instructif que de relire la longue suite de rapports qu'il a consacrés à ces communications. Dans chacun il revient à la chai:^ contre ces théories faciles par lesquelles tant de gens croient pouvoir expliquer maints détails, dont t'interprétai ion vraie ne peut sortir que de la comparaison d'une foule de découvertes. Il s'attaque à tous ces néologismes que des savants mal avisés introduisent dans la langue archéologique, et si ses efforts n'ont pas toujours été couronnés de succès, il faut bien reconnaître que son influence n'a pas peu contribué à bannir denotre terminologie bien des expressions défectueuses, qui ont eu leur moment de vogue. C'est à lui, par exemple, qu'est due la proscription de ces mots barbares comme Uitulum', celtœ', employés pour désigner les lieux de crémation et les haches de bronze. C'est lui encore qui le premier a fait ressortir, avec autant de vigueur que de persévérance, ce qu'il y a de dangereux pour les études préhistoriques dans ces classifications précises en âge de la pierre, du bronze et du fer, par lesquelles on prétend résoudre une foule de problèmes délicats, dont la solution est encore prématurée". S'agit-il de nos monuments du moyen âge, nous le retrouvons encore sur la brèche, défendant avec autant de science que d'énergie les vrais principes archéologiques. Je ne puis malheureusement citer tous les articles auxquels je fais allusion. Il y en a un cependant que je veux rappeler, car c'est un des morceaux dans lesquels la supériorité du maître se révèle avec le plus d'éclat. Il y a quelques années, un homme de valeur, Iwp tôt enlevé à la science, s'était fait ■ l'organe d'une école, qui a bien encore quelques partisans dans le midi de la France, et qui prétend faire remonter jusqu'au temps de Charlemagne un certain nombre de nos plus importants monuments du bassin du Rhàne. Appliquant cette doctrine à la cathédrale d'Embrun, M. de Saint-Andéol avait cru pouvoir attribuer â l'époque carlovingienne cet édifice, que les meilleurs auteurs ne