Ibid., 1. 1 de la S<> ifrie, p. 4SS
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l'accoutrement sous lequel nos gentilshommes campagnards et leurs gens couraient alors le cerf.
Ce qui achève de donner à la mosaïque de Lillebonne une valeur rare comme document historique, c'est qu'elle est signée de ses auteurs. Deux noms inscrits dans des cartouches nous apprennent qu'elle est l'ouvri^ d'un Titius Senius Félix, citoyen de Pouzzoles et de son apprenti, dàcipulm, qui s'appelait Amour, Amor. Le nom AMORest suivi d'un C et d'un K, qu'on avait pris pour la désinence d'un nom Imrbare. On verra au complâ-rendu cité ci-dessus que de la discussion qui eut lieu en Sorbonne à propos de ce nom singulier est sortie l'opinion très probable de M. Léon Renier, qu'il faut voir dans les deux lettres finales l'abréviation des mots civis Kartaginiensis. M. Chatel, je n'en doute pas, aurait fait son profitde cette ingénieuse conjecture, si son mémoire n'avait pas été imprimé lorsqu'elle s'est produite.
La Société des antiquaires de Normandie n'a rien épargné pour donner au travail de son secrétaire l'importance d'une monographie aussi complète que possible. Des lithc^p^phies de grande dimension, qu'elle a fait exécuter à ses frais, représententavec une fidélité scrupuleuse, toutes les parties de la mosaïque.
Le contingent des antiquités romaines est complété dans le volume par un Corpus des inscriptions antiques trouvées dans le déparle- ' inentdu Calvados. C'est M. Lambert, bibliothécaire de Bayeux, récemment décédé, qui a eu l'idée de faire ce recueil. Il en avait puisé les éléments dans les livres et dans un musée dont l'établissement qu'il dirigeait s'est enrichi par ses soins. Le Comité ne saurait trop l'ecommander à ses coiTespondants l'exemple de ce regrettable savant. Il est de la plus grande utilité qu'un travail semblable soit fait pour tous les départements. C'est par là que pourra être hâtée l'exécution du recueil général des inscriptions de la Gaule, si vivement désiré, dont M. Léon Renier n'a pas encore achevé de réunir les matériaux.
Ayant l'habitude de dire la vérité aux vivants, je ne dois pas craindre d'user de la même franchise à l'yard de M. Lambert, défunt. Le mode de publication qu'il a adopté prête le flanc à la critique. Il a omis des choses que ne devront pas oublier de faire ceux qui voudront marcher sur ses traces, et, au contraire, d'autres choses qu'il a faites seront à éviter soigneusement.
Plusieurs planches accompagnent son travail. Elles représentent dans leur état actuel les monunjents sur lesquels sont gravées les inscriptions. Cela dispensait-il l'auteur de consigner de nouveau dans ses notices les mêmes inscriptions avec leurs abréviations et leurs
DigitizsdbyGOO'^le
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lacunes? Il l'a pensé; mais, à cet ^rd, je ne partage pas sa manière de voir. Ce n'est pas assez que les notices donnent les textes restitués. Pour la commodité du lecteur, qui a à ju^er si la restitution est bonne, il fallait que le texte, tel qu'il existe sur le monument, fût mis en regard. La planche sera pour le contr&le ultérieur de la lecture, s'il y a doute sur quelque point. C'est ainsi que procèdent aujourd'hui tous les éditeurs d'inscriptions.
Les notices épigraphîques doivent présenter, aussi complëlement que possible, l'historique des inscriptions auicquelles elles sont consacrées. Il faut que la critique puisse recourir, en cas de besoin, à toutes les lectures, bonnes ou mauvaises, qui en ont été données, à tontes les observations auxquelles elles ont donné lieu. Il y a donc oblig^ation pour l'éditeur à indiquer tous les ouvrages où elles se trouvent reproduites. Celle partie laisse trop à désirer dans le travail de M. Lambert, qui s'est borné le plus souvent à indiquer la première édition des textes qu'il a recueillis.
Les premières lectures qui ont été données des inscriptions sont fautives pour la plupart. Elles se ressentent de l'inexpérience de savants qui opérèrent lorsque n'étaient pas encore fixés les principes de l'épigrapfaîe. Les travaux accomplis depuis quelques années ont bien avancé les choses. Il importe de se mettre au courant de ce qui a été fait. Tel texte dont on désespérait naguère de trouver le sens se trouve expliqué ai^ourd'hui, soit parce qu'il a été l'objet d'une discussion nouvelle, soit parce que la lumière s'est faite à l'occasion d'un texte semblable.
Je vois M. Lambert reprendre, à propos d'un cachet d'oculiste trouvé à Bayeux, l'explication que.xe petit monument a reçue de Duchalais. Mais, plus récemment, M. Sichel a repris la discussion, et, avec l'autorité que lui donnait sa spécialité d'oculiste et la connaissance de textes nouveaux, il a établi qu'un mot qu'on lisait DIAGE doit être lu D1AC6 , abréviation de diaceralos, qui était le nom d'un collyre fait avec de la corne de cerf '. L'abréviation DK du même cachet a été remplie Clément par M. Sichel, avec !e secours d'un autre cachet qui porte en toutes lettres dicenletum.
Les premiers mots d'une inscription itinéraire qui n'existe plus depuis longtemps ont été rendus ainsi qu'il suit dans un mémoire présenté par Moreau de Mantour à l'ancienne Académie des inscriptions et belles-lettres :