‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 144 sur 240 · AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES UNE COMMUNICATION DE M. COURNAULT · texte numérisé non relu

AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES UNE COMMUNICATION DE M. COURNAULT

OHOUPE DU GÈM^T AXOUIPÈDE TERRASGÉ PAR VU CAVAUER.

{Revue du SociéUs tarantes, 1875. — BUtliogr., ii> 162.)

Un groupe en pierre calcaire, retiré du lit de la Moselle à Portieux (Vosges), est entré au musée d'Ëpinal. Il représente un cavalier barbu dans le costume héroïque, cuirasse et chlamyde, qui fait passer son cheval sur le corps d'un monstre terrassé. Celui-ci a la tète elle torse d'un homme. Deux serpents lui tiennent lieu de jambes. La figure est celle d'un barbare hideux; la bouche ouverte laisse voir deux rangées de dents effroyables. M. Coumault nous a adressé un dessin de cette sculpture, qui est d'une assez bonne exécution dans certaines parties et dans d'autres extrêmement défectueuse.

Le motif est connu. Il s'est rencontré déjà plusieurs fois dans le nord-est de la Gaule. Épinal possédait déjà quelques morceaux d'un groupe semblable qui fut trouvé en éclats dans les ruines de Grand. On en voit trois autres variétés au musée de Spire, deux à Metz. M. de Beaulieu a disserté sur ces groupes, et il y a vu la représentation d'un mythe emprunté à la religion des Germains. I^ lettre d'envoi qui accompagnait le dessin de M. Coumault nous a appris que, dans une récente publication de M. Bretagne, membre de la Sodété lorraine, les mêmes monuments sont considérés comme représentant la victoire d'Hercule sur les géants ; nuiis notre correspondant

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384 GHOUPË Ayn(>L'Ë thovvë dans la mosklle

fait remarquer avec raison qu'Hercule o'a jamais été figuré avec la cuirasse et la chlamyde. La question n'est donc point résolue. Tout ce qu'on peut dire, c'est que le personnage teriassé répond à la fiction des poètes grecs et latins qui attribuaient aux géants des pieds es forme de serpents, s^'.s;:oÎe;, anguipedes.

M. Cournaull a joint au dessin du groupe d'Kpinal celui d'une statuette décapitée de cavalier que possède le Musée lorrain. Ce fragment, selon lui, serait à placer dans la même série archéologique;' il aurait appartenu aii groupe du héros ou du dieu terrassant un géant. Le rapprochement ne me parait justifié ni par l'attitude du personnage, ni par son costume. Il est habillé en général romain et assis tranquil-

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6H0UPE ANTIQUE TBOUVÉ DANS LA MOSELLE 38S

lement sur sa selle. Quoique le cheval ait perdu ses jambes, on peut juger qu'il n'était pas au galop.

Mais si le cavalier de Nancy résiste à l'attribution que M. Coumault lui a donnée, j'en connais un autre qui prendra une place incontestée parmi les monuments dont il s'agit. I) est d'autant plus à propos de citer ici cet analc^e, que c'est par les soins du Comité des travaux historiques qu'il a été signalé pour la première fois. Que notre correspondant et les autres érudits qui voudront aborder le problème du géant ten-assé recourent au deuxième volume de l'ancien Bullelm. Ils j trouveront à la page 30 le texte d'une communication ayant pour objet un exemplaire du fameux groupe, exemplaire trouvé en 4849 près de Billom (Puy-de-Dôme). Une gravure dont l'article est accompagné montre le héros avec la chlamyde et la cuirasse ajustée sur le buste. La tête, mieux exécutée que celle des échantillons de la Gaule Belgique, ressemble beaucoup à celle que les sculpteurs de l'antiquité attribuaient à Jupiter. Le cheval est harnaché à la gauloise ; ses jambes sont cassées ainsi que celles du cavalier et celles du personnage abattu;

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