INSCRIPTION ROMAINE TROUVÉE AU CHATELET
(HAUTE-MARNK)
{Buitetin de la SoeiéU des Antiquairta de France, 1876. — Bibliogr., 231.)
M. Quicherat communique à la Société la rectificalion d'une inscription romaine publiée par l'ingénieur Grij^non dans le Second Bulleltn des fouilles du Châlelel en Champagne (p. cxxsvy). Cette inscription est la seule qu'aient fournie les fouilles, d'ailleurs si productives, du Châtelet. Gri^on dit qu'elle était gravée sur une lame de cuivre de rosette. Voici le texte qu'il en donne :
DEO OVNI ORIGI SATVRNAUS PAVLl FILIVS EX VOTO P.
D'après son interprétation, OVNI serait une faute d'orthographe pour uni, et ORIGI l'abi'éviation de origini, de sorte qu'il faudrait traduire « au Dieu qui est la source unique de toutes choses ». Nais ni le latin de l'anliquitù ne se serait prêté à une semblable locution ni l'épigraphie n'autorise une semblable lecture.
Or, un registre dans lequel Grignon a dessiné ou fait dessiner une partie des objets trouvés au Chûtelet existe encore. Il est en la possession de notre confrère, M. Bordier, L'inscription y est Cgurèe avec la plaque sur laquelle elle était gravée. Cette plaque est un petit quarJrilatère de 0",05 de côté, munie sur ses flancs d'oreillons en forme de queues d'aronde. A son sommet, elle est percée d'un trou dans leqiiel est passé un anneau : ce qui fait voir que cet objet élait suspendu, el non plaqué, ainsi que semblerait l'indiquer sa forme. Les caractères de l'inscription sont formés de points, comme c'est le cas de beaucoup
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INSCniPTIOM HOM&IHE DD CHATELET 403
de petites inscriptions gravées sur métal. Le texte, distribué sur cinq lignes, se présente ainsi :
DEO OVNI ORIGI - SA TVRNALIS PAVU FILIVS EX VOTO-P.
Il eet manifeste, d'apr&s cela, que Grignon a indûment séparé ùuni et origi. Ces deux mots n'en font qu'un, qui est le nom du dieu, qu'il a fallu couper en deux à cause de l'exiguïté de la plaque, de même qu'il a fallu aussi couper en deux le nom aalvmatis; Ouniorix est analogue à Ambîorix. C'est un nom gaulois à Egouter à ceux que l'on possède déjà'.
I. Dana lu st^ancea d« la Soc. des Aiillq. des ! férrier et 13 jalllel 1S76, JIM. Bordier et Héron de VllleFoaBe ont compléli Im renseigoemeotB donnés par J. Quicberet sur cette infcription, sur le maouscrlt de Grlguon et sur les touilles du ChftteieL yaseiBulleiindelaSoc.dei Antiq.,til6,p.Hetitil). A. G.
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RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES BULLETIN DE L'ACADl^JMIE DELPHINALE
T. XII DE U 3* ttKIK, AUStK 1S16.
IxSCftIPTIOX HOHAIXE DE DlB. DlEI'X INDtOJtTES DU PAYS DES Vo'^ONCEg.
(Rciw dei Sociélii savanlti, 1873. — Bibliogr-, ii° Ht.)
Ce volume ne contient que deux articles rentrant dans l'ordre des travaux qui intéressent la section, et tous les deux sont des articles d'épigraphie.
Nous avons d'abord une interprétation nouvelle proposée par M. Guirimand pour une inscription de Die qui a été maintes fois publiée et commentée. Le texte ne compte pas moins de dix éditions et toutes si parfaitement conformes, que l'on est amené à croire qu'il n'a présenté aucune incertitude de lecture. Le voici, tel qu'il est rendu dans le mémoire que j'analyse, après un nouvel examen de la pierre où il est gravé :
LIBERORVM AC CON
IVGIBVS PVBLICI CALIS
Tl ET IPSIVS CONSECRAT
CVM BESE VINEAE AREP
EX CVIVS REDITV OMNIB
ANNIS PROUBARI VOLO
NE MINVS XV V.S.E
Il s'agit comme on le voit, d'une fondation pieuse attachée à une sépulture. Un certain Publicius Callistus, qu'à la forme de son nom -on reconnaît pour un affranchi, a été marié au moins deux fois et père d'enfants qu'il a perdus. Il alfecle les deux tiers d'un arpent de
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INSCniPTIOS ROMAINS DR DIE 407
ïigne (citm àesse vineœ arepennit) aux libations annuelles qui devront être faites au tombeau commun de toute la famille. Les siglea par lesquels se termine l'inscription étant des plus connus qu'il y ait, il n'y a réellement de dilïiciilté que sur les mots ne minus XV qui renferment une prescription relative à la manière dont seront faites les libations.
M. Guirimand rejette avec raison comme inacceptables quatre inlerprélations qui nous ont été données jusqu'ici. La dernière en date, et la plus sérieuse, qui a été soutenue par M. Herzog dans son Histoire de la province romaine, d'après une indication d'Orelli ', attribue à la clause ne minus XV le sens de « une valeur de 15 sesterces fixée comme minimum de la dépense qu'occasionnerait une libation unique renouvelée tous les ans ».
M. Guirimand élève, contre celte manière d'entendre les choses, une objection qui n'est pas très solide. Elle ferait dire au texte, prétend-il, qu'on répandra en libations, non pas un liquide, mais des pièces de monnaie. Il est cependant tout naturel que la quantité de vin à oBFrir dans un sacrifice soit exprimée par une somme d'argent. Mieux efit valu, ce me semble, exciper de l'absence des sigles consacrés BS. On n'aurait point omis ce 3ig;ne, s'il s'était agi de sesterces.
Cherchant une solulion différente, M. Guirimand s'est livré à des calculs ingénieux sur ce que pouvaient rapporter de vi# deux tiers d'arpent de vigne. II estime le produit brut annuel à 5 hectolitres, et réservant tes deux cinquièntes de la récolle pour les frais de façon, il se trouve avec un reste de 3 hectolitres à employer pour le sacrifice. Est-il supposable qu'une telle quantité de liquide aurait été versée en une seule fois? Le savant dauphinois ne le pense pas. Il se rappelle ce qu'Ovide a dit du peu d'exigence des dieux mûnes, parva petvnt mânes, et cela lui suggère l'idée que la cérémonie devait se renouveler plusieurs fois dans l'année, tant à l'occasion des fêles publiques des morts qu'à celle des anniversaires d'une nombreuse famille.
Je me rendrais à sa conclusion s'il l'avait maintenue dans ces termes généraux; mais il va plus loin. La nécessité d'expliquer ne minm XV le conduit à entendre que le testateur a voulu que les libations eussent lieu quinze fois par an à tout le moins, c'est-à-dire que le chiffre XV
1. Voyex D°< (3S0 et 4419. Dans la Religion det Gaulai* de Dom Martin, II, p. 422, dans la Corpu* de Gruler, 1(97, w 18 ; dans le recueil d'Orelli, n" 4350, à la ligne 4 de cette îoEcrlptioa, on lit, non pas constcral, maU conteeratum. Les lettres DM ont elles itâ vnes sur la pierre originale par M. Gulrtmand? fSote du secrétaire de la section il'arcli*olngiP.)
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40tl i^isaiipnoH romaine de die
de rinscription rqirésenlerait, selon H. Guîrimand, l'adverbe de nombre çuindecies.
Mais y a-t-il en épigraphie des exemples d'adverbe de nombre représentés par un simple signe numéral? Vainement )e savant dauphinois invoque les chiUres romains employés pour désigner la répétition des dignités. Ces chifTres, qui répondent à des nombres ordinaux pris adverbialement, accompagnent toujours l'expression de la dignité dont ils constatent l'exercice, outre qu'ils sont surmontés d'ordinaire d'un trait indicatif de leur valeur.
L'opinion de M. Léon Itenier, consulté sur ce point, est que. le groupe XV se compose du chifTre V précédé de l'abréviation de denariis, qui est un X traversé d'un petit trait à l'intersection de ses branches. Il faudrait lire alors denariis quingue, et nous aurions la valeur de 5 deniers assignée comme minimum au prix du liquide i répandre dans les libations.
Cinq deniers romains équivalaient & peu près à 4 fr. 25 cent, de notre monnaie. C'est une somme si modique, eu égard au produit supputé de 3 hectolitres de vin, qu'on peut sans témérité .se rallier i l'opinion de M. Guirimand, que les libations étaient réitérées plusieurs fois dans l'année. Il est même permis de le suivre dang une autre de ses déductions, qui est que l'accomplissement des sacrifices ayant été ^nGé, selon toute apparence, à une corporation, l'excédent du liquide, après que la terre avait reçu sa part, était consommé par les confrères.
Si M. Guirimand veut bien se donner la peine de vérifier jusqu'à quel point l'état actuel de l'inscription justifie la conjecture de M. Renier, je lui recommanderai de r^arder en même temps si la lettre qui termine l'avant-demière ligne n'est pas un F plutôt qu'un E. La formule ordinaire est vivus tibi fecit, et non pas vivui sibL trexit. Quant aux sigles de la dernière ligne, pour l'interprétation desquels il se confoi me à la leçon d'Orelli, Aie (umu/ui heredei non lequitur, ne faut-il pas plutôt, au lieu du présent, mettre le futur indicatif ou impératif, sequetur ou tequitorf
Les deux indigèies du pays des Voconces, dénommés dans un certain nombre d'inscriptions, ont fourni à M. Florian Vallentin le si^et d'une intéressante mom^traphie. C'est une bonne idée d'avoir rassemblé tous les textes propres à nous faire connaître tes divinités bo> Dorées dans l'une des circonscriptions de la Gaule romaine. Lorsque le même travail aura été fait pour toutes les provinces, il sera possible de reconstituer, non pas la religion des Gaulois, mais tout un Olympe
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