DIEUX 1?IDIG^.TES DU PATS DES VOCONCES
de génies locaux assimilés plus ou moins exactement aux grands dieux de l'empire et admis comme eux à jouir d'un culte public.
Le contingent formé par M. Vallentin comprend Mars Rudianus, dieu particulier des Verlacomicori ; Mars Albiorix, dont le culte a existé au nord du mont Ventoux; Vasio, génie local de Vaison, associé à Mars; /htUovU ou DuUoviui, honoré également à Vaison, et qu'un bas-relief, depuis longtemps détruit, représentait sous la forme d'une divinité mdie environnée de lauriers ;/'e() j4nc/arffi, nommée dans huit inscriptions qui ont été trouvées à Die ou dans des villages voisins de Die; AlbioricOy dont l'existence est constatée par un fragment d'inscription provenant de la même région que celle du dieu Albiorix; Belesamis, dont le nom a été fourni par une inscription en langue celtique découverte à Vaison ; Bormanus et Bormana, génies des eaux thermales de toute la Gaule centrale, qui se retrouvent à Aix en Diois; Nym/tkx pereernes, sur un monument d'une provenance incertaine, mais voisine de Vaison; /gnes mlerni, déification des flammée qui se dégagent de la célèbre fontaine ardente, l'une des sept merveilles du Dauphiné, laquelle, indépendamment de cela, fut dédiée à Vulcain, comme le constatait une inscription vue par Salvatng de
Trois autres inscriptions incomplètes et sur k lecture desquelles on ne s'accorde pas ont fourni à M. Vallentin les incCTiains de sa liste, à savoir : un Jupiter Anxur, conjecturé d'après les lettres VI tiNXVRI; un Sumalis Vorelus, très suspect à M. AUmer, quoique Pictet ait trouvé dans ces noms le sens de a: doux protecteur » ; enfin une déesse qualifiée conservatrix, du nom de laquelle il ne reste que la désinence dal/a.
M. Vallentin ne se donne pas pour un cellisle. Il n'a pas entrepris l'explication des noms qu'il consignait; il s'est borné à rappoiler les opinions émises avant lui ou que lui ont su^^érées des personnes de sa connaissance. Je suis loin de lui en faire un reproche. En pareille matière, les plus savants atteignent tout au plus à ta vraisemblance, et c'est pourquoi, au point où nous en sommes, il est plus utile de grouper les noms de formes analogues que de chercher à en démêler te sens. On a heureusement rapproché la Belesamis de Vaisoii de la Belisama de Saint-Lizier, le Bormanus d'Aîx en Diois, des Bormo et Boreo d'Aix en Savoie, de Bourbonne-I es-Bains et de Bourbon-Lancy. 11 me semble que l'on pourrait établir une parenté entre le Jiudianus des Vertacomicori et le Rvdiobus trouvé à Neuvj-en-Sullias.
La haute vallée du Vercors, dans les Alpes dauphinoises, représente l'ancien pagus des Vertacomicori. Je trouve tout à fait digne d'atten-
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lion une conjeclure de M. Vallentîn au sujet du pays de Royan, conligu au Vercors. Il voit dans le nom de Royan un dérivé de Rudtanut. L'analogie autorise efTectivement cette étymologie, mais je n'oserais pas aflirmer, comme le fait le savant dauphinois, que c'est le dieu qui a donné son nom au pays, car nombre d'exemples tendent plutôt à établir que c'est des lieux, ou de quelque accident naturel par lequel les lieux se distinguent, que les divinités gauloises ont tiré leurs noms. I^s dénominations yœninus, Votagits, Dumias, qu'il invoque pour appuyer sa thèse, la contredisent absolument, car ces mots sont des adjectifs Formés sur des noms de montagnes, et l'on peut donner pour certain que Dorvo, fcaunts, Sequana et tant d'autres ont été des noms de sources ou de rivières avant d'être des noms de divinités.
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RAPPORT
AU COMITÉ DES TRAVAUX HISTORIQUES
DIVERSES COMMUNICATIONS (Rfvue des Sociétés tavanUs, IS79. — BiMiogrnphi<>, n' 17i.]
Objets nouTeiui d'aotiquités celtiques, par M. Couraault. — Le« lumnluB de Ron-Aour et de LaTorftbe (Floiatire), par M. du Cbïleltler. — Continuât] od des fouilles du uioot Beuvray (SaOne-et- Loire), par U. BulKol. — Sépulture gallo-romatiie de Rocbega (Gère), par M. Tliollu. — La statue du Mas d'Agenais (Lot-et-Garonne), par Al. Braquabaye. — Sculpture gallo-romaiDâ de fil iguy- BOUE- Beau ne (Cûle-d'Or], por M. Foiaset. — Figura mlthrïaque de Saiot-Glair (Gen>), par M. Clémeat Simon. — Substructioo d'uu Édifies gallo-romaia pris Saiote-Foy (Gironde), par .M. Heuriet. — EnctlnCe et lerlre funéraire à Serre-Gaston (Landps), pur M. Martres. — Fouille du cimetlire antique de Saiat-Nicolas-les-Arras, par M. Teroiack.
Le cabinet des estampes de la Bibliothèque Nationale s'est enrichi depuis peu d'un recueil considérable de dessins d'antiquités gauloises qui est le résultat de plusieurs missions accomplies pour te compte du ministère de l'Insfruclion publique par notre eollèjfue non résident M. Charles Cournault. Ce zélé collaborateur du Comité, artiste habile autant que judicieux archéologue, a reproduit à l'aquarelle, pre.sque toujours dans leur dimension et avec un talent d'imitation in-éprochable, tous les objets dignes de remarque qui ont été fournis, soit par le dragage des lacs de la Suisse, soit par les fouilles de la région supérieure du Danube. On voit là la réunion de la plupart des produits de l'industrie celtique, particularisés par un style qui se recommande à l'étude comme étant la marque de ce qu'ont su faire les populations helvèle etboîenne.
M. Cournault, étant retourné en Suisse depuis l'achèvement de son travail, a visité de nouveau les collections publiques et particulières de ce pays. Celle exploration lui a donné connaissance de plusieurs pièces
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