‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 178 sur 240 · Dans D. Bouquet, t. [, p · texte numérisé non relu

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3. ArUiquiléi gatttohet et romaines reeaeiUiet dan» te» jardins du Luxembourg en fan IX. lu-*", 1B07,

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450 LA RUE ET LE CHATEAU HAUTKFEllILLE A PARIS

la plupart des archéologues : celle de rattacher les objets qu'oa voit sortir de terre à des monuments ou à des faits connus par les i«xtes. Quoiqu'il n'eût rien recueilli ni observé qui se rapportât à un établisa»-' ment militaire, le terrain fouillé au Luxemboui^ ne laissa pas d'être à ses yeux l'emplacement du camp mentionné par Ammien Marcelin. Il le dit, et tout le monde le répéta après lui.

Mais c'est là une erreur, et une erreur d'autant plus manifeste que les véritables vestiges du camp fortifié, sans parler de l'apparition qu'ils firent au xiV siècle, se sont montrés à plusieurs reprises dans ces dernières années.

En 1849, lorsque l'on commença a bâtir devant le Panthéon la rue si désirée dont Soufllot avait laissé le projet', des fouilles profondes, exécutées sur la plus grande partie du terrain occupé autrefois par le couvent des Jacobins, mirent h découvert la fondation de la muraille de Phi lippe -Auguste, et plus bas les témoins nombreux d'autres fondations qui avaient été celles de la fortification romaine. Ces derniers débris dessinaient la figure d'un vaste quadrilalère traversé en écharpe par le mur de ville. M. Albert Lenoir signala le fait au Comité des travaux historiques en émettant la conjecture que ces ruines pourraient bien être celles du camp permanent de Lutèce'. Personne ne fui frappé de l'importance de sa communication, et l'opinion resta ce qu'elle était auparavant.

Les Parisiens attentifs aux travaux de la ville savent qu'on s'y est repris à trois fois pour faire la rue Souffiot telle qu'on la >'oit aujourd'hui. Après quinze ans d'existence, elle fut trouvée trop étroite et d'une pente trop rapide. On en démolit les maisons eu 186n dans toute la partie qui avoisinait le Luxembourg, afin de la mettre en harmonie avec la rue Gay-Luasac et le boulevard Saint-Michel qu'on était en train de percer. Quant à l'autre partie, les événements en retai'dèrent l'exécution. Ce qui restait de l'ouvrage de 1S49 ne fut transformé qu'en 1877.

Des remuements de terre prodifpeux signalèrent ces deux campagnes de travaux et firent encore apparaître des restes de la grosse muraille romaine. C'est surtout en 18^ qu'il fut donné de reconoaitre

1. GravË avec le titre : Plan général de l'église SairUe-pentviéve et de ta nu aif-devanli luivant le dernier projet présenté au ro'jpar SI. te maniuiid^ Marigny, approuvé pm- S. M. le S murs 1757, et dessiné par J.-G, Soufflai, Les àtmoUtion» pour le percement Bveient élé commoncées en 1347, Elles formaient en 1S48 ua champ de ruiaes où l'oa se Iwttit Aaai lea jouniée* de juin.

2. Rapport Imprima daas le Bulletin de* Comités pour lea anuéea 135i et 18^, t. 1, i>. lO.

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LA RUE ET Li; CIIATEAC IlilTTEFEtlILLE APAHIS 451

le cantt:1èi'e et la destination du munument, La Bubstructlon presque complète du front occidental fut ti'ouvëe sous les maisons de l'ancienne place Saint-Michel et de la me d'Enfer. Elle s'étendait à peu près dans la direction qui est donnée au nouveau boulevard. Le fragment le plus considérable était dans le sol oîi fut fondée la maison n" 63, qui fait le coin du même boulevard et de la rue Soufilot. Je l'ai vu plusieurs fois pendant qu'on le démolissait ; car il fallut bien des journées pour en avoir raison. La coupe représentait un mur d'un peu plus de trois mètres d'épaisseur, évidé à 60 centimètres de son parement intérieur d'un couloir ou canal de 75 centimètres, que les uns jugèrent avoir été un conduit d'eau, les autres un chemin couvert. M. Albert Lenoir avait déjà signalé celte circonstance ' ; elle fut observée de nouveau par M. Vacquer, inspecteur des travaux de la ville, qui assista aux fouilles de 1865 et de 4877.

Il est bon de dire qu'à l'aide de ses relevés sur le terrain, M. Vacquer a restitué le plan tant du quadrilatère que de diverses autres constructions plus légères qui paraissaient en avoir été des dépendances. Le dessin sur grande échelle est exposé dans la salle des Antiques du Musée Carnavalet; mais, sans l'avoir sous les yeux, rien n'est plus facile que de se figurer l'objet principal qu'il représente, puisque c'est tout simplement une enceinte en carré long et fermée de gros murs à mettre à la place de la me Soufllot et des tlots de maisons qui la bordent. D'ailleurs, pour l'intelligence des faits énoncés dans le présent mémoire, j'ai reproduit un fragment du plan de restitution de M. H. L^rand'où le quadrilatère est indiqué à sa place par un tracé sommaire en lignes pointées. Voyez planche VIL

Ayant tant fait que de rendre à la réalité un édifice dont l'existence était placée au rang des fables, je dirai tout ce que la réflexion m'a suggéré au sujet de son origine et de sa destruction.

li est avéré aujourd'hui que jusqu'à la premièi-e dislocation de l'empire romain, au déclin du m* siècle, il n'y eut de camps à demeure qu'aux frontières. C'est par les restaurateurs de l'unité romaine, notamment par Aui'élien, que des camps commencèrent à être établis dans l'intérieur des provinces. Pendant tout le iv* siècle on ne cessa * pas d'en construire, de soile qu'il y en eut tant, qu'on manqua de troupes pour les occuper. Alors ils n'eurent plus d autre emploi que de servir de refuges aux populations contre les invasions des barbares;

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