LES VESTIGES ROMAINS DE PARIS 46S
est que Chilpéric fit rétablir au moyen d'une construction, en bois vraisemblablement, des édifices de pierre dont il ne restait plus que d'inutiles débris. Cette interprétation est celle d'Adrien Valois, et tous les historiens s'y sont ralliés. Quelques critiques seulement, se fondant sur l'irapropriélé des termes dont Grégoire d& Tours est coutumier, ont prétendu que ce qu'il avait appelé cii-cus devait être entendu des arènes.
C'est là une ditlîcuUé à laquelle je ne pense pas que l'on doive s'arrêter. Un motif péremptoire s'oppose à ce que Grégoire de Tours ait fait une confusion de ternies entre arens ou amphitkeatrum et cîrcus. Le cirque fut un lieu de plaisir toléré, sinon approuvé, par le christianisme; la réprobation, au contraire, s'attacha dès l'origine de la nouvelle religion, et sans retour, aux arènes ainsi qu'au théâtre. Nous avons à cet égard un curieux témoignage relatif aux arènes de Paris, qui prouve que l'opinion n'avait pas encore changé au sii* siècle. Le clerc anglo-normand, Alexandre de Neckham, étudiant de notre Université, considérait ces ruines comme celles d'un théâtre de Vénus qui avait été renversé par les zélateurs de la foi :
lnd[cat et drcl deeciiptio magaa^beatraoi
Cipiidls; lllud Idem vaeta niloa docet:
Diniit Ulud opui fldel devoUo.
La pensée de ces vers est si nette qu'il est à peine nécessaire de faire remarquer que le terme ci'rcus employé ici est sans valeur pour la question. Il est pris dans son acception large de cercle, circonférence.
En fin de compte, on peut tenir pour certain qu'il y eut un cirque & Lutèce. A quoi je me hâte d'ajouter que, selon toute probabilité, les fondations de cet édifice furent trouvées au commencement de ce siècle-ci, mais par quelqu'un qui ne sut pas les définir.
Héricart de Thury, qui mourut directeur des travaux de Paris, avait eu, en i809 etlSlO, la surveillance des constructions nécessitées par l'établissement de l'Entrepôt des vins sur les terrains de la ci-devant abbaye de Saint-Victor. Il se rappelait avoir vu et fait détruire, au cours des fouilles, une puissante construction dont le caractère l'avait assez frappé pour qu'il en eût fait un tracé. Cela lui avait paru être un amphithéâtre romain. Il en parla en ce sens à M. Jollois, lorsque celui-ci était à la recherche des antiquités de Paris. On ne savait alors rien de précis sur les arènes, sinon qu'elles avaient existé dans le voisinage de Saint-Victor, M. Jollois ne fut pas éloigné de leur attribuer l'emplacement que lui indiquait un savant ingénieur, son supérieur hiérarchique. Toutefois il attendit, pour se décider, d'avoir vu te plan
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