Voici les vers d'Herric, tels qu'ils ont été cités
• Ta qnoqiM, Csioreia [italU Alnic uatria, Hiadjun >bnqiijni ciUnili cominillcn Doilrii. Te iaci Uaiaot xe limlsii wniiiu iDaDtca, Aggreuug qnoDcUm >cto ccrtimiiiis, Cesu Hnse (aUl UKu ood cqi» mu-le pfailiing», Bipertna p»tri(> qaid Gilli* pi»ic( In irmii :
Et l'ancien bréTkire de Flavigny, tel qu'il a été cité ansel : » Nevero loteat « eversionis Alesiœ causa, diligeos lector noverit fortissimum imperalorem a Romanorum Jutium, qui pogtmodum monarcUaio oblinuit et totuin pêne
■ orbem msximls belliB et viribua romans dltloni subegit, ut ipse la libro BelH 1 gallicl BOibslt, post domilam GalUam constitisse, et couspiratione Gallorum • rebelllonem passum omnium civilatum, quat simul omnes smu vires coatrs
■ eum effaderant, maximis operibus plurlbueque congressibus poriter sape- « rosse, et contra suam uaturam, quiun leaem jactabat, In aaclares Eeilitl<»ii
■ atque conspiratlonls acerbins animadvertiase, eoque.... lecurl percus&isse, > ciTitatemque, ne quld deinceps simile moliretur, dirneodam cnravisss. ■
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l'alesia de césar rehdue a la franche-comté 479
A l'égard des moines de Flavigny, la preuve de ce que j'avance est Ëicile à administrer. Ils ont déclaré eus-mémes que ce qu'on lit dans leur bréviaire était parvenu k leur connaissance par le livre de la Guerre des Gaules; et ils ont eu la bonne foi d'ajouter qu'ils avaient manqué de renseignements pour savoir si la ville détruite par César avait été rééditiée depuis : de sorte qu'ils prenaient les ruines g^alloromaines d'Alise pour celles de l'antique Alesia ; de sorte encore que, loin d'y avoir dans l'Auxois des traditions au sujet de la ville celtique, il ne s'en était pas même conservé au sujet de la ville romaine, quoique sa destruction remontât seulement au vm" siècle de notre ère. Tout cela est dit dans la lefon vi du bréviaire, qui vient après la leçon v '. On a cité la leçon v, on a omis la leçon vi ; et s'être autorisé de l'une sans avoir parlé de l'autre, eat ce que j'appelle une coupable réticence.
Pour ce qui concerne Herric, je m'expliquerai un peu plus longuement, afin que les personnes à qui nos origines ne sont pas familières voient jusqu'à quel point on a. cberché à les décevoir sur la manière dont nous est parvenue la notion de l'antiquité.
Ni à la campagne, ni à la ville, en quelque Heu que ce soit de notre pays, il n'y avait au 12* siècle de bonnes gens qui racontassent aux savants les grandes tribulations que les ancêtres gaulois avaient eues à souffrir des conquérants romains. La nation française, en ce tempslà, n'avait conservé aucun souvenir ni de l'ère celtique, ni de la conquête romaine, ni seulement des Romains, dont elle ignorait le nom. Ses connaissances en histoire se bornaient à savoir qu'avant qu'il y eût des chrétiens, le pays avait été peuplé par des païens ; mais ces païens, elle les confondait avec les barbares, destructeurs de l'empire et de la monarchie mérovingienne : Wandres (Vandales), Saisnes (Saxons), Sarrasins disait tout. Les ruines amoncelées sur le sol avaient été faites par les Sarrasins, et les auteurs des monuments auxquels appartenaient ces ruines étaient encore les Sarrasins. Mura tarrannois est la seule expression qu'il y ait eu dans l'ancienne langue pour désigner les restes de constructions romaines. Si, par un sort privilégié, la mémoire d'un grand événement avait pu se
1. ' Hnc ex memoratu librie Belll gallici dlligeatiufl iaaolueraDt, quorum
■ plions ipse (CsBar], poateriores Uircius Panao, notarius ejuB, composuit. • Situs eiedlflcondiB [uTbi], ut ceroentes judicure poBSuat, opportuniBgimnB
■ est; sed utram Instauratio ejuB delaccpa ob aliquo iuchoata fuit aut peraela, o noUa, quœ ad nos perrenerunt, moaumeDla docuerunt. ■ Dom Georges y\o\e. Apologie pour la virilable priaencedu corpide tainlt Reinr d'Alhe (tou Fabbage de Flaiiigny, p, 101. Paria, in-12, 1633.
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480 [ l'alesia du césar bkndue a la frahche-comté
perpétuer en quelques lieux, c'était en perdant tout caractère historique, en devenant une légende amalgamée d'autres réminiscences, privée de noms propres ou attribuée de génération en génération au héros du moment : de sorte qu'on voit se succéder, selon les siècles, le roi Bnmehaut (une femme devenue un homme), le roi Charlon et ses pairs, le roi Artus. Parmi les lettrés qui lisaient l'histoire, il n'y en avait pas un sur mille qui fût capable de s'en servir pour débrouiller cette confusion. Au plus grand nombre il fallut des siècles avant d'en venir à hasarder des attributions savantes, et des siècles encore avant de les faire descendre dans la multitude. Les traditions populaires où se mêlent le nom de César et celui des Romains eoDt les premières conquêtes de cette érudition enfantine. On n'en trouvera pas d'eiemple avant le xiv* siècle.
De tout cela il résulte que, si Alise avait été l'objet de quelques récits dans le temps où vivait Herric, ni les Gaulois ni César n'auraient été nommés dans ces récits. Maïs comme la leçon du bréviaire de Flavigny, qui peut remonter au sii" siècle, constate. de la manière la plus formelle qu'il n'existait alors aucun renseignement relatif à la même Alise, il est plus que probable que déjà les choses étaient en cet état au ix* siècle, et qu'ainsi le moine d'Auxerre n'a pas même eu à son service une légende indéchiffrable.
Je sais qu'on a cherché à faire croire qu'il serait constaté par des chartes qu'au x' siècle on avait mémoire, non pas précisément du giund rôle joué par Alise, mais de l'existence eu Auxois des Handubiens, auxquels appartenait Alesia.
C'est là un détestable usage qu'on a fait d'une phrase mal rédigée de l'abbé Courtépée. Ce savant homme, dénombrant les paroisses du diocèse d'Autun, dit ceci :
< Instilae tuh Monte-regafi; Lisie sous Montréal, id., et le GalUa chrisiiana de Robert l'appelle imulm m Mandubiù , p. 215, x' siècle'. >
Quelle preuve y a-t-il là que le nom des Mandubiens s'est conservé par les chartes jusqu'au x' siècle? x» siècle ne tombe pas sur le QaUia chrisiiana de Claude Robert, qui parut en 1(>26, où il n'est parlé de Lisle qu'à l'occasion des Cordeliers étalilis là du temps de Louis XI, et où il reste, pour unique argument, que Claude Robert, comme tous les érudits de son temps, a affecté la couleur antiquecn rehaussant le nom d'un obscur village par une appellation qu'auiorisait l'opinion générale sur Alise, x" siècle tombe sur idem, qui est un