I. BUf. nal., lib. XXXIV, cap. xvu
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le trait dont le naturaliste la caractérise. Les barbares ne travaillent pas les métaux à distance de leur gisement; le cuivre et l'aient, qui sont nécessaires à la fabrication dont il s'agit, n'existent pas dam l'Auxois. I! faut chercher Alexia dans un pays de montagnes argentifères, comme sont, par exemple, les Cévennes, et l'Alexia de Pline ne fait qu'un avec 1' "AXeSta de Diodore de Sicile, qu'on disait avoir été fondée par Hercule, vainqueur de Géryon.
Ainsi, pour le nom de la ville éduenne, la forme étroite est la seule qui ait jamais existé.
Au contraire, le nom que nous a transmis Jules César se présente avec la prononciation large à la seconde syllabe, Aletia. La leçon est incontestable, tous les manuscrits la donnent; elle est confirmée par l'accord de tous les auteurs subséquents : Alena dans l'Épitome de Tite-Live et dans Velleîus Paterculus; Alesia ou Alexia dansFlonia; 'Wid» dans Strabon et dans Dion Cassius, 'A\r,iiia dans Plularque, 'Akaiaix dans Polyen.
Vainement on a cherché à détruire cette unanimité en alléguant que les Grecs prononçaient leur tj comme un t, et qu'ainsi l'AXijn'ji de Plutarque équivaudrait à Alitia. Les hellénistes qui ont mis cette doctrine en avant (ils sont deux) n'ont qu'à repasser dans leur mémoire tous les noms et mots traosportés du grec dans le latin, el tous les noms transportés du latio dans le grec; ils s'apercevront que l'ii grec a él^ constamment rendu par l'e long des latins, et l'e long des latins par I't] des Grecs. 'AXt,^x dans Plutarque équivaut à Aletia dans César.
En dernière analyse, ou bien Alesia et Alitia sont deux noms tout à fait distincts, comme braise et brise, et alors ils s'appliquent k deui endroits différents; ou ils sont le même nom diverscnnent prononcé, et de là résulte l'idée de deux dialectes, par conséquent de deux pays séparés, par conséquent encore de deux endroits qu'on a eu lorl de
Voyons maintenant comment la configuration du terrain d'Alise répond aux données des Commentaires sur la configuration du terrain d' Alesia.
1° Toutes les expressions dont César se sert, toutes ses opérations autour de la ville qu'il assiège, indiquent un lieu horriblement tourmenté. Sa circonvallation n'était nulle part de niveau : Regiona teculus guampotuit squissimas, pro loci nalura (cap, lxxiv). Sut un seul point il avait trouvé un endroit plat, planilies, d'environ une lieue de long, et il insiste sur le contraste que présentait cet endroit
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avec la ceinture de montagnes, qui serrait la ville d'aussi près que possible : Ante id oppidum planities milita poisuum III in longitudinem palebal ; reliqui» ex omnibus parlibu9 colles mediocri inlerj'eclo tpalio pari altiludinfa fastigia cingebani (cap. lxix). Il achève plus loin de nous dépeindre la physionomie du même endroit en disant qu'il était encaissé : In eaplanitie, quant intermissam collibus iriamilHa passuumin longitudinem pateie demomtravimus{cap.LXX). Comme la longueur seule est spécifiée dans ces deux passages, il est certain que la largeur était relativement beaucoup moindre. Cet endroit plat régnait devant la ville.
Alise est une montagne oblongue dont la pointe orientale se relie par un col étroit à une suite de plateaux. Tout le reste de son périmètre est entouré de deux vallons qui déboucbent au couchant dans la vallée de la Brenne, élargie là de manière à former une vaste plaine qu'on appelle la plaine des Laumes. Sauf à l'extrémité orientale, il y a donc des endroits plats tout autour d'Alise, Les vallons latéraux, si étroits qu'ils sont', suffisent pour détiiiire l'assimilation du lieu avec Alesia, où il n'y avait pas d'endroits plats, même étroits, ailleurs que sur un seul point.
Quant à la plaine des Laumes, parce qu'elle est située devant celle des pointes de la montagne qui peut être considérée comme le front de l'ancienne ville, on y voit la planities mentionnée par César. Mais elle ne répond à aucune des autres données. Elle n'est pas encaissée : sa largeur atteint dans des endroits plus de trois kilomètres. Elle n'est pas de celles dont on puisse dire qu'elles ont une lieue de long : si elle forme un espace qui a effectivement cette longueur, tant qu'elle s'appelle la plaine des Laumes, là où elle cesse de porter ce nom, elle ne cesse pas de régner; elle est la vallée de la Brenne, qui va d'enfilade, sans se détourner, jusqu'à Fain-lez-Montbard ; de sorte qu'ans yeux de celui qui ne s'inquiète piis de nos dénominations cadastrales, elle a, non pas une, mais trois lieues de long.
2° Parmi les hauteurs qui encaissaient la planities, il y avait notamment une cAte continue sur laquelle campaient plusieurs divisions de l'armée romaine, de aorte que, quand la cavalerie s'engageait en bas, de tous les quartiers à la fois on avait vue sur le champ de bataille : Erat ex omnibus castris, quœ summum undique Jugum lenebant, despeeiua (cap. lxxx).
La plaine des Laumes n'est dominée, dans le sens où se seraient
I. lis ne le sont pas tant. 11 7 en a un qui mesure, rien qu'en plate prairie, de m à SOO mètres.
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tenus les Romains, que par deux promontoires où deux camps seulement pou valent et reposés, lesquels promontoires constituent t'eitrémilé de deuTijugum, et non pas la continuité d'un seul.
3° 11 existait autour d'Alesia des précipices qui avaient permis aui ingénieurs romains de simplifier sur ces points les ouvrages de contrevallation, car on voit Vercingétorix et ses Gaulois tenter l'assaut de ce ci^té-là à un moment où ils désespèrent de traverser les ouvra^ trop considérables dans les lieux plats : Desperalia campestribus lotit jtropter magniludinem mumCiontimy.loca prserupta ex aseeiwu tentant (cap. Lxxxvii).
Il n'y a pas de précipices auxquels on puisse appliquer cela sur le terrain d'Alise : ce qui est cause que tous ceux qui ont essayé de dessiner sur ce terrain les lignes de César, leur ont donné partout la même force, contrairement au passage que je viens de citer.
4° Des deux rivières qui entouraient Alesia, il y en avait une dont le général romain n'avait pas pu dériver l'eau dans son fossé de retranchement, car il dit expressément qu'il lira de l'eau d'une seule rivière : Fossam campeslribus ac demissii loris aqua ex flumîne derivata comptevit (cap, lxxii) ; et c'est là une nouvelle preuve de l'existence d'un précipice qui bordait la montagne d'Alesia d'un cdté, et au fond duquel coulait l'autre rivière.
Transportons -nous à Alise. Nous voyons la ligne de contre va Nation traverser la vallée de l'Ose vers l'est, la vallée de l'Oserain au sud-est, la Brenne deux fois à l'ouest, l'Ose encore une fois au nord-ouest, le ruisseau de Rabutin au nord : de sorte que César aurait disposé de quatre cours d'eau propres à faire des dérivations sur six points; et alors il aurait mis aqua ex fluminibus derîvata, et non pas ex /tumine, 5* Le terrain au nord d'Alesia présentait de telles difGcultés, que la division romaine qui gardait ce cùté avait été contrainte d'établir son camp en un lieu défavorable : Neceisarioque pxne itiiquo loco et ieniler declivi castra fecerant (cap. lxxxhj).
Le nord d'Alise présente le débouché d'un vallon où le camp pouvait être établi dans la position la plus favorable, et où les stratégisles modernes s'étonnent de ne le pas trouver.
6" Alesia était surmontée d'une acropole : VercingeloriX ex aree Alesise suos conspicatus (cap. lxxxiv]. Arx, c'est-à-dire un lieu de défense séparé de la ville, un refuge posé sur une éminence, comme est le Capitole à Rome, comme sont les citadelles de toutes les villea antiques.
La montagne d'Alise ne présente à son sommet qu'un plateau sans éniinence d'aucune sorte.
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T On accédât à Alesia par un grand nombre de porte» : Eruptionem ex oppido pluribus portis summa vi facere conabanivr (cap. lxxiii).
Le plateau d'Alise est escarpé de toutes parts, sauf à ses deux pointes ; de sorte qu'il n'a jamais pu y avoir que deux portes, de l'aveu même de ceux qui y placent Alesia. Avec de la bonne volonté, on pourra admettre une poterne sur le flanc septentrional. Mais deux portes et une poterne ne répondent pas à pluribus partis.
8° Alesia était dans une position telle, qu'une armée de quatrevingt-diK mille hommes pouvait trouver un abri sous ses murailles : ce qui résulte du parti pris par Vercingétorix de s'y retmncher.
Alise n'offre point un pareil abri. La ville occupait la totalité du plateau : les quatre-vingt-dix mille hommes auraient été obligés de s'étager en gradins sur les deux versants du col . Forcés dans leurs retraDchements, ils n'auraient pas pu s'aider de la ville avec efQcacité; ils ne disposaient que d'une porte pour communiquer avec elle, et cela quand nous savons que, de son camp, l'armée de Vercingétorix pouvait entrer dans la ville par plusieurs portes : Vercingetorix jubel portas claudi, ne castra nudenlvr (cap, lxxi).
9* La montagne sur laquelle était posée Alesia avait demandé, pour être enveloppée, une contrevatlation de seize mille deux cent-quatrevingt-onze mètres, ou onze milles romains : ^'us munilionis, qva ah Romanit itutUuebatur, circuitus XI milHa passuum tenebal {cap. txix),
La montagne d'Alise ne demandait, pour être enveloppée, qu'une contrevallation de douze mille quatre cents mètres, d'après les calculs d'un ofGcier d'état-major qui a essayé de placer sur ce terrain les opérations de César*.
10° L'enceinte d' Alesia présentait un immense développement. Outre une partie du peuple mandubien, réfugié là avec ses troupeaux, outre les magasins nécessairement considérables dans un lieu d'asile, outre les édifices isolés, de forme ronde et sansétage, qui constituaient l'habitation gauloise, elle put contenir à un moment toute l'infanterie de Vercingetorix, quatre-vingt mille hommes ', avec de nombreuses réquisitions de bétail qu'il avait tirées de tout le pays '. Quel était le nombre des habitants d' Alesia? on l'ignore. J'accepte le chiffre proposé par les défenseurs d'Alise, vingt-quatre mille cinq cents. Vingt-