‹ Mélanges d'archéologie et d'histoireChapitre 193 sur 240 · L ALESIA DE CÉSAR RENDUE A LA FBANCHE-CO»TË · texte numérisé non relu

L ALESIA DE CÉSAR RENDUE A LA FBANCHE-CO»TË

dilion, de s'aider de ses travaux, et de ne dégager le sens stratégique des choses qu'après avoir vu comment le sens liltéra) avait été fixé par fes commentateurs de robe courte ou longue. Il en résulte que la science militaire n'a pas plus dit son dernier mot sur les guerres des Grecs et des Romains que l'érudition n'a dit le sien sur la valeur des textes, et que bien des jugements, même d'hommes supérieurs, sont à réformer, par la raison qu'ils procÈdent de commentaires erronés.

Voyons maintenant ce qui est advenu dans le cas particulier d'Alesia.

Une solution fausse, universellement acceptée, a ëlé olTerte aux militaires comme une solution vraie, certaine, sur laquelle il n'y avait plusà revenir. On neleura pas dit: < Il est supposable qu'Alise nous représente Alesia : voyez si les opérations de César peuvent s'accorder avec cette conjecture ; » on leur a dit : € Alise est Alesia ; arrangezvous pour placer sur ce terrain les opérations de César. > Alors les militaires ont opéré dans le cercle où on les avait enfermés. Ils sont parvenus à mettre un certain nombre de choses à leur place, et Dieu sait qu'on l'a fait sonner assez haut ; mais ils n'ont su que faire d'un non moins grand nombre de choses, et l'on s'est bien gardé de le dire : de sorte qu'on les a représentés comme les apôtres d'une doctrine dont ils n'étaient que les adeptes, et où, quand ils ont voulu l'accommoder aux principes de leur art, ils n'ont laissé voir qu'embarras, incertitude, incrédulité.

Comme il est toujours temps d'accomplir ce qui est indispensable, je m'acquitterai du soin auquel se sont soustraits mes adversaires. On a cité ou nommé (plutôt nommé que cité) Guischardt, Napoléon, Berlinghieri, les ofliciers de l'état-major qui ont dressé la grande carte de France, c'est-à-dire le commandant Dumesnil, rapporteur de leurs travaux sur Alise. Je vais montrer ce que valent pour Alise les témoignages de Guischardt, de Napoléon, de Berlinghieri et du commandant Dumesnil.

Guischardt, colonel d'infanterie au service du grand Frédéric, s'est livré à deux reprises & l'examen du si^e d'Alesia. La première fois ', il raisonna sans avoir eu pour se guider aucun renseignement lopographique. Ayant commis des fautes contre les règles du métier, il fut aigrement censuré par l'un de ses collègues, nommé le chevalier de I/>-Looz. Cela te détermina à reprendre la question'; il opéra en

1. Jiimoires mililarret tur >t> Grte» et les Bomaiii», t. I. ch. ivi.

2. iUmoires critique* el hUtoriqutt sur plittietirt points d'anliqu'U» mililaires, l. lY.

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