LALESIA. DE CÉ3AH RE}4DUE A LA FRANCHE- COMTÉ
s'aidant de la carte très imparfaite qui accompagne la dissertation de d'Anville, et ce fut avec ai peu d'idée des vraies mesures, qu'il réduisit la ville à n'occuper que le liers du plateau d'Alise, de sorte qu'il logeait plus de cent mille hommes et des maisons sur trente hectares de terrain. Quant à h valeur de ses autres interprétations, Berlinghieri a démontré que presque aucune ne répondait au texte.
Passons à Napoléon.
Son opinion, non pas sur Alise, mais sur le siè^ d'Alise, est exprimée dans l'ouvrage que M. Marchand publia en d836, sous le titre de Précis des guerres de César, écrit à Sainte -Hélène, 30u.i la dictée de l'Empereur*. Précis annonce très bien de quoi il s'agit. L'Empereur lisait les Commentaires, résumait à mesure chacun des livres dans sa mémoire, et dictait ce résumé à son valet de chambre. 11 a réduit de la sorte le septième livre à douze petites pages. A la suite de chaque campagne, il faisait écrire une ou plusieurs observations, ordinairement très succinctes, sur les choses du métier. Voilà tout le livre. Lors donc qu'on veut se prévaloir de l'opinion de Napoléon sur un point quelconque des Commentaires, il ne faut pas citer ses résumés, où il n'est que l'écho des traducteurs ou annotateurs dont il s'était aidé pour comprendre le teiile ; il faut citer ses observations.
Eh bien, en allant chercher là ce qu'il pensait du siège d'Alesia, on trouve que, s'il n'a pas douté un moment de l'identité de celle ville avec Alise, d'un autre côté, il n'a rien vu que d'inintelligible et d'iitcroyable dans le récit de César.
€ Est-il bien vrai, dil-il, que Vercingétorix s'était renfermé avec quatre-vingt mille hommes dans la ville, qui était d'une médiocre étendue ? Lorsqu'il renvoie sa cavalerie, pourquoi ne pas renvoyer les trois quarts de son infanterie'? » Et plus loin : c Si Vercingétorix eût eu quatre-vingt mille hommes, peut-on croire qu'il se fût enfermé dans les murs de la ville ? Il eût tenu les dehors à mi-côte, et fût resté campé, se couvrant de retranchements, prêta déboucher et à attaquer César', *
L'étendue des lignes romaines ne lui cause pas moins d'embarras ; a Un pareil problème pourrait-il être résolu aujourd'hui ? Cent mille hommes pourraient -ils bloquer une place par des lignes de contrevallnlion, et se mettre en sûreté contre les attaques de cent mille hommes derrière sa cireonvallalion *? >