Vellaunodanum, AToricuui et Gergovie
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maine au beau milieu du territoire ]ingon, mais sans me charger de spécifier l'endroit.
J'ajoute, pour ce qui concerne César tout seul, qu'au moment où sa division de Paris l'a rejoint, il ignorait ce qu'il ferait quinze jours du un mois plus tard, ses mouvements étant dèa lors subordonnés aux dispositions ultérieures de l'ennemi. Il savait seulement qu'il aurait forte beso^e; et, en prévision de cela, il envoie demander l'assistance des Germains'. La situation lui commandait donc, pour lui aussi bien que pour ses troupes, d'aller attendre chez les Lingons.
Je dis enfin que son silence sur ce qu'il a fait indique deux choses : d'abord que, pendant tout le temps en question, il n'a rien eu i démêler avec les Gaulois : ce qui ne serait point arrivé s'il avait gardé l'attitude hostile qu'on lui donne ; ensuite qu'il a eu à dissimuler une circonstance pBu avantageuse pour lui : ce à quoi répond très bien son séjour chez les Lingons.
Il me semble que cette manière d'arranger les choses est préférable de tout point à la pétulance de mes contradicteurs, qui voient, même avant la conception de la campagne, le siège de leur Alise poindre à l'horizon, et qui ne sont contents que quand ils ont nommé par son nom le lieu où s'est arrêté un homme qui ne dit pas seulement qu'il se soit arrêté.
Voyons la suite des événements.
Les troupes arvemes et les contingents de cavalerie de tous les pays soulevés arrivent chez les Ëduens. Une armée se forme. Vercingétûrix, qui a été nonfhié généralissime, entre en campagne. Ici Gésar se remet en scène. Nous le voyons déterminé à porter secours i la Province romaine, et son itinéraire, qu'il représente comme le plus facile qu'il pouvait adopter, consiste à prendre par le pays des Séquanais '. t cum Casiar in Sequanot per exlremoi Lingonum finet Uer faceret,guo facilita subsidium ProvinciiB/erTiposset. » (Gap. xlvi.) C'est ici que commencent les tortures infligées au texte, et tout le travail d'embrouillement par suite duquel ce qui est au levant dans César a été transporté au couchant dans les mémoires en faveur d'Alise.
On prétend d'abord que saéiîdtvm ferri veut dire « envoyer du secours, un corps auxiliaire. > C'est une erreur. L'acception de aubsidimn est déterminée par le verbe. Pour que le sens qu'on propose fût soutenable, il faudrait qu'il y eût mitti, et non ferri. Ferre ne veut pas dire envoyer, il veut dire porter. On porte du secours, de l'assis-
I, Cap. LSV.
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l'aLESIA de césar flE»DUE A LA FHANCUE-COHTÎ 495
tance : on ne porte les corps d'armée que depuis qu'il y a des chemins de fer. La preuve qu'il ne peut pas y avoir d'hésitation sur le sens de subêidium ni sur celui de ferri, c'est que ces mots ont été entendus comme je viens de le dire par les traducteurs de toute langue qu'on a cités avec un étalage d'érudition bien inopportun :
Miguel de Eguia : ■ Porque pudiese eocorrer mas ligeramente à losde la Provinciade. >
Manuel de Valbuena : < Para poder socorrer mas Eacilmente â la Provincia. y
Le Vénitien Ortica : < Acciâ piCi bcilmente porgesse soccorso alla Provincia. >>
La traduction de Turin, dont on ne nomme pas l'auteur : t Per potere con maggior faciltà far venir i soccorsi in Provenza. »
Clément Edmonds : < To the end he might the easier releeve the Province. »
Johnson Towers : < That succour might more easily be brought to Provence. »
L'aHemand L. Haus : « Um desto ungehinderter die Proviiiz decken zu kœnnen. >
Le Hollandais Fenacolnis : c Op dat hij te bequaamer aile hulpe aan Provencen zoude doen. »
Et enGn le traducteur français, M. Artaud : t Pour porter à la Province un plus facile secours. >
11 s'agit donc bien pour César d'aller au secours de la Province romaine, et non d'y envoyer du secours par un autre.
La seconde erreur est de rendre m Sequanos iler facerel par ■ marcher vers les Séquanais, » en mettant dans vers l'idée d'une direction approximative, /n Seguanoi est le but ; si des traducteurs l'ont entendu autrement, c'est qu'ils ont été troublés par l'hypothèse qu'AIesia était Alise, laquelle effectivement ne peut pas s'accorder avec une marche sur la Séquanie. Lorsqu'au début de ses guerres en Gaule, César nous raconte que les Helvétiens avaient l'intention in Smtonum fines iter facere', il n'entend pas dire que les Helvétiens voulaient se porter quelque part du càté des Santons, mais bien qu'ils avaient résolu d'aller s'établir dans le pays même des Santons. Lorsque le même César, quelques pages avant celle qui m'arrête en ce moment, déclare qu'ayant repassé la Loire api-ès l'alTaire de Gergovie, iter in Senones facere trun'futf *, il dit par là qu'il a formé le