S22 CONCLUSION POUR ALAISE
S ceux qui sont auprès du Doubs. » Mais ce n'est pas là que j'en veux venir.
Si le nom latin Mandubii avait été francisé, il s'écrirait Uandoubt ou Mendoubs et se prononcerait Mendous, de même que Dubii s'écrit Douas et se prononce Dou. Mangeur, à Besançon, se dit menjou; à Myon, vil!ag;e qui est en face d'Alaise, de l'autre côté du Tôdeure, meiyou est devenu meudjov, et les habitants de Myon appellent par dérision ceux d'Alaise n les Meudjous. » Poui'quoi cela"? Sont-ils plus mangeurs que leurs compatriotes des communes voisines? Encore plus isolés que les autres au milieu d'un pays qu' n'abonde pas en délices, les pauvres gens n'ont guère à se mettre sous la dent que le pain qu'ils gagnent péniblement par leurs journées. Ils mangent uniquement pour vivre. Les traiter de mang'eurs n'a pas de sens. Mais si l'on fait attention à la nuance si peu sensible qui sépare meudjou de mendou, si l'on admet (ce qui est souvent arrivé dans le langage) qu'un mot dont la signification primitive s'élait perdue, a pu être confondu avec un mot usuel d'une prononciation à peu près semblable ' ; si l'on se rappelle que dans ces noms injurieux qu'on s'envoie de ville à ville, de village à village, l'origine des populations a été maintes fois retrouvée' : alors on ne fera aucune difficulté de considérer meudjous comme un approximatif de mendomti de voir dans les habitants d'Alaise, non pas des mangeurs, mais des Mandubiens.
Ceux de Sarraz ne disent pas mevdjou. Conformément à leur dialecte, ils prononcent meudzâr, et à cette appellation ils joigneni celle de clamols, qui veut dire s les pousseurs de lamentations, > comme s'ils voulaient faire allusion aux cris décbirants dont retentirent les écbos du Lison, lorsque les infortunés Mandubiens furent réduits à périr par la famine entre les Gaulois, qui les avaient chassés de leur ville, et les Romains, qui tiraient sur eux quand ils approchaient de la contre va liât ion. Chose non moins étrangel pour répondre à ces insultes, les Alaisiens appellent loupi les habitants de Myon et sangliers ceux de Sarraz. A Myon a dû être l'un des principaux quartiers des Romains ; Sarraz fut la position donnée par Vercingétorix à une partie de ses Gaulois avant qu'il les eût fait entrer
1. Comme dodenne àaal on a f&it doi-d'dne; coute-poinlt {euleila pundû), qnî e»t devenu courte-pointe, etc.
2. Le» Coiuioti des Laudes, qui sont les anciens Cocomter; lei Guépinià'Orlian», qui sont les habitants de l'antique iïenabum, Genabini; les Cagot* du Midi, iBsus de Gotbs truiBplaatËs par les derniers empereur* pour repeupler diversea provlncea, etc.
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DANS LA QUESTION d'aLESIA S23
dans la ville; et la louve était l'emblème des Romains, et le sanglier celui des Gaulois.
5° Alesia occupait le sommet d'une colline, à un endroit de cette colline qui était d'une excessive hauteur : Ipsum erat oppidwm m eolle aummo, admodum edito loco. (G. 69.)
J'ai démontré que les vestiges de l'antique Alaise couvrent la moitié d'un massif élevé à cent mètres et plus, au-dessus de tous les fonds par lesquels on peut l'aborder. Quelle difficulté fait-on sur la conformité des deux sites ?
On prétend que eollis ne signifîe pas un massif, une hauteur sur laquelle s'élèvent d'autres éminences. Les latinistes qui ont cette susceptibilité auraient bien fait de dire par quel mot différent de eolUs CÈSAt devait exprimer l'emplacement d'une ville disséminée sur des éminences tenant toutes à la même racine. La preuve que la colline dont il a entendu parler n'avait pas un plateau pour sommet, résulte de cette circonstance qu' Alesia possédait une arx ou acropole ' . 11 est de toute vraisemblance que l'historien a voulu désigner par là le mont Mouniot. Dans tous les cas, arx est si bien un lieu éminent, que les poètes en appliquent le nom à tout objet qui s'élève au-dessus de son entourage.
On prétend que la ville occupait la totalité de la colline. Deux fois le latin dit positivement le contraire : d'abord par les mots admodum edito loco, qu'on a tort de traduire comme une apposition à collis, lorsque c'est un complément qui se rapporte à la situation de la ville. César ne dit pas qu'Alesia couvrait le haut d'une colline qui était un lieu très élevé; il explique qu'Alesia couvrait une partie très élevée de la colline au haut de laquelle elle était siLuée. D'ailleurs, il nous montre un peu plus loin les soldats de, Vercingétorix campés sous le mur d' Alesia, sur une partie de la colhne qui regardait l'orient : Sub muro, guse part collis ad orientem aolem spectaàat, hune omnem loeum eopise Oatlorum compleverant (c. 69). Puisque la partie orientale de la colline hors de la ville était assez vaste pour contenir les quartiers d'une armée considérable, la viLe n'occupait donc pas le tout.
&• Cette partie orientale se trouvait tellement disposée à Alesia, que les Romains ne pouvaient pas voir ce qui s'y passait; et cela résulte de ce que César met au nombre des choses qu'il apprit par les déserteurs gaulois, l'entrée des troupes de Vercingétorix dans la ville : Frumentumomne adiereferrijubet;...pecus...viritvn distri-
t. Cap. Si.
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524 COJICLDSION POUR ALAISE
buit;... copias omnes, quas pro oppido collocaverat, in oppidum recipil... Quibua rebu» ex perfugis et captivis cognitis, etc. (Cap. 71 et 72.)
L'emplacement de Sarrai forme la partie orientale du massif d'Àlaise, et s'étend à partir du mur de l'ancien oppidum. Déprimé comme une combe, U est inaccessible aux re^rds. Le rideau des Monlfordes en dérobe surtout la vue du côté de la vallée du Tddeure.
1° Le pied de )a colline était baigné de deux côtés par deux rivières, cotlii radiées duo duabus ex parU'bus flumina subluebtmt (c. 69) : ce qui est autre cbose que si l'auteur avait dit simplemenl que le pied de la colline était baigné par deux rivières. Du moment qu'il ajoute « de deux côtés, » c'est qu'un câté au moins n'était pas dans le cas des autres.
Cette circonstance se rencontre au massif d'Alaise, qui est enveloppé entre le Tôdeure et le Lison, mais dont tout le côté méridional a pour bordure une gvi^e sans eau ; du moins il n'y coule qu'un ruisseau que l'été met entièrement à sec. C'est à l'ouverture de cette gorge que débouche la Langiietino ; c'est par elle que se dirige la route de Nans à Salins.
8° Devant Alesia s'étendait un espace plat, d'environ trois milles de long : Ante id oppidum planities circiler miUiapa$mum IJ/in long'tudinem palebat. (Cap. 69.)
La vallée du Tôdeure, qui va en montant et en se resserrant du nord au sud, forme un espace plat d'un peu plus de quatre kilomètres (équivalent exact des trois milles), lequel s'étend en longueur devant ce qui était bien véritablement la face de l'oppidum, c'est-à-dire son côté le plus régulier et le plus abordable, celui sur lequel ses grandes entrées étaient établies.
Rien n'est plaisant comme le bruit qui s'est fait pour couvrir la voix de ceux qui ont proclamé cette application si parfaite de la vallée du Tôdeure aux paroles des Commentaires.
( Il est absurde, ont-ils dit, de prétendre que le mot planitiet s'appliquerait à un fond de vallée qui n'est qu'un boyau. Planities est une plaine dans toute la force du terme.' »
Je leur réponds en les renvoyant au premier livre, chapitre 43, des Commentaires sur la guerre civile, où il y a ceci : < Eral iitler oppidum Ilerdam et proximum coUem planities circiter passttum Irecenlorum, algue in hoc fere medio spalio iumulus eral paulo edilior. > Ainsi voilà une planities qui avait trois cents pas de large, et encore avec une butte au milieu. Eh bien I la vallée du Tôdeure pendant plus d'une demi-lieue a mieux que cela, et sans bulte; de plus elle se re"
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DA^S LA QUESTION d'aLESIA 6'2S
lève des deux côiés par des pentes douces. Il faut surtout signaler la pente de la rive gauche qui est un plan incliné de soixante-seize hectares de superficie, rien qu'en terre labourable. On l'appelle la Seclion de Plan. Elle se décompose en plusieurs pièces qui portent les dénominations de Plan, Dessta de Pian, Sous le Plan, Pré de Plan, Chaux de Plan; et si ce nom de Plan ne vient pas de pianities ou de son équivalent planum, je demande d'où on le tireV
En second Heu, quoique César ne définisse pas Inplanilies d'Alesia autrement que par sa longueur, certains traits qu'il ajoute plus tard font comprendre aux interprètes de bonne volonté qu'elle était très élroite.
Au chapitre 70 il dit qu'elle était encaissée, inlermissa collibus ' ; au chapitre 79, que huit mille hommes, dont se composait la cavalerie gauloise, la remplissaient tout entière : Equitata ex castris educto omnetn eam planiliem, quant in longitudinem lll milita passttum patere demonstravimus, comptent. Est-ce là une plaine dans la force du terme, un espace aussi large que long et qui, par conséquent, aurait contenu en cane une vingtaine de kilomètres ?
Mais il est matériellement impossible que deux batailles de cavalerie, mentionnées dans les Commentaires, aient eu lieu sur les bords du Tûdeure.
Qui dit cela? Ceux qui n'ont pas fait attention au dernier passage que je Mens de citer, qui n'ont pas cherché quel pouvait être l'eCfeclil' Je la cavalerie romaine, qui ne savent pas comment se passait un combat de cavalerie entre Romains et Gaulois.
Supposons le nombre de cavaliers le plus fort qu'on puisse attribuer a dix légions : nous aurons trois mille hommes. Mais l'efTectif ne pouvait être complet après six mois de campagne et surtout au lentleinain d'un combat sanglant. Un millier d'hommes sont à déduire par ces deux considérations.
Des cavaliers germains étaient venus lenforcer l'ai-niée romaine. Est-ce par myriades que se comptaient ces auxiliaires? Un trait rapporté par César nous prouve que non. Ils arrivèrent enfourchant de si misérables montures, qu'il jugea nécessaire de leur donner de meilleurs chevaux, et pour cela-il suffit de mettre à pied les tribuns des légions, les chevaliers romains et les vétérans qui avaient le privilège de chevalerie '■ On ne peut pas supposer que celte mesure ait
1. La traduction quo je donne A'intermma résulta de l'acception constante dont laquelle Cérar prend ce mot qui reTient sans tesae sous sa plume.
2. « Eoram ailrentu, quod minuH idonele equis utebaotnr, a trlbunis miU-
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526 CONCLUSION PODR ALAISE
procuré la remonte de beaucoup plus de mille hommes ; niellons quinze cents, pour tenir compte de quelques compagnies que César avait à son service depuis le commencement de la campagne '. Nous arrivons ainsi au chiffre de trois mille cinq cents chevaux pour l'armée romaine : faiblesse numérique qui justifie l'expression de « multitude » appliquée par le texte au contingent gaulois '.
En second lieu, les cavaliers germains avaient amené avec eux des fantassins habitués à combattre dans leurs rangs'. Les Gaulois, de leur côté, observaient la même coutume : les Commentaires le disent positivement à propos du second combat livré dans la ;]{ant<iVs*. Aveu des escadrons ainsi or^nisés, la tactique devait être d'éviter les terrains de niveau aussi soigneusement qu'on les rechercherait aujourd'hui, et l'action ne pouvait pas consister en charges au galop.
Loin donc que la configuration de la vallée s'oppose à ce qu'on y place les deux batailles de cavalerie, elle favorise au contraire celte application des lieux au texte, parce qu'il s'agit de deux batailles où moins de douze mille chevaux ont été engagés, où il n'y a eu de courses que par groupes ou par individus, et seulement à l'heure de la déroute.
D'ailleurs, il faut bien que le Tàdeure ait vn des escadrons se heurter sur ses rives. Tout y parle encore de cavalerie et de combat- Au-dessus de Myon il y a /e Camp de la cavalerie, devant Myon le Guidon ; plus bas le Champ soldat, et à l'endroit le plus resserré de la vallée File de Bataille.
9" Excepté du cité où régnait la planities, des collines très rapprochées du massif d'Aksia s'élevaient à la même hauteur des crêtes : HeliguU ex omnibus partibiu colles, mediocri interjecto spatio, pari altitudinh fastigio oppidum cingebant. (Cap. 69.)
Cela est parfaitement vrai, et pour les deux bordures du Lison, et pour celles de la Langueline, et pour celles de la goi^e de Nans. 11 en est autrement sur la vallée du Tôdeure que César excepte.
tum reliqaiEqne, «ed et equltibus romeDis atque evocalls, equoB anmil Oaf manisque dlstribnit. • L. Vit, c. G5.
1. a Genuiuios cquitea eirciter cccc subiflittil, quos ab initio secum htbert iDstilueraL n Cap. 13.
S. 1 Quum .... Dostroa multididine premi vidèrent. i
3. ■ Equitesque ab bis (GermaDîe) arceesit et levis armaturœ pediUa, qnl inter cos prœliarl coDaueverant. n C. 65.
i. n Galli ioter equitee raros aaglttarioB eipeditosque levis armature intef' jeeerant, qai euia cedentibiu auzilio succurrereut et noalroniio cquitum im' pelum gualluereot. » C. SD.
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TANS t4 QUESTION d'aLESIA 327
10° PluUtrque nous fait voir dans Alesia une ville assez vaste pour avoir pu contenir à la fois cent soixante-deus mille personnes '.
L'enceinte de l'antique Alaise mesure plus de quatre cents hectares, espace qui suffit pour une si grande accumulation de inonde, même en observant tes conditions du domicile g^aulois.
H" Pour envelopper le massif d'AJesia, il fallut une ligne d'investissement d'onze mille pas : Ejus munitioni's, qus ab Romanis insHluebatur, circuiim XI milUapoimum. tenebal. (Gap. 69.)
Onze milles romains font dix-sept kiiomètres. Le pourtour du massif d'Alaise en a seize.
12° Le massif d' Alesia présentait une configuration telle que la ville et quatre-vingt-huit mille hommes qui s'étaient rétranchés tant dans son enceinte que sous ses murs, purent être hloqués du jour au lendemain, lorsque la ligne d'investissement, dont je viens de parler, n'avait encore pour défenses que les camps romains et vingt-trois redoutes gardées de jour seulement par des postes de sentinelles : Castra opportunis locis eranl posila, ibique castella XXIII facta; quiàus in casleilU inlerdiu slaliones disponebanlur, ne qua subito eniplio fierel. (Cap. 69.)
Soixante mille hommes qui en emprisonnent cent soixante-dix mille avec des dispositions si simples! Alaise est peut-être le seul endroit de la Gaule où l'on conçoive qu'une pareille chose a pu se passer.
J'ai dit que le massif n'a que six issues. En mettant un camp devant chacun de ces points, les assi^s furent mis dans l'impossibilité de tenter une sortie en bon ordre, et César n'eut plus qu'à obvier à des irruptions par ceux des ilancs qui n'étaient pasà pic. De là l'eflicacité de ses vingt-trois redoutes, quoiqu'elles ne fussent pendant le jour que de simples coips de garde. En effet, la descente de pentes pareilles à celle de Mouniot ou des Monlfordes eût été une opération impossible à cacher. Les factionnaires de jour la signalant dès qu'ils l'auraient aperçue, on eût eu le temps d'arriver en force des camps voisins. Il n'en était pas de même pendant la nuit où, l'ennemi pouvant se couvrir de l'obscurité, il fallait avoir des hommes tout prêts à l'accueilir. C'est ce qui explique le complément des dispositions prises par legënéral romain. Le soir, de forts détachements allaient occuper les redoutes : Use eadem noctu excubUor^us ac flrmis prœsidiis tenebanlur,
La discussion du site d'AJesia vient de m'amener aux travaux de César devant cette ville. Avant de découvrir davantage cette autre
t. Ci-dessas, p. 30.
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ii28 coNcmsios pour alaise
face de la question, je viderai ce qui tient aujc positions tant des Gaulois de Vercingétorix que des autres Gaulois qui vinrent à son secours.
On sait que la plus grande partie de l'armée qui amena les Romains devant Alesia s'était logée d'abord hors de la ville sur la partie orientale du massif. Les commentaires ajoutent qu'elle se retrancha derrière un fossé et un murger de six pieds de haut : Fosiomque et ma. ceriam sexin altitudinem pedum prœduxerant. (C. 69.)
Les vestiges de fortifications qui ont été reconnus autour de Sarraz ne peuvent être que des restes de ce retranchement. Il avait pour objet d'opposer un obstacle à l'escalade tentée par les pentes accessibles du massif; il était de la part des Gaulois une mesure de précaution semblable à celle que les Romains avaient prise contre eux en disposant des redoutes en face des mêmes pentes. Il est certain que, du côlé de la planilies, le retranchement était abordable à la cavalerie, puisque, dans la première bataille, les Germains poursuivirent jusque-là les escadrons gaulois qu'ils avalent rompus : c'est dire qu'il régnait au pied des Petiles-Montfordes. On y avait pratiqué des portes, mais si étroites, qu'elles occasionnèrent un grand massacre des fuyards'. Ces issues semblent avoir été placées aux eilrémités de la côte. Des vieillards se souviennent qu'au bas de la croupe méridionale fut déterrée, il y a cinquante ans environ, « une légion d'ossements, n
Le retranchement gaulois subsista pendant toute la durée du siège. Il délimitait ce que César continue d'appeler castra, après l'entrée des troupes de Vercingétorix dans la ville. Ce camp était le territoire de Sarraz. Les Romains en virent sortir, dans les derniers jours, les machines destinées contre eux'; preuve qu'il avait été converti en atelier de conslniction. Les ouvriers qui y travaillaient s'y étaient bâti des habitations posées sur des mardelles, à la mode de leur pays. Le lieu était d'ailleurs on ne peut mieux choisi pour sa nouvelle destination. On y trouvait du bois de charpente en abondance. Il fournissait en outre les pâturages nécessaires au bétail des assi^s.
Quant aux Gaulois qui fui-ent envoyés au secours de Vercii^toris, ils arrivèrent au nombre de deux cent quarante-huit mille', six semaines au moins après le commencement du blocus. Ils se posèrent sur un lieu éniinent, que César appelle « colline extérieure » parce
1. > Se ipgi multitudine impcdiuut atqae angjiUoribus portis relielU coarc tanlur. » Cap. 10.
2. ■ Vercingeloiii ... a costris lougurios, muaculoi, folces rcliquaqac, que eruptIoDis causa paraverat, protert Cap. 84.
3 Cap. 75 et 79.
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DANS LA QUESTION d'aLESU 529
qu'elle éfaît en dehors de ses travaux. Ils avaient là un ou plusieuis camps qui n'étaient qu'à ud mille des lignes ennemies*. De ce lieu leurs a}mLattants descendaient dans la planiliet, et ceux qui restaient en haut pouvaient se tenir en bataille devant leurs lo^s sans être aperçus des Romains ',
La ptanilies étant la vallée du Tôdeure, c'est dans la chaîne de . montagneg qui horde cette vallée à l'occident, qu'est indiquée la position des Gaulois. Effectivement, il n'y a que ce lieu dans tout le pays, qui ait pu abreuver et abriter, avec des déga^ments convenables, un rassemblement d'hommes aussi considérable. Le versant oriental qui regarde Alaise est composé de deux rangs, entre lesquels règne un ^■allon spacieux. Ce vallon est à un mille de l'endroit où nous verrons que s'étendaient de ce côté les lignes romaines. Il fournissait aux Gaulois l'emplacement de leurs quartiers, tandis que la crête du premier rang formait le rideau derrière lequel ils se dérobaient aux yeux des Romains. L'es lieux dits Gaulardes, OauUères et GaUoU, rappellent quelques-unes de leurs positions.
Sur cette montagne maudite, ils ne rapportèrent jamais, toutes les fois qu'ils en descendirent, que l'insuccès et la déroute : elle s'appelle llalquartier. Le chemin pour y arriver passe dans un bois qui s'appelle te BoU de la Foye, et le Bois de la Foye veut dire « le Bois de la fuite. »
Enfin, lorsque tout fut perdu, l'armée de secours décampa. Elle fut poursuivie et perdit beaucoup de monde dans sa marche. Les territoires de By et de Bartherans, qui sont sur le chemin de sa retraite, possèdent un nombre considérable de tumulus. Dans l'un, on a ti'ouvé le squelette d'un prisonnier qui avait aux jambes des fers formés de petites ti-ingles articulées l'une dans l'autre par leurs extrémités. Cette chaîne, d'une forme singulière, est conservée au musée de Besançon.
Revenons aux Romains.
Leur blocus était complet, ainsi que je l'ai démontré tout à l'heure, rien que par l'effet de vingt-trois redoutes qui se reliaient avec leurs camps. Mais ce n'était là qu'un état de choses provisoire. Les principes et la situation exigeaient que la ligne fût entièrement fermée, et c'est à cela que l'on avisa ausaitdt que les positions furent prisée.
t. ■> Culte eileriore occupalo, non longius M paesilius ab nosliU mi nibus couBlduat. » Cap. 19.
3, • PedeEtreB copias paulum ab ea loco (tciJ. plaailiej abdltas ia loi periiKibus coosUluuat. n Cap. 19.